Sur le banc de l’Olympique Lyonnais, Paulo Fonseca réalise une saison remarquable. Proche de ses joueurs et apprécié pour son attitude affable au quotidien, le technicien portugais n’en reste pas moins franc et direct lorsqu’il aborde des sujets qui lui tiennent à cœur. Lundi, au micro de L’Équipe, il a livré un témoignage poignant sur la guerre en Ukraine, un conflit qui le touche profondément puisqu’il y a entraîné le Shakhtar Donetsk et partagé sa vie avec une Ukrainienne.
Interrogé sur la posture de Donald Trump face au conflit, Fonseca n’a pas mâché ses mots. Pour lui, le président américain agit en priorité pour ses intérêts, au détriment de l’humain. Il a aussi critiqué la tenue de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, jugeant le choix inapproprié au regard de la situation.
«Je suis révolté. Les attaques contre l’Ukraine sont toujours plus importantes et plus mortifères. J’avais l’espoir que, au fil du temps, les choses changent. Mais depuis que M. Trump est revenu au pouvoir (en janvier 2025) et qu’il a promis une paix rapide, la situation a nettement empiré. Tous les jours tombent des centaines de drones, des dizaines de missiles. Les États-Unis ont fragilisé la position de l’Ukraine et celle de l’Union Européenne. Et cela a rendu encore plus difficile la vie des Ukrainiens. Je me sens toujours plus révolté» a-t-il lâché.
Le coach lyonnais n’a pas non plus épargné Gianni Infantino, président de la FIFA : «La vérité, c’est que nous qui aimons le football, nous voudrions que la Coupe du monde se déroule ailleurs, et pas aux États-Unis, pas en ce moment. La position du président américain a été d’oublier, d’ignorer les plus défavorisés, les plus faibles, et d’être du côté de ses intérêts économiques. Le président américain n’a pas pensé aux personnes. Il a pensé à l’argent. Je ne sais pas si le football est le meilleur moyen de protester contre ça, mais il y a des choses qui sont inacceptables pour moi.»
Malgré ces années de guerre et le traumatisme de sa fuite, Fonseca reste profondément attaché à l’Ukraine. «Oui, j’adore Kiev, j’adore l’Ukraine. J’aimerais retourner en Ukraine pour travailler, pour aider ce pays, pour développer le football, qui a un immense potentiel. J’aimerais beaucoup reprendre la sélection nationale, ou retourner au Shakhtar. Ça fait partie de mes rêves pour l’avenir. Je ne sais pas quand, mais j’aime l’Ukraine, les Ukrainiens. Et je sens que, d’une certaine façon, je dois rembourser tout ce qu’ils m’ont donné», confie-t-il.