Après une saison 2023-2024 sans le moindre trophée — une anomalie à Manchester City, inédite depuis l’exercice 2016-2017 — Pep Guardiola a accepté de revenir sur ce passage à vide pour mieux éclairer le regain de forme spectaculaire de son équipe cette saison. Interrogé ce dimanche sur la progression des Citizens, l’entraîneur espagnol a livré une analyse introspective, centrée sur un mot-clé : l’énergie.
Sans détour, Guardiola a balayé les débats tactiques qui ont accompagné les difficultés de City la saison dernière. Pour lui, le problème était bien plus profond que des choix de système.
«Qu’est-ce qui nous manquait ? De l’énergie, de l’énergie et encore de l’énergie. On a commencé à mieux s’entraîner et à mieux jouer. Ensuite, on a beaucoup parlé de trois défenseurs, de quatre défenseurs, d’arrières latéraux, d’ailiers… C’est absurde. On avait besoin de retrouver notre énergie, c’est tout. C’est comme ça qu’on a réussi à créer une bonne ambiance», a-t-il expliqué dans des propos rapportés par The Guardian.
Selon Guardiola, cette perte d’intensité s’est progressivement installée dans le quotidien du club, jusqu’à peser lourdement sur l’atmosphère générale. «Il y avait comme une atmosphère pesante à Manchester, qui planait sur notre terrain d’entraînement. Une sorte de brouillard. Il manquait quelque chose…»
Un processus lent, loin de toute magie
Fidèle à son discours réaliste, Pep Guardiola a insisté sur le fait qu’un tel renouveau ne pouvait pas se produire instantanément. Même avec un effectif d’élite et un staff expérimenté, le temps reste un facteur incontournable.
«Ce n’est pas comme allumer et éteindre l’énergie d’un claquement de doigts. Les entraîneurs ne sont pas des magiciens, ils ne peuvent pas résoudre tous les problèmes d’un claquement de doigts. Parfois, cela prend du temps. Bien sûr, la victoire contribue à accélérer le processus», a-t-il reconnu.
Hugo Viana, un acteur clé du changement
Dans son analyse, Guardiola a également tenu à souligner le rôle joué par la direction sportive, et plus particulièrement celui de Hugo Viana, directeur du football de Manchester City, arrivé après son départ du Sporting.
«Tout le monde était content. On a partagé de nombreux dîners et beaucoup de discussions, notamment sur ce qu’il fallait faire la saison suivante. On voulait prolonger l’expérience, juste pour la vivre pleinement», a raconté le technicien catalan.
Ces échanges ont permis une prise de conscience collective. «Je pense qu’après avoir parlé avec Manel Estiarte [ancien conseiller de Guardiola], Hugo Viana [directeur du football de City] et Txiki Begiristain [leur ancien directeur du football], on a réalisé que quelque chose avait changé. Ça se sent», a-t-il admis.
Une dynamique retrouvée, sans garantie absolue
Le travail semble aujourd’hui porter ses fruits. Manchester City reste sur huit victoires consécutives toutes compétitions confondues, un enchaînement révélateur du nouvel état d’esprit.
«Bien sûr, rien de tout cela ne signifie automatiquement que nous allons commencer à gagner, mais cela nous permettra de reconsidérer certaines choses au sein de l’équipe. Nous enchaînons maintenant huit victoires consécutives [toutes compétitions confondues], ce qui n’est pas chose facile, mais nous jouons comme il se doit. Nous devons progresser, mais avec cet état d’esprit, nous sommes sur la bonne voie», a souligné Guardiola.
Toujours philosophe, l’Espagnol a conclu par une réflexion plus large, dépassant le cadre du football :
«L’énergie peut toujours diminuer, mais elle peut aussi augmenter. Dans la vie, que ce soit au niveau professionnel ou personnel, rien n’est jamais parfait. On ne sera jamais constamment heureux ou triste. Il est nécessaire d’en comprendre la raison et de prendre conscience de ce que l’on a perdu, afin de pouvoir ensuite repenser sa approche, comme pour tout dans la vie.»
Pour rappel, la saison dernière, Manchester City avait terminé troisième de Premier League avec 71 points, à trois longueurs d’Arsenal et surtout à treize points du champion, Liverpool. Cette saison, les Citizens occupent la deuxième place avec 40 points, à seulement deux unités du leader Arsenal, tandis qu’Aston Villa, troisième, n’est qu’à un point.