Pendant des années, Sadio Mané et Mohamed Salah ont été le moteur offensif le plus redouté du football européen. Leur duo, explosif et décisif, a porté Liverpool vers les sommets : une Ligue des champions, une Premier League historique, une FA Cup et une Coupe du monde des clubs. Mais derrière les sourires et les célébrations, une question a longtemps agité les supporters : la relation entre les deux stars était-elle réellement harmonieuse ?
Aujourd’hui, Mané lève enfin le voile. Et sa version, loin des clichés, révèle une histoire bien plus humaine, faite de tension, mais aussi de respect, de franchise… et même d’une amitié renforcée par la confrontation.
Une relation professionnelle solide… mais pas toujours simple
Arrivés à Liverpool à un an d’intervalle, Salah et Mané deviennent très vite les pièces maîtresses du système de Jürgen Klopp. Leurs statistiques combinées font rêver : 22 buts créés ensemble, 12 pour Salah, 10 pour Mané.
Mais comme l’avait reconnu l’Égyptien dans L’Équipe, tout n’était pas toujours rose : «Il y avait des tensions. Nous sommes restés professionnels jusqu’au bout, je ne pense pas que cela ait affecté l’équipe. En dehors du terrain, nous n’étions pas très proches, mais nous nous sommes toujours respectés.» Une phrase lourde de sens, confirmée aujourd’hui par Mané.
Burnley 2019 : l’explosion qui a tout changé
3-0 pour Liverpool. 85ᵉ minute. Salah ignore une passe évidente pour Mané. Le Sénégalais sort quelques minutes plus tard, fou de rage. La scène fait le tour du monde, Firmino esquisse un sourire devenu iconique… et la presse parle de «rupture».
Sur le podcast Rio Ferdinand Presents, Mané revient sans filtre sur ce moment : «Tout le monde dit la même chose (qu’il y avait une rivalité). Mais je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose. Je suis quelqu’un de plutôt discret, mais je suis ami avec tous les membres de l’équipe. Je pense que Mo est vraiment un type sympa aussi. Je pense que ça se voyait sur le terrain : parfois il me faisait la passe, parfois non ; parfois il me la faisait, parfois non. Seul Bobby (Roberto Firmino) était là pour partager le ballon. Je me souviens encore d’un match (contre Burnley) où j’étais très, très en colère parce qu’il ne m’a pas fait la passe quand il aurait dû. Il était très en colère après le match.»
Le lendemain du match, Salah vient frapper à la porte de Mané, inquiet : «Le lendemain, il est venu me voir. Il voulait me parler, mais il ne savait pas comment s’y prendre. Il n’arrêtait pas de penser que j’étais en colère contre lui parce que nous ne nous étions pas vus (la veille au soir), nous étions rentrés chez nous. Il m’a dit : «On peut parler ?» J’ai répondu : «D’accord, pas de problème, allons-y.» Et il a dit : «Tu crois que je ne voulais pas te faire la passe ? Je n’ai pas marqué. C’est Bobby qui a marqué. Mais même quand j’avais le ballon, je ne pensais pas à te faire la passe ni même à te voir. J’avais juste le ballon et je voulais tirer. Mais je n’ai rien contre toi. Et honnêtement, si je peux te faire la passe et si je te vois, je te la ferai. Je lui ai dit : «Non, ne t’inquiète pas. C’est arrivé, c’est arrivé. J’étais en colère parce que je pense que tu peux faire mieux que moi avec tes compétences.»»
Selon l’ancien joueur des Reds, cette discussion a tout changé : «Je pense que nous sommes devenus encore plus proches à partir de ce jour-là. Et ça arrive parfois. Pour moi, ce n’était pas personnel. Il veut juste marquer, marquer et encore marquer. Et puis je lui ai dit : «Mo, je peux beaucoup t’aider parce que je sais que tu veux devenir un grand buteur. Je peux t’aider parce que je n’ai pas ce problème. Je t’aiderai encore plus.»»
«Le meilleur partenaire de ma carrière ? Robertson.»
Contre toute attente, Mané révèle aussi que son partenaire préféré à Liverpool n’était ni Salah ni Firmino… mais Andy Robertson : «On parle généralement des trois attaquants – moi, Bobby, Mo – mais si vous regardez (Andy) Robertson, vous voyez le chevauchement et cette volonté de gagner tous les ballons. C’est incroyable. Je pense qu’il a été le meilleur partenaire de toute ma carrière, car nous nous connaissions bien. C’était naturel. Je l’ai aidé et il m’a aidé. Quand j’avais le ballon, si on jouait contre un ailier qui lui posait beaucoup de problèmes, le lendemain à l’entraînement, on se disait : « Hé, aide-moi, je t’aiderai. » C’est ce qu’il disait. Je lui ai dit : “Ne t’inquiète pas, je serai là. Je serai là pour toi. Ne t’inquiète pas. On va l’attraper, on va le maîtriser.” C’était un travail d’équipe.»