Plus de quinze ans après les faits, Walter Pandiani revient avec le sourire sur l’un des épisodes les plus tendus – et les plus commentés – de sa carrière. Ce jeudi, l’ancien attaquant d’Osasuna a accordé une longue interview au podcast «El Cafelito de Josep Pedrerol», dans laquelle il est notamment revenu sur sa célèbre altercation avec Cristiano Ronaldo, survenue lors de la victoire 1-0 d’Osasuna face au Real Madrid, le 30 janvier 2011.
Avec le recul et beaucoup d’autodérision, l’ex-international uruguayen (49 ans aujourd’hui) a tenu à replacer les choses dans leur contexte. «Le problème ne venait même pas de moi, mais de [Javier] Camuñas. Cristiano l’a bousculé à plusieurs reprises parce qu’il ne voulait pas le laisser jouer rapidement et s’est placé devant lui. Comme j’étais plus grand que Camuñas, je suis allé le défendre», explique Pandiani. Selon lui, la tension était déjà palpable avant même le coup d’envoi : «Il était un peu agacé dès le départ, car on lui avait crié toutes sortes d’insultes avant le début du match. Pendant l’échauffement, il a commencé à tirer des coups francs. C’est là que tout a commencé.»
La situation dégénère alors sur la pelouse. «Je lui ai aussi donné quelques bousculades. D’autres personnes sont arrivées, l’arbitre est arrivé, et il m’a demandé combien j’étais payé, qui j’étais… Il m’a demandé qui j’étais pour le bousculer et lui dire quelque chose», se souvient-il.
L’affaire ne s’arrête pas au terrain. Dans le tunnel menant aux vestiaires, la tension monte encore d’un cran. «Au début, je ne lui ai rien dit, mais ensuite, dans le tunnel, il y a eu un peu d’agitation. Les choses se sont passées. Puis, la presse a vu tout ça et s’est mise à chercher mes déclarations. Au lieu de me taire, j’ai jeté de l’huile sur le feu, et c’était pire», reconnaît-il aujourd’hui en riant.
Quelques jours plus tard, Pandiani en remet une couche en conférence de presse, attaquant frontalement la star portugaise : «C’est un phénomène, mais il lui manque l’expérience nécessaire pour faire ce qu’il fait. Quand il aura remporté la Coupe du Roi, les Supercoupes et les titres que j’ai gagnés en Espagne, alors peut-être que je l’écouterai un peu mieux.»
La réponse de Cristiano Ronaldo ne tarde pas, teintée d’ironie : «Que voulez-vous que je vous réponde ? Vous croyez que je vais perdre mon temps avec ça ?» Avec le recul, Pandiani reconnaît volontiers l’issue de ce duel verbal : «Il a gagné quelques titres par la suite, non ? Peut-être pas trois Coupes du Roi, mais il a gagné quelques trophées, ce monstre. Mais sur le coup, non», glisse-t-il, toujours amusé.
L’épisode avait également inspiré José Mourinho, alors entraîneur du Real Madrid, fidèle à son sens de la formule : «Il a eu ses moments de gloire lorsqu’il parlait de Cristiano. Vous savez mieux que moi que la publicité à la télévision, surtout aux heures de grande écoute, coûte cher. Il n’a pas payé, il est malin.» Loin de s’en offusquer, Pandiani avait répondu avec humour : «Mourinho a parlé et ils sont venus me chercher à Pampelune, micro en main, pour que je répète ce qu’il avait dit, et c’est ce qui m’est sorti. J’ai dit : “Papa est venu te défendre ?” Mais ce sont des choses qui arrivent dans le football, c’était drôle»