Dans une interview exclusive accordée à AS, Marcelo, l’illustre latéral gauche brésilien, s’est livré avec sincérité sur sa carrière, ses modèles et son amour inconditionnel pour le football. Avec un palmarès impressionnant : cinq Ligues des champions, six titres de champion d’Espagne, et 25 trophées au total avec le Real Madrid, Marcelo reste une référence dans son poste, considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs latéraux gauches de l’histoire.
Lorsqu’on lui demande s’il aurait aimé partager le terrain avec certaines icônes du football, Marcelo ne cache pas son admiration : «Il y en a deux… Peut-être trois. Si jamais j’ai la chance de toucher le ballon… Enfin, je l’ai fait avec Zidane. C’était incroyable. J’adorerais jouer avec Zidane. Et j’aurais adoré jouer avec Maradona aussi. Ouf, ce serait parfait.»
L’humilité avant tout
Malgré un palmarès enviable, Marcelo refuse de se considérer comme le meilleur : «Ce n’est pas que ça me déplaise, je comprends les gens. Je dis que Roberto Carlos est le meilleur de l’histoire, et il n’aime pas le terme «meilleur». Ou Sergio Ramos en défense centrale… J’ai toujours été très serein à ce sujet car au football, on ne joue pas seul. C’est l’équipe. Quand on parle de mon palmarès, c’est avec le Real Madrid. J’étais un employé du Real Madrid. Le titre est à nous, mais on ne le gagne pas seul. Je ne peux pas me comparer à qui que ce soit ni me considérer comme le meilleur de l’histoire.»
Marcelo explique que son objectif n’a jamais été de surpasser Roberto Carlos, son prédécesseur et modèle : «Je n’ai jamais cherché à être meilleur ou moins bon, ni à imiter Roberto Carlos. J’ai toujours joué mon propre football, un football joyeux et épanouissant… Je retrouve la même passion qu’au Bernabéu en jouant dans mon salon avec mes enfants. Je me donne à fond et je ne veux pas perdre ; c’est dans mon sang. Je ne me souciais pas d’être le meilleur, de gagner des titres, de jouer plus de matchs… Bien sûr, j’ai accompli quelque chose de grand, comme être capitaine du Real Madrid, mais l’important, c’est que j’ai savouré chaque instant. Et je continue à le faire.»
L’héritage de Roberto Carlos
Marcelo souligne l’importance de Roberto Carlos dans son parcours : «Je n’ai jamais partagé mon poste avec Roberto, car quand il était là, je ne voulais rien partager, juste le regarder s’entraîner et jouer. Pour moi, c’était suffisant. Il m’a énormément aidé à tous les niveaux. Je lui parle encore, et quand je le vois, je suis toujours un peu nerveux. Il ne comprend pas, mais c’est vrai. Il m’a beaucoup apporté, sur et en dehors du terrain. J’ai la chance d’avoir joué avec tant de légendes. Avoir Roberto comme idole a grandement facilité les choses.»
Le rôle exigeant du latéral gauche
Marcelo confie que le poste de latéral est l’un des plus complexes : «Cela dépend de chaque équipe et de son style de jeu. J’ai toujours été latéral gauche avec une âme d’attaquant. J’ai toujours voulu me projeter vers l’avant car un dribble est bien plus gratifiant qu’un tacle. Marquer un but ou faire une passe décisive est toujours plus important que de récupérer le ballon. J’ai dû apprendre. Je n’ai jamais été un grand défenseur, c’est clair. J’ai passé plus de temps en attaque qu’en défense, mais ça ne m’a pas déplu. J’ai savouré chaque instant.»
Sa complicité avec les autres latéraux, comme Carvajal, reposait sur la liberté tactique : «La tactique n’a jamais été très stricte ; pour moi, il n’y a pas de problème à ce que les deux latéraux montent. Les défenseurs centraux et les milieux peuvent aussi jouer bas. Tout dépend de votre vision du football. Avec Zidane, on voyait les deux latéraux monter. Cela ne signifiait pas pour autant que je devais forcément combiner avec Carvajal. Le football est fait de surprises et d’interprétations. On ne peut pas affirmer qu’on va jouer d’une certaine manière et qu’on va gagner. Le football, c’est bien plus que ce que l’on voit entre les lignes.»
Les racines de son talent : futsal et rue
Marcelo attribue son incroyable contrôle du ballon à ses débuts dans la rue et au futsal : «Je suis certain que le futsal m’a beaucoup aidé. Et il continue de m’aider car je joue encore des matchs improvisés. Les enfants doivent jouer au futsal, ils doivent contrôler le ballon. J’entends souvent des entraîneurs dire que les enfants ne savent pas contrôler le ballon… Si vous regardez les stars d’aujourd’hui et d’hier, elles contrôlent toujours le ballon. Cela vient du futsal, de l’école ou de la rue, où l’on contrôle beaucoup le ballon. Mon style de football a toujours été très urbain et joyeux. Ça vient de là. Il faut avoir beaucoup de confiance en soi. J’ai toujours dribblé en arrière et je savais que si je perdais le ballon…»
Les stars d’aujourd’hui : Mbappé et Lamine Yamal
Quand il évoque Kylian Mbappé, Marcelo est admiratif : «Il est fantastique, incroyable, un véritable phénomène physique. Il est incroyablement talentueux, travailleur, un battant, il marque des buts… Je l’adore. J’aurais adoré jouer avec lui, mais il est arrivé un peu trop tard.»
Quant à Lamine Yamal, il reconnaît que la jeune pépite du Barça aurait été un défi sur l’aile : «C’est génial. Ça me poserait problème. Jusqu’à la fin de ma carrière de footballeur, je n’ai jamais trouvé d’ailier capable de me rivaliser, même de loin. Ils étaient toujours tellement rapides… Lamine m’aurait dribblé sans problème.»