- avril 2, 2026
- Par Olive Idohou
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Italie : après le président, Gianluigi Buffon claque la porte
Deux jours après l’élimination de l’Italie face à la Bosnie-Herzégovine en barrage du Mondial 2026, les démissions s’enchaînent dans le rang des dirigeants de la Squadra Azzurra. Ce jeudi 2 avril, le président de la fédération FIGC, Gabriele Gravina, a annoncé sa démission, rapidement suivi par Gianluigi Buffon, chef de délégation de la Nazionale depuis 2023.
L’Italie ne disputera pas la Coupe du monde 2026. Battue par la Bosnie-Herzégovine en finale des barrages (1-1, 1 tab à 4), mardi 31 mars, la Nazionale enchaîne une troisième absence consécutive au Mondial. Pourtant, la Squadra Azzurra avait ouvert le score par Moïse Kean et semblait maîtriser la rencontre. Mais le carton rouge d’Alessandro Bastoni a changé la donne, permettant aux Bosniaques de revenir avant de s’imposer aux tirs au but.
Une élimination qui plonge qui suscite de vives réactions
Dans les heures qui ont suivi, la colère a éclaté. Sur les réseaux sociaux, les messages se sont multipliés : «Démissionnez, démissionnez tous !», «Ne prenez même pas l’avion pour rentrer en Italie», ou encore «Mais contre qui aurait-il fallu jouer cette fois-ci ? Contre Mickey et Donald ?». Dans les rues de Rome comme dans les bars, l’incompréhension domine. «Ça suffit», tranche un supporter, quand d’autres préfèrent se murer dans le silence. Ce nouvel échec, après ceux de 2018 et 2022, est vécu comme un véritable drame national. La presse italienne n’a pas épargné l’équipe. «Pas d’excuses», écrit Ivan Zazzaroni, tandis que la Gazzetta évoque une «Apocalypse… continue». De son côté, Tuttosport tranche : «Maintenant, tout le monde doit être renvoyé ! Un échec total. Un désastre.»
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Gravina jette l’éponge !
Sous pression, Gabriele Gravina a annoncé sa démission ce jeudi, lors d’une réunion extraordinaire de la FIGC. En poste depuis 2018 et entamant un troisième mandat depuis février 2025, le dirigeant de 72 ans paie l’échec sportif. L’Italie, championne d’Europe en 2021 sous sa présidence, a depuis manqué deux Coupes du monde (2022, 2026) et été éliminée dès les huitièmes de finale de l’Euro 2024.
«Une réunion entre le président Gabriele Gravina et les présidents des composantes fédérales s’est tenue aujourd’hui au siège de la FIGC à Rome. En ouverture de la séance, M. Gravina a informé les plus hauts représentants de la Ligue de football de Serie A, Ezio Maria Simonelli, de la Ligue B, Paolo Bedin, de la Ligue Pro, Matteo Marani, de la Ligue nationale amateur, Giancarlo Abete, de l’Association italienne des footballeurs Umberto Calcagno et de l’Association italienne des entraîneurs de football Renzo Ulivieri, qu’il avait démissionné de la fonction qui lui avait été confiée en février 2025 et qu’il avait pris les dispositions nécessaires pour convoquer l’Assemblée extraordinaire élective de la FIGC le 22 juin prochain à Rome. La date a été fixée dans le plein respect des statuts fédéraux et afin de garantir à la nouvelle direction l’achèvement de la procédure d’inscription aux prochains championnats professionnels. Au cours de la réunion, M. Gravina a également remercié les membres d’avoir renouvelé, en public comme en privé, leur soutien et leur solidarité à son égard, et a informé les présidents qu’il s’était volontiers rendu disponible pour intervenir lors d’une audition le 8 avril prochain (à 11 heures) devant la VIIe Commission de la culture, des sciences et de l’éducation de la Chambre des députés afin de faire le point sur la santé du football italien. C’est à cette occasion que le président Gravina présentera, de la manière la plus complète et exhaustive possible, un rapport sur les forces et les faiblesses du mouvement, en abordant également certains des thèmes déjà évoqués lors de la conférence de presse qui s’est tenue après le match de l’équipe nationale disputé à Zenica mardi 31 mars dernier. À cet égard, Gravina a déclaré regretter l’interprétation de ses propos sur la différence entre le sport amateur et le sport professionnel, qui ne visaient absolument pas à offenser une discipline sportive quelconque, mais faisaient plutôt référence aux différentes réglementations internes (par exemple, la présence au sein de la gouvernance de certaines fédérations de ligues dotées d’une autonomie relative) et externes (en référence expresse à la nature sociétaire des clubs de football professionnels qui doivent se soumettre à une législation nationale et internationale différente de celle des clubs amateurs)», peut-on lire dans le communiqué relayé par la Gazzetta dello Sport.
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Gianluigi Buffon, dans le rang
Quelques heures plus tard, Gianluigi Buffon a lui aussi quitté ses fonctions de chef de délégation de l’équipe nationale. Nommé en 2023, l’ancien gardien du PSG a officialisé sa décision sur ses réseaux sociaux, dans un message chargé d’émotion. «Démissionner une minute après la fin du match contre la Bosnie était un acte urgent, une décision prise du plus profond de moi-même. Aussi spontané que les larmes et la douleur que je partage avec vous tous. On m’a demandé d’attendre pour laisser à chacun le temps de réfléchir. Maintenant que le président Gravina a choisi de se retirer, je me sens libre d’agir selon ma responsabilité, car, malgré ma conviction sincère d’avoir bâti un formidable esprit d’équipe avec Rino Gattuso et tous mes collaborateurs, dans le très court laps de temps imparti à l’équipe nationale, l’objectif principal était de qualifier l’Italie pour la Coupe du Monde. Et nous n’y sommes pas parvenus. Il est juste de laisser à mes successeurs la liberté de choisir la personne qu’ils jugent la plus apte à me remplacer. Représenter l’équipe nationale est un honneur et une passion qui m’anime depuis l’enfance. J’ai tenté d’interpréter mon rôle en m’y investissant pleinement, en examinant chaque secteur afin de créer un lien, un espace de dialogue et de synergie entre les différentes équipes de jeunes. Mon objectif était de structurer, avec les différents responsables, un projet qui débute chez les plus jeunes et s’étend jusqu’à l’équipe nationale U21. Tout cela pour repenser la manière dont nous formons les talents de la future équipe nationale A. J’ai demandé et obtenu l’intégration de quelques personnalités clés, très expérimentées, qui, aux côtés des compétences déjà présentes, mettent en œuvre ces changements nécessaires dans une perspective à moyen et long terme. En effet, je crois en la méritocratie et la spécialisation des tâches. Il appartiendra aux responsables de juger de la pertinence de ces choix. Je garde en mémoire tout cela, avec gratitude pour le privilège et les enseignements que cette expérience intense, même dans son épilogue parfois douloureux, m’a apportés.» a-t-il écrit sur son compte X.
Quid de Gennaro Gattuso ?
Dans cette crise, le sélectionneur Gennaro Gattuso apparaît lui aussi fragilisé. Arrivé récemment, il ne devrait pas être maintenu à son poste. Entre colère populaire, départs en cascade et incertitudes sportives, le football italien s’enfonce un peu plus dans la tourmente. Une reconstruction profonde s’impose désormais pour une Nazionale en quête de renouveau.