Le Sénégal a conquis, ce dimanche, la deuxième Coupe d’Afrique des Nations de son histoire en dominant le Maroc (1-0, a.p.) au terme d’une finale aussi tendue que polémique. Si la rencontre a été marquée par des décisions controversées et une atmosphère électrique, elle a surtout mis en lumière la stature exceptionnelle de Sadio Mané, décisif sur le terrain et déterminant en coulisses.
Auteur d’une CAN de très haut niveau, l’attaquant sénégalais a une nouvelle fois endossé son rôle de leader lors de cette finale. Héros du match, Mané s’est également illustré par son sang-froid au moment le plus critique, empêchant notamment ses coéquipiers de quitter les vestiaires dans un contexte de grande tension. Un geste fort, salué avec admiration par Hervé Renard.
L’ancien sélectionneur du Maroc et de la Côte d’Ivoire, aujourd’hui à la tête de l’Arabie Saoudite, n’a pas tari d’éloges à l’égard du numéro 10 sénégalais. «Il n’a jamais quitté le terrain. Il n’a pas réfléchi comme un sportif frustré mais comme un leader. Quelque part, il est le plus grand héros de cette finale et de cette CAN», a-t-il affirmé.
Renard insiste également sur l’impact humain de Mané au sein du groupe. «Non seulement il a été énorme sur le terrain, mais aussi en dehors. Il a su se faire entendre de chacun de ses partenaires. Il suscite un respect incommensurable. Au Sénégal, c’est un dieu. Aucun autre joueur ne lui arrive à la cheville», a-t-il ajouté.
Mais si le sélectionneur français a encensé le Sénégal et son leader, il s’est montré bien plus sévère du côté marocain, notamment à l’encontre de Brahim Diaz. Le milieu offensif des Lions de l’Atlas est au cœur des critiques après sa panenka manquée lors d’un penalty décisif, un geste jugé inacceptable par Hervé Renard.
«On a le droit de rater un pénalty mais, en pareil cas, je suis catégorique et je n’ai aucune complaisance», a-t-il lâché dans les colonnes du Parisien. «C’est un manque de respect pour tout un pays et tout un peuple en quête d’un succès depuis 50 ans», a-t-il poursuivi, visiblement marqué par ce choix technique au moment crucial.
Le technicien a même établi un parallèle avec une expérience personnelle récente. «Toutes proportions gardées, j’ai d’ailleurs vécu la même chose à la Coupe arabe face au Maroc (en décembre dernier, ndlr). L’un de mes joueurs, Abdullah Al-Hamdan, a totalement raté sa panenka. Je lui ai demandé de m’accompagner ensuite en conférence de presse et de présenter ses excuses», a-t-il raconté.