À l’approche d’un déplacement particulièrement piégeux à Selhurst Park, Ruben Amorim a fait face aux médias dans une atmosphère lourde. Manchester United traverse une période confuse, marquée par des résultats irréguliers, une vague de blessures et désormais des critiques venant de l’une des légendes les plus respectées du club : Paul Scholes. À 48 heures du choc face à Crystal Palace, le technicien portugais a livré un discours lucide, presque solennel : aucune excuse ne sera tolérée.
Dimanche, United se rendra sur une pelouse qui lui réussit très peu : les Red Devils n’y ont plus gagné depuis 2020, à l’époque où Marcus Rashford et Anthony Martial avaient scellé un succès 2-0. Une autre époque.
Amorim, conscient de cette statistique embarrassante, n’a pas cherché à minimiser la situation : «Quand je regarde les matchs, je pense qu’on aurait dû avoir plus de points, parce qu’on avait le contrôle et l’avantage dans certaines rencontres, et on a perdu ce contrôle. C’est vraiment décevant et frustrant, surtout lors du dernier match [contre Everton]», a confié l’entraîneur.
La récente défaite contre Everton a laissé des traces. Le Portugais l’admet : la semaine a été psychologiquement difficile. «Il est temps de repartir à zéro. La semaine a été difficile après cette défaite, mais le processus doit se poursuivre et nous devons nous concentrer sur le prochain match. Nous devons comprendre que, dans notre championnat cette année, tout peut basculer très rapidement, alors repartons de l’avant»
«À Manchester United, il n’y a pas d’excuses»
Ruben Amorim connaît parfaitement le poids d’un banc comme celui de Manchester United. Le message envoyé est clair, presque martial : «Dans notre club, c’est la même chose. L’année dernière, nous devions gagner tous les matchs, sans exception, et nous avons été fortement critiqués parce que nous ne gagnions pas. Dans notre club, il n’y a pas d’excuses.»
Même l’absence de compétitions européennes — un mal pour certains, un soulagement pour d’autres — ne constitue pas un alibi acceptable selon lui : «Concernant l’Europe, j’ai dit la même chose l’an dernier et je le répète aujourd’hui sur les avantages et les inconvénients de ne pas y participer. Il n’y a pas d’excuses. Nous devons toujours gagner les matchs»
Une attaque décimée : Sesko, Maguire, Cunha…
La série de blessures qui frappe Manchester United complique la donne. L’attaque est particulièrement touchée : Matheus Cunha et Benjamin Sesko sont forfaits pour ce déplacement, tandis que Harry Maguire poursuit son indisponibilité.
«Sesko sera absent un peu plus longtemps. Cunha pourrait revenir pour le prochain match, mais pas pour celui-ci. Il n’y a pas de complication particulière, nous gérons simplement sa blessure», a expliqué Amorim.
Paul Scholes charge Amorim
Comme si la pression sportive ne suffisait pas, Ruben Amorim doit maintenant composer avec les critiques virulentes d’un monument du club. Paul Scholes, consultant pour Sky Sports, n’a pas mâché ses mots jeudi.
La légende anglaise vise un point précis : la gestion du jeune prodige Kobbie Mainoo. «Kobbie Mainoo est entré contre Everton et il avait besoin de temps de jeu. C’était prévisible qu’il manque de rythme puisqu’il n’avait pas joué depuis longtemps», a d’abord noté Scholes.
Mais le plus dur est venu ensuite : «Ce qui me déçoit le plus, c’est que Kobbie Mainoo ne fasse pas partie de l’équipe de Manchester United. On a vu son talent pendant 18 mois et pourtant, pour une raison ou une autre, rien ne se passe. L’entraîneur [Ruben Amorim] ne semble pas l’apprécier beaucoup, mais on connaît tous les qualités de Mainoo.»
Pour Scholes, cette situation n’est pas seulement regrettable : elle est inquiétante. «Mais pour une raison ou une autre, l’entraîneur préfère un autre joueur, et c’est une situation que Kobbie Mainoo va devoir gérer. Je trouve qu’il s’en sort bien jusqu’à présent, mais à un moment donné, il va être frustré. Je suis moi aussi frustré de voir jouer Manchester United, et surtout de voir un talent formé au club, Kobbie Mainoo, sur le banc. On le veut dans notre équipe», a-t-il insisté.