Après 14 années à la tête de l’équipe de France, Didier Deschamps a définitivement quitté son poste après la Coupe du monde 2026. Sacré champion du monde en 2018 et finaliste en 2022, le technicien français laisse derrière lui un bilan exceptionnel. Pourtant, son aventure avec les Bleus aurait pu s’arrêter bien plus tôt.
Nommé sélectionneur en 2012 après son départ de l’OM, Deschamps a rapidement dû reconstruire une équipe marquée par le fiasco du Mondial 2010. Et quelques mois seulement après son arrivée, un match aurait pu bouleverser toute son histoire avec les Bleus : le barrage retour contre l’Ukraine pour la qualification à la Coupe du monde 2014.
«Ça aurait pu être mon dernier match»
Dans un entretien accordé à GQ, Didier Deschamps a reconnu que cette rencontre avait représenté un véritable tournant. «Quelle différence faites-vous entre un club et une sélection, puisque vous avez dirigé les deux ? Ce n’est pas du tout le même métier. C’est un rythme totalement différent. Franchement, c’est très agréable de diriger une sélection, ça permet d’avoir une vie à côté. Il y a toujours des exigences, mais elles sont différentes. Et tout peut s’arrêter très vite. Quand on joue contre l’Ukraine, pour aller à la Coupe du monde 2014, ça aurait pu être mon dernier match. La longévité et l’expérience me permettent aujourd’hui de ne pas perdre de l’énergie sur des choses qui n’en valent pas la peine. Au début, il a fallu que je m’adapte, car c’est d’une telle intensité… Ça demande beaucoup de travail en amont et, heureusement, je ne suis pas seul pour gérer tout ça. Numériquement, nous sommes beaucoup moins que certaines autres équipes nationales, mais j’ai toujours préféré la compétence à la quantité», confiait-t-il en juin dernier.
Un poste particulièrement usant
Après 14 années au plus haut niveau international, Deschamps a également expliqué pourquoi le métier de sélectionneur pouvait être éprouvant, malgré un rythme moins intense qu’en club. «D’un point de vue plus personnel, en quoi le quotidien d’un sélectionneur est différent de celui d’un entraîneur ? La fonction de sélectionneur m’a permis d’être au contact du très très haut niveau, ce qui est un besoin pour moi, et d’avoir parallèlement une vraie vie privée. Quand on est entraîneur de club, c’est comme si on était en permanence dans le tambour d’une machine à laver. Je me suis vu en photo lorsque j’étais coach de club : la différence entre le début et à la fin d’une saison ! Rien à voir. Même un entraîneur qui gagne change beaucoup. La fatigue est énorme, on est confronté aux médias tous les jours. On se retrouve face à une actualité parfois autre que sportive, des questions politiques, et autres… C’est ça qui est usant», a-t-il expliqué.








