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Le témoignage bouleversant de Steve Mandanda

Figure emblématique de l’Olympique de Marseille et ancien capitaine de l’équipe de France, Steve Mandanda a officiellement mis un terme à sa carrière en 2025. Une décision forte, longtemps mûrie, mais particulièrement difficile à accepter pour le gardien de 40 ans, qui admet avoir vécu une transition très brutale.

Dans un long entretien accordé à L’Équipe, l’ancien portier se livre sans filtre sur la période compliquée qu’il traverse depuis son retrait des terrains. Un quotidien totalement différent de celui qu’il a connu pendant plus de vingt ans au plus haut niveau. Dans des propos particulièrement forts, Steve Mandanda décrit un profond mal-être lié à la perte de ses repères professionnels.

«Je suis au chômage, je n’aime plus rien dans ma vie, et aujourd’hui je me sens inutile. Depuis quelques semaines, plus rien n’a vraiment de goût. C’est juillet et je suis seul. Mes journées sont longues, vides, sans énergie ni sens. Honnêtement, c’est comme une petite mort. Ce matin, j’ai bien joué au padel avec un ami… lui, il a un métier, une vie organisée. Moi, je me demande ce que je vais devenir. Qu’est-ce que je fais de mes journées, de ma vie ? Je m’enfonce en silence. Je me retrouve chez moi, sur le canapé, sans savoir ce que j’attends ni même ce que je veux. Je n’ai envie de rien. Je me pose des questions : mon terrain, c’est quoi maintenant ? Le canapé ? La maison ? Les allers-retours dans le vide ? Au fond, je ne sais plus qui je suis ni ce que je fais ici. Après vingt-cinq ans de carrière au plus haut niveau, qu’est-ce que je suis censé faire aujourd’hui ? Je n’ai plus d’horaires, plus de rythme, plus de rendez-vous. Tout s’est arrêté brutalement, et c’est catastrophique. J’ai l’impression de me regarder de l’extérieur. Je n’aime plus ma vie comme elle est aujourd’hui. Je crois même que je suis malheureux, ou du moins complètement perdu. Je n’ai plus de repères : ni les terrains, ni le vestiaire, ni le brassard, ni les coéquipiers, ni les rires, ni les cafés, ni les causeries, ni les voyages, ni les matchs. Tout ce qui faisait mon quotidien a disparu. Dans ces moments-là, je me demande : qu’est-ce qu’il se passe pendant ce vide de juillet ? Comment on rebondit ? Comment on retrouve quelque chose de positif ? Je me sens inutile. C’était une très mauvaise journée. Je n’ai rien fait de ma journée, et je perds même la notion du temps, comme en été, quand tous les jours finissent par se ressembler. Quand je ne fais rien, j’ai tendance à manger n’importe comment, à boire des sodas ou de mauvais cocktails. Et ça devient un cercle vicieux : je sors moins parce que je n’ai pas envie que les gens me voient comme ça… alors je m’isole.», confie-t-il, décrivant une vie désormais sans structure.

Steve Mandanda évoque sa retraite

Après son départ de Marseille en 2022, Steve Mandanda avait poursuivi sa carrière au Stade Rennais. Mais même à la fin de cette aventure, plusieurs clubs comme le RC Lens ou Le Havre avaient tenté de le convaincre de continuer. L’ancien international français reconnaît avoir longuement hésité avant de prendre sa décision finale.

«Si le Stade Rennais m’avait proposé de continuer, je serais encore en activité. La chute est d’autant plus difficile qu’à ce moment-là de ma carrière, je n’étais pas prêt à arrêter (…) Quand j’ai eu des sollicitations d’autres clubs (Le Havre, Lorient et Lens notamment), je me sentais encore bien et je doutais à nouveau. Au final, je décide de prendre ma retraite sportive car je ne me voyais pas repartir et me lancer dans un autre challenge pour un an», admet-il.

Mais le gardien explique avoir privilégié la lucidité et la prudence dans son choix. «Je n’étais pas sûr de pouvoir tenir toute une saison si ça se passait mal. J’ai trop de respect pour ces clubs et leurs dirigeants pour venir, prendre un chèque et les planter à un moment donné. La meilleure solution était donc de raccrocher les gants, même si je n’étais pas totalement en phase. Ce n’est pas un hasard si j’ai mis autant de temps avant de l’officialiser : un jour, c’était sûr, le lendemain, ça ne l’était plus. Il fallait arracher le pansement et passer à autre chose», conclut-il.

7buts

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