En 2005, Zinedine Zidane créait la surprise en annonçant son retour en équipe de France, à peine un an après avoir pris sa retraite internationale. Une décision forte, inattendue, et surtout entourée d’un mystère profond, que le champion du monde 1998 avait soigneusement choisi de ne pas lever… y compris auprès de ses proches.
Après l’Euro 2004, Zizou avait pourtant tourné la page des Bleus. Mais quelques mois plus tard, l’appel du maillot tricolore devenait irrésistible. Face aux nombreuses interrogations, Zidane restait volontairement évasif sur les raisons exactes de son retour, comme il l’expliquait alors dans les colonnes de France Football : «Si je reviens, c’est parce que je le veux bien, et uniquement pour ça. Pourquoi je ne souhaite pas m’étendre sur les réelles raisons de mon retour ? Parce c’est intime et qu’elles m’appartiennent.»
Ce que peu de gens savaient à l’époque, c’est que cette décision était née d’un moment aussi personnel qu’irrationnel. Zidane lui-même en avait livré un récit troublant, évoquant une expérience quasi mystique, tenue secrète… même à sa femme.
«Je ne voudrais pas qu’on en fasse des tonnes là-dessus et qu’on interprète mal ce que j’ai à avouer, mais ce qui m’arrive, en réalité, est assez mystique et m’échappe un peu. C’est même irrationnel et c’est pour cette raison qu’il n’y a que moi qui puisse le ressentir véritablement. Une nuit, à 3 heures du matin, je me suis soudain réveillé, et là, j’ai parlé avec quelqu’un. Mais ça, personne ne le sait. Ni ma femme, ni personne. Ils vont tous le découvrir dans France Football. Jusqu’à mon dernier souffle, je ne le dirai pas. C’est trop fort !», confiait-il.
Sans jamais révéler l’identité de cette «présence», Zizou insistait sur la puissance de ce moment, véritable déclencheur de son retour : «Cette personne existe, mais ça vient de tellement loin. Et là, durant les heures qui ont suivi, j’étais tout seul avec elle et, chez moi, j’ai pris la vraie décision de revenir. C’est à cette heure qu’elle est née ! Je n’avais jamais connu ça, j’étais comme interdit devant cette force qui dictait ma conduite, et j’ai eu comme une révélation : j’ai eu soudain envie de revenir aux sources, à celles de mes débuts dans le foot professionnel, quand je n’étais personne, qu’on ne me connaissait pas et que j’étais tranquille à apprendre mon métier, à grandir. J’ai eu envie de retrouver tout ça, et c’est une force irrépressible qui s’est emparée de moi à ce moment-là. Je devais obéir à cette voix qui me conseillait».