Ansu Fati semble enfin avoir retrouvé le sourire. Désormais engagé définitivement avec l’AS Monaco, l’ancien grand espoir du FC Barcelone veut tourner la page des blessures et relancer pleinement sa carrière. Dans un entretien accordé à AS, l’attaquant espagnol est revenu sur son départ du Barça, ses années difficiles, ses ambitions avec Monaco et son rêve de retrouver la sélection espagnole.
À 23 ans, Ansu Fati entame donc un nouveau chapitre de sa carrière.
Arrivé très jeune à La Masia, l’attaquant avait rapidement été présenté comme l’un des grands talents du football mondial. Il avait même hérité du mythique numéro 10 de Lionel Messi à Barcelone.
Mais plusieurs blessures ont considérablement freiné sa progression. Après une saison convaincante à Monaco, le joueur souhaite désormais retrouver une stabilité qui lui a longtemps échappé.
«Les premiers jours ont été tristes»
Après son arrivée à Monaco, l’Espagnol assure avoir rapidement trouvé ses marques dans un environnement qui lui correspond. «Oui, c’est vrai. Je suis très heureux ici. Le climat est similaire à celui de Barcelone. Je suis donc ravi d’être ici. Nous sommes en pré-saison. Il y a beaucoup d’entraînements sous la chaleur, et nous nous préparons pour le début du championnat», explique-t-il. Son départ du Barça a néanmoins été chargé en émotions. Après quinze années passées au sein du club catalan, quitter La Masia et les personnes qui l’ont accompagné n’a pas été simple. «En vérité, quand j’ai signé à Monaco, j’ai ressenti à la fois de la tristesse et de la joie. J’ai passé de nombreuses années au Barça et je quitte beaucoup d’amis et de personnes travaillant à La Masia. Ils m’ont tous écrit, envoyé des messages, et je leur ai dit au revoir. Les premiers jours ont été tristes, mais c’est la vie. Il faut accepter ce qui arrive et aller de l’avant», raconte Fati.
Ansu Fati veut profiter de la confiance de Monaco
Le joueur estime avoir trouvé en Principauté un environnement particulièrement favorable à son retour au premier plan. «C’est grâce à la confiance que le club m’a témoignée l’an dernier, dès mon arrivée, à l’accueil chaleureux que j’ai reçu et à la façon dont tout le monde m’a traité. J’ai essayé de donner le meilleur de moi-même pour toujours aider l’équipe, et je pense y être parvenu. Je me suis senti vraiment bien lors de nombreux matchs. C’est à nouveau mon objectif cette année : donner le meilleur de moi-même et faire en sorte que les gens apprécient mon football.», explique-t-il.
«Beaucoup de gens m’associent aux blessures»
L’attaquant ne cherche pas à fuir les difficultés qui ont marqué les dernières années. Il sait que son nom reste souvent associé à ses blessures plutôt qu’à ses performances. «Beaucoup de gens m’associent aux blessures. J’en ai souffert pendant de nombreuses saisons. C’est la vie, et je l’accepte. Je fais tout mon possible pour être en forme sur le terrain. Je reste concentré sur le football. J’accepte tout cela et je continue de progresser. Je continue de travailler pour atteindre mes objectifs», souligne-t-il. Fati se souvient notamment de la difficulté d’enchaîner les retours et les nouvelles absences. «Ça a été bien pour moi, très bien même. Il m’est arrivé beaucoup de choses que les gens ignorent. C’est très difficile de se blesser, d’être absent pendant dix mois, puis de revenir, de bien jouer, et de s’absenter à nouveau pendant trois mois. Ça a été comme ça pendant trois ou quatre ans. J’ai eu beaucoup de blessures. Demandez à n’importe quel joueur qui a eu ne serait-ce qu’une seule blessure et il vous dira que c’est difficile de revenir parce que ça prend du temps. Au final, le corps doit aussi s’adapter à beaucoup de choses. Je suis content de ce qui m’est arrivé, de tout ce que j’ai vécu au club. Je changerais peut-être certaines choses, mais c’est la vie. Je l’accepte. C’est comme ça que ça s’est passé, et c’est bien ainsi. Il faut regarder devant soi.»
La régularité, la clé de son retour au sommet
Pour Ansu Fati, le problème principal de ces dernières années n’était pas son talent, mais son incapacité à enchaîner les matchs. «Je pense avoir bénéficié d’une certaine régularité, ce qui est primordial et ce que je demande toujours. Pouvoir jouer, être disponible pendant presque toute la saison, c’est ce pour quoi je travaille, et si j’y parviens, je pense que tout le reste suivra. Je suis convaincu que si je suis en pleine forme physique, tout le reste suivra.», affirme-t-il. Le constat est clair : «Ces dernières saisons, je n’ai pas pu maintenir cette régularité à cause des blessures et des indisponibilités. C’est ce qui m’a le plus manqué ces dernières années : la régularité et la constance.» Ansu Fati n’a pas abandonné l’idée de porter à nouveau le maillot de la Roja. Pour lui, un retour en sélection passe d’abord par une saison complète avec Monaco. «Oui, pourquoi pas ? C’est aussi mon objectif : continuer à travailler, pouvoir jouer et être disponible pour presque tous les matchs. Si j’y parviens, je pense que je pourrai sans aucun doute atteindre le niveau que je souhaite», explique-t-il.
Fati ne tarit pas d’éloges sur Lamine Yamal
Interrogé sur Lamine Yamal, qu’il a connu à La Masia, Fati assure que l’explosion du jeune Barcelonais ne l’a absolument pas surpris. «Ceux d’entre nous qui ont grandi à La Masia se connaissent. On sait plus ou moins qui a un vrai potentiel, et ça n’a surpris personne. Quand on est vraiment doué dès l’enfance, il est très difficile de ne pas réussir si rien de grave ne nous arrive. Le plus important, c’est qu’ils aient des valeurs, et s’ils grandissent avec ces valeurs, tous les enfants qui sont bons atteindront les sommets et représenteront l’avenir.», a-t-il confié.
Le football français a surpris Ansu Fati
Après avoir découvert la Ligue 1, l’ancien Barcelonais insiste sur l’intensité du championnat français. «Les gens seraient surpris. Si vous regardez les équipes anglaises, elles recrutent presque toujours beaucoup de joueurs français. De nombreux joueurs partent pour des équipes anglaises et espagnoles. C’est un championnat très physique. Tout le monde court, tout le monde est rapide… C’est un championnat difficile. N’importe quel joueur qui y a évolué vous le dira», estime-t-il.
Fati croit toujours au Barça
Même s’il a quitté Barcelone, Ansu Fati continue de suivre attentivement l’évolution de son ancien club. Il estime que les Blaugrana disposent d’une base solide pour les prochaines années. «En football, tout est possible. Il faut des années pour se faire une idée. Pendant deux ou trois ans, une équipe domine l’autre. Le Real Madrid recrute de bons joueurs, avec de nombreux nouveaux venus, et je pense que le championnat s’annonce passionnant. Mourinho est également de retour au Real Madrid, ce qui promet une compétition intense. Le Real Madrid a soif de revanche, car le Barça a toujours été vainqueur. On verra bien, mais le Barça est en train de construire une excellente équipe, et beaucoup de joueurs se connaissent depuis longtemps. C’est un atout précieux pour bâtir une grande équipe.», a-t-il commenté.
Falcao et James, des légendes de Monaco
À Monaco, Fati évolue dans un club qui a vu passer certaines des plus grandes stars du football mondial. Il cite notamment Radamel Falcao et James Rodriguez. «Falcao est une légende ici, et James a lui aussi réalisé de belles saisons. Je me souviens avoir rencontré Falcao une fois à Madrid et une autre fois ici. Il est venu visiter le club un jour, nous avons discuté, et c’est quelqu’un de très sympathique. Ce sont tous deux des légendes ici. Il y a des photos d’eux partout au centre d’entraînement», raconte-t-il.
Messi, Mbappé, Rodri… et Lamine Yamal pour le Ballon d’Or
Ansu Fati a également été invité à donner son avis sur les candidats au Ballon d’Or. L’attaquant espagnol reconnaît la difficulté de faire un choix. «En tant qu’attaquant, je dirai toujours attaquant, mais je pense que Rodri a fait une excellente Coupe du Monde. Messi aussi, battant des records de buts et de passes décisives. Et Mbappé a également réalisé une Coupe du Monde incroyable, terminant meilleur buteur. Cette année est difficile, très difficile. Lamine est aussi en lice. C’est un champion, alors on verra.», a-t-il révélé.
«Le football a transformé ma vie»
Au moment d’évoquer ce que le football lui a apporté, Ansu Fati dépasse largement la question de l’argent ou des trophées. «Pour être honnête, le football a transformé ma vie financièrement, et celle de ma famille aussi. Le football a toujours été ma passion. Quand on est enfant, on ne pense pas à l’argent, mais pour moi, jouer au football, c’est ma vie. Ça me remplit de joie. Je peux rendre des millions de personnes heureuses. Quand on marque un but, on voit les visages des gens. Certains pleurent, d’autres souffrent, et c’est ça qui fait la beauté du football. Il faut consacrer du temps aux supporters, car sans eux, je crois qu’on ne serait rien. Le plus beau dans le football, c’est que c’est passionnant et qu’on peut apporter de la joie à des millions de personnes.», a-t-il conclu


