Ole Gunnar Solskjaer, ancien entraîneur de Manchester United, a livré une analyse sans détour des difficultés rencontrées par Ruben Amorim depuis son arrivée à Old Trafford. Invité de la chaîne «The Overlap», le technicien norvégien a détaillé les obstacles tactiques auxquels se heurte le Portugais, tout en revenant sur un épisode méconnu impliquant Jadon Sancho.
Arrivé à Manchester United auréolé de son succès au Sporting CP, Ruben Amorim a tenté d’imposer son célèbre 3-4-3, un schéma tactique qui a révolutionné le football portugais. Mais selon Solskjaer, ce système se heurte à des réalités bien différentes en Premier League.
«J’ai joué dans une formation en 3-4-3, ou appelez-la comme vous voulez. C’est horrible de jouer contre elle quand elle est bien utilisée, car si vous voulez presser haut… La première équipe à y être vraiment parvenue, si je me souviens bien, c’était Barcelone contre Liverpool il y a quelques années en Ligue des champions. Je me suis dit : “Waouh, comment Liverpool peut-il presser contre ça ?”, parce qu’en réalité, il faut défendre individuellement, c’est la seule chance, car il faut suivre les appels et tout le reste. Quand ça marche… Il faut probablement que les équipes vous pressent pour que ça fonctionne vraiment», a-t-il expliqué.
Pour l’ancien coach des Red Devils, la clé du problème réside dans l’adaptation à la possession : «Manchester United semble aujourd’hui plus performant quand il a moins de 50 % du ballon. Dès qu’ils ont 55 ou 60 % de possession, ils perdent en efficacité.»
La «simulation» révélée de Jadon Sancho
Solskjaer a ensuite évoqué un sujet plus personnel : le cas Jadon Sancho. Recruté à prix d’or (85 millions d’euros) en 2021, l’ailier anglais n’a jamais pleinement convaincu à Manchester, enchaînant les blessures, les absences et les prêts.
«Il n’a pas eu de chance car, avant de venir ici, il est parti en vacances, comme d’habitude, a fait de la plongée et tout le reste, et a attrapé une otite. Il a été hospitalisé, il a eu beaucoup de difficultés, les dix premiers jours, avant de commencer à travailler avec nous à Manchester United», a révélé Solskjaer.
Rashford, un exemple de renaissance ailleurs
Solskjaer a également évoqué Marcus Rashford, désormais épanoui au FC Barcelone, après plusieurs saisons irrégulières à Manchester. «Je n’ai pas parlé à Marcus depuis mon départ, hormis quelques messages échangés, mais les circonstances sont différentes. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans sa vie, mais on voit bien qu’il s’épanouit à Barcelone, alors qu’il semble qu’au final, il ne s’amusait pas ici», a confié le Norvégien.
Avant de conclure sur une note humaine : «Je ne sais pas… Chacun est différent. Il y a la pression de la vie, la pression du football… Je ne sais pas ce qui se passe avec les joueurs quand j’arrive le matin et que je les vois de mauvaise humeur. C’est le rôle de l’entraîneur. Ensuite, on leur parle et on leur dit qu’on a compris que quelque chose ne va pas. On n’en parle pas souvent dans les médias, donc on ne sait pas vraiment ce qui se passe. Je veux juste qu’il aille bien, parce que c’est un joueur incroyable quand il est en forme, heureux et plein d’énergie»