La sortie médiatique de Ruben Amorim continue de provoquer une onde de choc à Manchester United. Après Gary Neville, Jamie Carragher ou encore Arron Scholes, c’est désormais Wayne Rooney qui est monté au créneau. La légende des Red Devils s’est dite «déconcertée» par le coup de gueule de l’entraîneur portugais et a sérieusement mis en doute sa capacité à durer sur le banc d’Old Trafford.
C’est sur son podcast The Wayne Rooney Show, relayé par BBC Sport, que l’ancien capitaine de Manchester United a livré une analyse sans concession de la conférence de presse explosive tenue par Ruben Amorim après le nul 1-1 contre Leeds.
«C’est étrange et intéressant. Je trouve son choix de mots catégorique et déroutant… Il parle avec l’assurance et l’autorité de quelqu’un qui sait qu’il restera entraîneur. Et il me semble que c’est la seule raison de cette conviction, car les deux derniers matchs n’ont pas été très bons. C’est assez déroutant», a d’abord expliqué Rooney.
Wayne Rooney a ensuite été beaucoup plus direct sur l’avenir de Ruben Amorim à Manchester United. «Je ne pense pas qu’il lui reste 18 mois de plus s’il continue comme ça. C’est un fait. Il faut mériter le droit de dicter sa conduite dans un club, surtout dans un club comme Manchester United. Si Pep Guardiola arrivait à Manchester United, par exemple, je pense que personne ne remettrait en question les joueurs ni le système tactique qu’il mettrait en place», a-t-il affirmé sans détour.
Un effectif insuffisant, mais pas une excuse totale
L’ancien international anglais reconnaît toutefois que Ruben Amorim n’évolue pas dans un contexte favorable. L’effectif actuel, selon lui, limite fortement les marges de manœuvre.
«Je le plains un peu, car l’effectif n’est pas à la hauteur. Les joueurs sur le banc sont de jeunes issus du centre de formation», a-t-il souligné. Avant de nuancer : «C’est bien de les voir sur le banc, mais sont-ils prêts à ce stade ? C’est très difficile de faire jouer de jeunes joueurs quand l’équipe n’est pas performante.»
Une comparaison qui fait mal
Mais Wayne Rooney a conclu par une attaque frontale sur le positionnement d’Amorim dans le paysage du football européen. «Je le plains un peu, mais ce n’est ni Pep Guardiola ni Jürgen Klopp. Il n’a ni leur expérience ni leur parcours», a-t-il tranché. Et de conclure sévèrement : «Je ne pense pas qu’il soit en mesure de donner des leçons à ces sommités. Ses propos me semblent assez confus.»
Amorim persiste et signe
De son côté, Ruben Amorim campe sur ses positions. Lors de cette conférence de presse qui continue de faire débat, le Portugais avait clairement affirmé sa vision de son rôle. «Je sais que vous [journalistes] recevez des informations sélectives sur tout. Je suis venu ici pour être le manager [entraîneur-manager avec une influence plus large] de Manchester United, pas pour être un simple entraîneur. C’est clair.», avait-il déclaré.
Avant de fixer lui-même l’horizon :
«Je sais que je ne m’appelle ni Conte, ni Mourinho, ni Tuchel, mais je suis l’entraîneur de Manchester United et je le resterai pendant encore 18 mois, ou jusqu’à ce que la direction décide de changer. Voilà ce que je veux dire, et je vais aller jusqu’au bout. Je ne vais pas abandonner. Je vais faire mon travail jusqu’à ce que quelqu’un d’autre prenne ma place.»
Il avait également assumé sa posture face aux critiques : «Je serai le manager de cette équipe, pas seulement l’entraîneur. J’ai été très clair. Cela prendra fin dans 18 mois et chacun passera à autre chose. C’était l’accord et mon rôle ne se limite pas à celui d’entraîneur. Si les gens ne savent pas comment gérer Gary Neville ou toute autre critique, il est temps de changer de club. Je tiens simplement à dire ceci : je suis venu ici pour être le directeur, et tous les services doivent faire leur travail, et je ferai le mien pendant encore 18 mois»