- avril 26, 2026
- Par Gontrand Dagbeto
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Le témoignage bouleversant de Cavani
Longtemps taboue, la santé mentale s’impose aujourd’hui comme un sujet central dans le monde du sport. Derrière les performances et les trophées, les champions révèlent peu à peu leurs fragilités. Edinson Cavani, ancien buteur du Paris Saint-Germain et désormais à Boca Juniors, a livré un témoignage poignant sur ses années de thérapie et les séquelles laissées par un traumatisme bien connu : la remontada de 2017.
Dans un entretien accordé à Relevo, l’Uruguayen se confie sans détour sur son parcours intérieur. Il évoque une éducation marquée par la retenue émotionnelle : «Je suis en thérapie depuis de nombreuses années. Nous avons grandi dans une génération avec des parents qui vous disent de ne pas pleurer, que vous ne pouvez pas vous détendre ou exprimer vos émotions. Comme vous ne pouvez pas montrer de faiblesse, vous êtes élevé avec une coquille qui vous fait penser que vous êtes plus fort que tout le monde. Il y a des gens très forts, mais à la fin ils finissent par tomber. Tu n’es pas un super-héros, celui qui peut tout gérer, aider la famille, marquer tous les dimanches…»
Le mythe du champion détruit
Cavani ne se contente pas de partager sa souffrance : il déconstruit le mythe du footballeur invincible. «C’est un mensonge de se battre pour être toujours le meilleur. Il y aura toujours quelqu’un au-dessus de vous, qui a ou en sait plus que vous, qui est plus beau que vous, etc», ajoute-t-il. Pour l’attaquant uruguayen, la thérapie est devenue essentielle, et il révèle qu’elle a commencé après un traumatisme footballistique majeur : la fameuse remontada du Camp Nou.
En 2017, le Paris SG, victorieux 4-0 au Parc des Princes lors du match aller des huitièmes de finale, s’effondre au retour contre le FC Barcelone (défaite 6-1). Cavani raconte l’impact psychologique immédiat : «Cela m’a beaucoup touché et il y a des choses qui te surchargent. En cinq minutes, tout ce que nous faisions a changé. C’est un si gros coup, que vous ne pouvez pas contrôler et que, bien que ce soit du football, il touche d’autres parties de votre personne, avec des symptômes d’anxiété, des sueurs froides, j’ai eu le vertige en m’endormant et j’avais déjà peur de m’endormir … Je me suis demandé : ‘Est-ce que j’ai un problème dans la tête ?’. Je suis allé voir le médecin du PSG, que j’adore, et il m’a dit : « Ce qui t’arrive, arrive à beaucoup de gens dans différents domaines. » J’ai compris qu’il n’était pas un super-héros»