Anfield a connu l’une de ses soirées les plus sombres. Battu 4-1 par un PSV Eindhoven décomplexé, Liverpool a vu sa crise sportive atteindre un niveau alarmant, prolongeant sa terrible spirale de défaites et réveillant les fantômes d’un passé que les supporters espéraient ne plus jamais revoir.
Cette nouvelle claque, reçue au cœur d’un Anfield silencieux et presque résigné, a accentué la pression sur Arne Slot, désormais confronté à la pire série de résultats du club depuis… 1953.
Une série catastrophique qui rappelle 1953
Liverpool reste désormais sur trois défaites consécutives avec au moins trois buts d’écart, une catastrophe statistique que les Reds n’avaient plus connue depuis plus de 70 ans. Même les quelques supporters restés dans les tribunes ont fini par exprimer leur frustration, huant une équipe totalement dépassée.
Arne Slot, pourtant serein devant la presse, tente de rester solide : «Je me sens en sécurité, je vais bien, j’ai reçu beaucoup de soutien. Ce serait bien sûr formidable de renverser la situation et de remporter une victoire, mais quand on est entraîneur et qu’on n’obtient pas de bons résultats, il est normal que des questions se posent. Ma situation me convient. Ce n’est pas la première fois que je me trouve dans une situation difficile, mais il est grand temps que nous inversions la tendance.»
Curtis Jones craque : «On est dans la merde»
À l’image du club, les joueurs souffrent. Mais peu ont laissé transparaître leur détresse autant que Curtis Jones, auteur d’une interview bouleversante sur la chaîne irlandaise RTE.
Visiblement épuisé, le milieu formé au club n’a pas cherché à maquiller la réalité : «Je n’ai pas les réponses. Honnêtement, je ne les ai pas. Je le dis à tout le monde. C’est tout simplement inacceptable. Je n’ai même plus besoin d’y réfléchir. La colère intérieure est apaisée. Je suis maintenant au point où les mots me manquent. C’est difficile parce que je joue pour l’équipe que je supporte. Je suis un fan et je suis ce club depuis toujours. Cela fait très longtemps que je n’ai pas vu une équipe de Liverpool traverser une période comme celle-ci avec de tels résultats. Mais au final, nous portons toujours cet insigne sur notre poitrine. Et tant que cet insigne sera là, nous nous battrons. Nous allons essayer de ramener cette équipe là où elle doit être, de montrer à nouveau à tout le monde ce que représente ce club et pourquoi on le considère comme la meilleure équipe du monde. Mais pour l’instant, on est dans la merde et il faut que ça change.»
Carragher s’agace : «Où est Salah ?»
Sur CBS, où Jones a donné une seconde interview, Jamie Carragher a réagi avec une certaine amertume. La légende des Reds regrette que les cadres soient restés silencieux
«Curtis Jones est un joueur passionné, il souffre en ce moment et cette interview va faire le tour du monde», a déclaré Carragher. «J’aurais adoré voir Mo Salah prendre la parole à cette occasion, plutôt que Curtis Jones. Quand il dit « il faut plaquer, il faut se rapprocher du ballon »… qui vous en empêche ? La seule chose que personne ne peut vous empêcher de faire, c’est courir. Personne ne peut vous empêcher de plaquer, de courir et de presser. Ne nous dites pas que vous ne le faites pas, faites-le, tout simplement.»