À la veille du match retour entre Real Madrid et SL Benfica, la polémique née du match aller à l’Estádio da Luz continue de faire réagir. Victime présumé d’insultes racistes de la part de Gianluca Prestianni, Vinicius Junior reçoit le soutien inconditionnel de ses coéquipiers, et particulièrement du gardien belge Thibaut Courtois.
Lors de la manche aller, Prestianni aurait traité Vinicius Junior de «singe», selon les déclarations du Brésilien, confirmées par Kylian Mbappé auprès des arbitres et des médias. L’attaquant argentin dément toutefois toute insulte, s’étant couvert la bouche avec son maillot. La réaction médiatique de José Mourinho a été vivement critiquée, certains jugeant ses propos maladroits et inappropriés face à l’ampleur de la polémique.
«J’ai parlé avec Prestianni et Vinicius, l’un me dit une chose, l’autre me dit l’autre. Je ne veux pas dire que je crois ce que dit Prestianni à 100%, mais je ne peux pas dire que ce que m’a dit Vinicius est la vérité. C’était un grand match jusqu’au bout, face à un grand Real Madrid. Vinicius met un superbe but que seul lui ou Mbappé peuvent marquer. Quand tu mets un but comme ça, célèbre avec tes coéquipiers, ne va pas provoquer 60.000 personnes. Dans combien de stades, c’est déjà arrivé avec Vinicius ? C’est un joueur de classe mondiale, mais si tu marques un but comme ça, célèbre avec tes coéquipiers», avait déclaré Mourinho, déclenchant un tollé parmi les observateurs, dont Vincent Kompany.
Courtois appelle à agir contre le racisme
Mardi, lors d’une conférence de presse, Thibaut Courtois est sorti du cadre purement sportif pour dénoncer fermement les comportements racistes et homophobes observés à l’Estádio da Luz : «Nous vivons un moment crucial pour le football : il est temps de mettre fin à ces agissements. Nous savons ce que Vinicius nous a dit… et c’est quelque chose qui s’est déjà produit à plusieurs reprises. Cela doit cesser. C’est à l’UEFA de trancher.»
Le gardien a même proposé des mesures pour éviter que les joueurs puissent dissimuler leurs paroles, jugeant que tout moyen pour lutter contre le racisme était justifié : «C’est difficile, car parfois on a envie de dire quelque chose à son coéquipier sans être entendu… mais si c’est pour mettre fin aux insultes, c’est une bonne chose. Dans de nombreux sports, beaucoup de joueurs portent un micro, voire les arbitres eux-mêmes, et tout peut être entendu. Si c’est pour lutter contre le racisme, pour moi, il n’y a absolument aucun problème.»
Il a également dénoncé les insultes homophobes dont Vinicius aurait été victime, tout en soulignant la gravité de ces comportements dans le football : «Il semble qu’il l’ait dit… et cela me paraît tout aussi grave. Ce sont des insultes homophobes, tout comme ce qui s’est passé dans les tribunes de l’Estádio da Luz était très grave. On peut aimer ou ne pas aimer un joueur, mais ce genre de comportement est regrettable. Je ne sais pas s’ils l’ont condamné, ni s’ils ont annoncé des poursuites contre l’auteur des gestes simiesques… Mais le racisme et l’homophobie sont tous deux regrettables. Ses insultes sont tout aussi graves. S’il ne s’est pas couvert la bouche à ce moment-là, on imagine ce qu’il a pu dire ensuite. Le problème avec les tribunes justifie l’arrêt du match et l’expulsion des personnes concernées, mais il est évident qu’un joueur n’est pas censé voir ce qui se passe dans les tribunes. C’est le rôle de l’arbitre, et les autorités doivent être alertées. Nous devons cesser d’être aussi irresponsables en tant que société»
Soutien ferme à Vinicius et critique de Mourinho
Thibaut Courtois s’est adressé au président du Benfica, Rui Costa : «Utiliser l’affaire Fede [Valverde]… Cela n’a rien à voir. Il n’avait aucune intention de frapper un adversaire [Samuel Dahl]. Quant à Prestianni… c’est compliqué, ce sera toujours parole contre parole, mais nous soutenons Vinícius à 100 %, qui a beaucoup souffert et n’a jamais tenu de tels propos. Il l’a entendu, c’est certain, comme il l’a entendu à maintes reprises, et je le crois sans réserve. Comment il [Gianluca Prestianni] a pu garder le silence, on ne le saura jamais. Benfica défendra son joueur, mais nous ne pouvons pas faire grand-chose de plus. C’est au tour de l’UEFA et des instances compétentes.»
Le gardien n’a pas épargné Mourinho, regrettant son approche médiatique : «Finalement, Mourinho est Mourinho, et en tant qu’entraîneur, on défend toujours son club et les propos de ses joueurs. La seule chose qui m’a un peu déçu, c’est l’utilisation de la célébration de Vini, car Vini n’a rien fait de mal. Il a fêté ça comme beaucoup de nos adversaires le font contre nous, notamment parce que lorsqu’un joueur marque un but contre le Real Madrid, l’euphorie est décuplée dans de nombreuses équipes. C’est ce qui s’est passé, il faut donc passer à autre chose, mais on ne peut pas justifier un acte présumé de racisme par une célébration».