À travers son documentaire Netflix, José Mourinho revient sans détour sur plusieurs épisodes marquants de sa carrière. Le technicien portugais évoque notamment son conflit avec Eva Carneiro à Chelsea, mais aussi une révélation majeure concernant Manchester United et Sir Alex Ferguson.
Lors de son deuxième passage à Chelsea, Mourinho avait été au cœur d’une polémique avec Eva Carneiro après une intervention médicale lors d’un match contre Swansea en 2015. Plusieurs années plus tard, il assume encore sa position. «Pour moi, une femme médecin est l’égal d’un homme médecin, alors, comme toujours, je n’hésite pas à employer les mots justes quand je ne suis pas satisfait. Il arrive que des mots me viennent à l’esprit sous le coup de la tension, quand tout va très fort. Normalement, les gens qui baignent dans la culture du football, qui ont le football dans le sang, qui ont un passé footballistique, maîtrisent leurs émotions instantanément. Mais là, c’était différent», explique-t-il.
Mourinho affirme également qu’il était convaincu qu’Eden Hazard ne nécessitait pas de soins. «Je ne suis pas médecin, mais je peux voir si un joueur est blessé ou non. Je savais qu’il n’était pas blessé, mais les médecins sont entrés sur le terrain et, à ce moment-là, nous n’étions plus que neuf», assure-t-il.
Mourinho avait accepté Manchester United
L’une des révélations les plus surprenantes concerne toutefois Manchester United. Mourinho affirme avoir été choisi en 2013 pour succéder à Sir Alex Ferguson, avant de finalement privilégier Chelsea. «Je suis allé à Chelsea en 2013, mais à cette époque, il y a quelque chose que personne ne savait. Je pense pouvoir le dire car je ne blesserai personne en disant la vérité, et je crois que l’objectif de ce travail que nous allons accomplir est de rétablir la vérité. Lorsque j’ai quitté le Real Madrid, j’ai signé à Manchester United pour succéder à Sir Alex», révèle le Portugais. Il reconnaît avoir été séduit par la perspective de prendre les commandes des Red Devils. «J’étais évidemment très flatté, car Manchester United exerçait une attraction incroyable. Quand je dis que le Real Madrid est le plus grand club du monde, je dois admettre que Manchester United s’en approche de très près, mais l’amour du football est une chose, et l’amour d’un club en est une autre, et je pense que ce dernier est plus fort que l’amour du football», révèle Mourinho.
Mais son attachement à Chelsea a finalement fait la différence. «Après le Real Madrid, j’avais besoin de me sentir aimé. Pour moi, rater l’opportunité de succéder à Sir Alex Ferguson a été un coup dur, mais je ne le regrette pas, car c’était une décision prise avec le cœur. Et je pense qu’il est naturel de dire que lorsqu’on agit par amour, on ne fait jamais d’erreur. C’est dans la nature. Je l’ai fait par amour», raconte-t-il. Une version confirmée par Ferguson : «Ils lui ont proposé le poste, oui. Je me suis entretenu avec lui et lui ai expliqué la situation. Pour moi, il avait accepté, et puis, quelques heures plus tard, tout a basculé. En début de soirée, il m’a appelé en pleurs. Il m’a dit : “Alex, je ne peux pas accepter. J’ai donné ma parole à Chelsea et je ne la trahirai pas.”»
Une nouvelle pique envers Guardiola
Toujours aussi ambitieux, Mourinho a également profité du documentaire pour critiquer le concept d’année sabbatique, une référence qui semble viser notamment Pep Guardiola. «Certains ont besoin d’une année sabbatique, ce que je déteste. Je déteste cette expression. Pour moi, année sabbatique rime avec faiblesse. Ne me parlez pas d’année sabbatique», lance-t-il. Le Portugais assure qu’il n’est pas prêt à ralentir. «Je n’ai jamais besoin de pause. Je me reposerai quand le ciel me le permettra. Je dirais que je travaillerai encore dix ans, peut-être même plus. C’est passionnant. Ça l’a toujours été et ça le sera toujours. Je veux gagner d’autres titres. Je veux remporter de nouveaux titres. Je veux conserver mes titres. Je veux le faire dans des endroits où je n’ai jamais mis les pieds.» À 63 ans, Mourinho reste donc animé par la même ambition : continuer à entraîner et à gagner. «Mon univers, c’est de me promener dans un stade de football avec 50 000 ou 90 000 supporters. J’en ai même vu 100 000. C’est ça, mon monde. Sans le football, rien ne me complète, mais ce n’est pas une obsession. Je ne le ressens pas comme une obsession. C’est juste que, lorsqu’on atteint un certain niveau, on a envie d’y rester pour toujours», conclut-il. Le message est clair : José Mourinho n’entend pas encore tourner la page du football.


