Icône éternelle de Liverpool, Steven Gerrard a marqué toute une génération de fans anglais par sa loyauté et son leadership. Pourtant, celui qui fut capitaine de la légendaire «génération dorée» de l’Angleterre dans les années 2000 garde un goût amer de son passage sous le maillot des Trois Lions. Invité du podcast de Rio Ferdinand, son ancien coéquipier en sélection, Gerrard a expliqué sans détour pourquoi cette équipe pourtant exceptionnelle n’a jamais dépassé les quarts de finale d’un tournoi majeur.
«Je pense que c’est à cause de la culture anglaise que nous n’avons jamais été connectés. Nous traînions tous ensemble dans nos chambres. Nous n’étions ni amicaux ni unis. Nous ne formions pas une équipe. Nous étions des perdants égocentriques», a lâché Gerrard, lucide sur les erreurs du passé.
Ferdinand a abondé dans son sens, évoquant une «amertume cachée» héritée des rivalités de clubs, qui gangrenaient les relations au sein du groupe : «Les tensions entre Manchester United, Liverpool, Chelsea ou Arsenal refaisaient surface. On n’a jamais su les mettre de côté», a-t-il confié.
«Je détestais être appelé en équipe d’Angleterre»
Gerrard est allé encore plus loin, révélant à quel point il n’aimait pas l’atmosphère en sélection nationale, malgré son attachement profond au maillot : «Je détestais être appelé en équipe d’Angleterre. Je m’entraînais, je jouais, et je ne voulais rien faire d’autre. J’adorais représenter mon pays, mais je détestais l’environnement. Avec Liverpool, tout était différent : j’avais le sentiment d’appartenir à une vraie équipe.»
Avec du recul, l’ancien milieu reconnaît que la maturité a changé les choses. Les joueurs autrefois rivaux sont aujourd’hui amis et collègues dans les médias : «Pourquoi n’avons-nous pas créé de lien à 20, 21, 22, 23 ans ? Était-ce par ego ? Était-ce par rivalité ? Pourquoi sommes-nous tous suffisamment matures aujourd’hui, à des stades de notre vie où nous sommes plus proches et plus connectés ?»
Sur Alexander-Arnold : «Il a pris un gros risque»
Gerrard a également évoqué Trent Alexander-Arnold, considéré par beaucoup comme son héritier naturel à Liverpool. Le défenseur anglais a surpris tout le monde cet été en signant au Real Madrid à la fin de son contrat avec les Reds.
«Je n’aurais pas fait ça. En fait, je ne l’aurais pas fait. Je pense qu’il a pris un gros risque (Alexander Arnold) et j’espère que ça marchera pour lui.», a confié Gerrard, tout en reconnaissant la difficulté de résister à l’appel des géants espagnols.
L’ancien capitaine s’est d’ailleurs souvenu de sa propre expérience lorsque le Real Madrid de José Mourinho avait tenté de le recruter : «Difficile de ne pas être tenté quand le Real Madrid ou le Barça vous cherchent. À l’époque de Mourinho, ils m’ont cherché et m’ont fait hésiter. Pourtant, à un moment donné, j’ai remis ma casquette de Liverpool et je me suis dit : « Qu’est-ce que tu fais ? Les gens t’aiment », mais c’est mon état d’esprit, car je suis un supporter de Liverpool.»