Le limogeage de Ruben Amorim par Manchester United continue de faire réagir outre-Manche. Après les critiques internes et les interrogations autour de la gouvernance du club, une voix s’est élevée avec force pour défendre le technicien portugais : celle de Troy Deeney. L’ancien attaquant de Watford, désormais consultant, n’a pas mâché ses mots en pointant du doigt les joueurs de Manchester United, qu’il estime être les véritables responsables de l’échec sportif et du départ de l’entraîneur.
Invité sur CBS Sports, Deeney a livré une analyse sans concession du contexte d’Old Trafford, dénonçant un déséquilibre profond entre le pouvoir des joueurs et celui du staff technique. Dès ses premières déclarations, Troy Deeney a affiché sa surprise face à la décision des dirigeants mancuniens.
«Ma première réaction a été le choc. Je suis un grand fan de Ruben Amorim. Je pense qu’il a commis quelques erreurs, mais dans l’ensemble, il a essayé de jeter les bases d’un succès durable pour Manchester United.», a-t-il lancé.
Très vite, Deeney a élargi le débat en visant un mal récurrent à Manchester United : l’influence démesurée des joueurs. «Si l’on regarde le passé, on constate que le même phénomène se produit invariablement : le pouvoir des joueurs. On parle de Manchester United, pas de Grimsby Town, sans vouloir manquer de respect à Grimsby. United est un club géant. Les joueurs ont beaucoup d’argent, beaucoup de pouvoir, beaucoup de temps et peuvent jouer autant qu’ils le souhaitent.», a-t-il déclaré.
Dans un ton volontairement sarcastique, Troy Deeney a également évoqué le sort réservé aux prédécesseurs d’Amorim, notamment Erik ten Hag, pour souligner l’incohérence du discours ambiant. «La faute incombe aux entraîneurs, pas aux joueurs qui ont terminé 17èmes la saison dernière. Ce n’est pas la faute des anciens joueurs de Ten Hag. C’est toujours la faute des entraîneurs», a-t-il poursuivi avec ironie.
Amorim salué pour sa sincérité et sa lucidité
Au-delà de l’aspect purement sportif, Deeney a tenu à souligner la franchise de Ruben Amorim dans sa communication, un trait devenu rare selon lui dans le football moderne. «Ce type [Ruben Amorim] était l’un des rares dont on pouvait constater la véracité. Il ne prétendait pas que l’équipe jouait bien. Il reconnaissait les points à améliorer. Et puis, on entendait Maresca déclarer : « J’ai vécu les 48 heures les plus difficiles de ma vie. Pourquoi ? Je ne saurais dire ce qui ne va pas. » Je pense que c’était une réaction de désespoir, et son comportement en conférence de presse a précipité son limogeage», a-t-il admis.
Des promesses non tenues et un mercato insuffisant
Enfin, Troy Deeney est revenu sur un point crucial : le manque de renforts et les promesses non respectées faites aux entraîneurs. «J’ai déjà été dans cette situation, quand on va dans des clubs et qu’ils vous vendent du rêve : “Venez ici, on vous offrira ceci et cela”. Je pense que les dirigeants et les propriétaires veulent gérer le club d’une certaine manière, et c’est pour ça que la communication se détériore.»
Sans nier les limites du bilan sportif d’Amorim, Deeney remet en cause la logique même du licenciement.
«On ne peut pas dire que son bilan soit exceptionnel, mais on vit dans un monde étrange où l’on change d’entraîneur pour que les choses s’améliorent. Je n’y crois pas», a conclu l’ancien attaquant anglais, aujourd’hui âgé de 37 ans.