Thibaut Courtois n’a décidément pas sa langue dans sa poche. Le gardien belge, connu pour son franc-parler depuis l’épisode du «seum» après le Mondial 2018, a de nouveau frappé fort. Lors d’une longue interview accordée à la Cadena COPE, le portier du Real Madrid a évoqué sans détour sa sincérité, la situation des Merengues, les critiques internes, mais aussi plusieurs joueurs… dont Lamine Yamal.
Le Belge a tenu à clarifier son attitude, souvent perçue comme tranchante : «Je dis la vérité, ça ne me pose aucun problème. Je ne pense pas que ce soit critiquer l’équipe. C’est simplement dire les choses telles qu’elles sont. Sinon, à quoi bon faire des interviews ? Parfois, il se passe des choses pendant les matches qui sont évidentes et qu’il faut dire. Et si quelqu’un au sein du club a un problème avec ce que je dis, il peut me le dire. Ça ne m’est jamais arrivé au Real Madrid, mais ça l’a été en sélection. Il n’y a aucun problème, et je comprends aussi que certaines choses ne se disent qu’en interne. Je peux regarder n’importe qui dans les yeux, et si je fais une erreur, je n’ai aucun problème à l’admettre, comme ce fut le cas en Coupe du Roi, lorsque j’ai commis l’erreur qui a mené au match nul 2-2 et que je me suis excusé auprès de l’équipe.»
Crise au Real ? Courtois calme le jeu
Interrogé sur la soi-disant crise qui secouerait la Maison Blanche, Courtois sourit presque : «Quand on fait match nul ou qu’on perd, on parle toujours de crise… mais il y a plus de bruit dehors qu’à l’intérieur.» Sur Liverpool, il admet une défaite logique. Sur le Rayo Vallecano, il tient à calmer le jeu : «Je ne pense pas que le match contre Liverpool ait été bon, et notre défaite est méritée. Contre le Rayo, je ne pense pas qu’on ait si mal joué. C’est toujours difficile de jouer à Vallecas, et on a toujours eu du mal à y gagner ces dernières années. On sait qu’on doit progresser, et maintenant on a un mois difficile devant nous avec beaucoup de matches à l’extérieur. On va essayer de bien faire, et il faut absolument qu’on aille à Elche et qu’on gagne. Vu de l’extérieur, un match paraît toujours différent de ce qu’on vit sur le terrain. Et sur le terrain, j’ai vraiment eu le sentiment qu’en première mi-temps contre Liverpool, nous maîtrisions globalement la rencontre. Leurs occasions se sont limitées à une frappe lointaine, un dégagement raté et un coup de pied arrêté. En revanche, en seconde période, comme face au Rayo Vallecano, nous avons eu du mal à nous montrer dangereux en attaque. Liverpool était tout simplement la meilleure équipe.»
Courtois dénonce «des rumeurs fausses» sur le vestiaire et Xabi Alonso
Relancé sur les supposées tensions entre joueurs et Xabi Alonso, Courtois ne mâche pas ses mots : «Je n’ai pas l’impression d’avoir de mauvaises relations avec le manager. Mais au final, il y a toujours des joueurs dans le vestiaire qui sont un peu mécontents de ne pas jouer autant ou de jouer différemment. On en discute toujours de vive voix en réunion et il n’y a aucun problème. J’ai 33 ans et je pourrais donner des ordres, mais on n’a pas eu besoin de le faire car on travaille tous dans le même sens. Quand je lis ces articles, je dis qu’ils sont faux. Ce ne sont que des rumeurs qui font beaucoup de bruit.»
Ancelotti vs Xabi Alonso : Courtois tranche
Comparé à Carlo Ancelotti, il répond avec nuance : «Ce sont deux choses différentes, deux environnements différents. Ancelotti est presque une figure paternelle, voire un grand-père, pour certains, et il possède un charisme particulier, différent de celui de Xabi, plus jeune et plus moderne. Ce sont deux très bons entraîneurs, chacun avec son propre style. J’ai beaucoup appris de Carlo et je lui en serai toujours reconnaissant ; mais dire que Xabi nous manque serait un manque de respect.»
Vinicius, la colère du Clasico et l’affaire Lamine Yamal
Courtois s’est également exprimé sur l’attitude de Vinicius Jr, furieux après son remplacement lors du Clasico : «Il s’est excusé et on est passé à autre chose. Au final, on est tous humains et il nous arrive à tous de réagir comme ça lors d’un match à haute pression. C’est quelque chose qui m’est arrivé, ainsi qu’à beaucoup d’autres. Mais il a présenté ses excuses à toute l’équipe et au staff technique»
Mais le passage le plus attendu concernait Lamine Yamal, dont des déclarations après le match avaient enflammé la presse. «Je pense que lorsqu’on est détendu et à l’aise, on peut parfois dire des choses qu’on ne pense pas. Pour moi, Lamine est un grand joueur et il marquera l’histoire du Barça. Mais il a dit ça, ça a un peu semé la zizanie, et la presse s’est déchaînée contre lui…»
Le portier raconte leur échange après la fameuse altercation impliquant Dani Carvajal : «Je l’ai vu parler à Carvajal et la petite altercation a éclaté… alors je lui ai dit quelque chose aussi. Comme je le disais, quand les émotions sont à vif, on dit des choses qu’on n’a pas besoin de dire. Mais c’est ça un Clásico. On avait besoin de cette ambiance, de cette intensité, surtout après les quatre défaites de l’année dernière. On a besoin de cette intensité, de ce sentiment que Barcelone est un ennemi et qu’on doit les attaquer car même quand ils ont gagné, ils ne nous ont pas vraiment témoigné de respect. Mais si Carvajal ou Huijsen sont en sélection, je ne pense pas qu’il y aura de problèmes avec Lamine Yamal, et si je le vois, il n’y en aura pas non plus. Ce ne sont que des chamailleries de terrain, des choses qu’il faut accepter.»