- juin 11, 2026
- Par 7buts
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Mondial 2026 : les anecdotes fortes d’Ochoa sur Messi, Cristiano et Lewandowski
La Coupe du monde 2026, qui débute ce jeudi, s’annonce déjà historique. Entre records, symboles et adieux annoncés, un nom revient avec insistance : celui de Guillermo Ochoa. À près de 41 ans, le gardien mexicain s’apprête à disputer sa sixième Coupe du monde, rejoignant ainsi Lionel Messi et Cristiano Ronaldo dans un cercle extrêmement fermé. Un ultime défi qu’il aborde avec lucidité, émotion et une immense fierté.
«La Coupe du Monde sera la fin de tout»
Dans une interview accordée à Onze Mondial, le portier mexicain n’a pas cherché à masquer l’évidence : ce Mondial sera très probablement le dernier chapitre de sa carrière. «Je vais très bien. J’ai envie de commencer pour entamer la dernière étape de ma carrière. La Coupe du Monde sera la fin de tout. Je suis prêt pour ça. J’ai passé beaucoup d’années dans le football, je ne regrette rien dans ma carrière. J’ai beaucoup profité de chaque année et de chaque expérience. Je repars avec plein d’amis, de coéquipiers et d’expériences dans différents pays. Je suis content d’avoir vécu tout ça», a-t-il confié.
Avant d’ajouter sur cette Coupe du monde 2026 et son rôle à presque 41 ans : «Chaque Coupe du Monde est particulière, spéciale. Ce n’est pas la même chose que la première en 2006. Imagine, ça fait longtemps ! À l’époque, je savais que j’étais là pour prendre de l’expérience, pas pour être le numéro 1 ou pour jouer. Pour les suivantes, j’étais dans la concurrence pour disputer les matchs et être toujours au bon niveau. Maintenant, à presque 41 ans, c’est différent. Tu sais que les jeunes arrivent et qu’ils poussent pour jouer, c’est naturel. Mais à ce moment-là, avec mon expérience, je dois être prêt pour être numéro 1. J’aime la compétition. Mais je dois également être prêt à être numéro 1, 2 ou 3, cela dépend du coach. Mais j’ai plein de choses à apporter à mes coéquipiers, sur le terrain comme en dehors. Les deux aspects sont importants.».
Six Coupes du monde : un honneur plus qu’un record
Ochoa s’apprête à entrer dans l’histoire aux côtés de Messi et Cristiano Ronaldo, en devenant l’un des rares joueurs à disputer six phases finales de Coupe du monde. Mais le Mexicain refuse toute comparaison directe : «À 100 %, c’est un honneur. Je ne me compare pas avec eux. C’est totalement différent : ce sont des attaquants, des phénomènes qui ont joué toutes les Coupes du Monde et marqué des buts. Moi, je suis gardien, mon rôle est d’arrêter les buts. Mais dans l’histoire de la Coupe du Monde, voir mon nom sur la même ligne que Messi et Cristiano avec six phases finales, ce sera un immense honneur.», a-t-il expliqué.
Le long chemin jusqu’à 2026
Depuis l’annonce du Mondial 2026 organisé en Amérique du Nord, Ochoa n’avait pas forcément planifié une telle longévité. C’est surtout après le Qatar 2022 que tout s’est décidé. «Après 2018, je m’étais juste dit que j’allais continuer à jouer, faire une autre Coupe du Monde (en 2022) et voir ce qui se passerait. C’est vraiment après la Coupe du Monde au Qatar que j’ai pris cette décision. Le Mondial ayant été décalé de six mois, j’ai fini mon contrat avec le Club América au Mexique et je me suis retrouvé libre. À ce moment-là, j’ai reçu une offre de Serie A en Italie. J’ai signé pour 6 mois plus 1 an et demi. C’est là que je me suis dit : « Ok, on a déjà gagné un an et demi, je ne suis plus très loin de la prochaine Coupe du Monde ». Je me sentais bien, ma tête suivait pour la compétition. Je ne suis pas du genre à m’arrêter en disant que je suis blessé ou qu’il faut gérer. Je suis toujours à 100 %. Je savais que ce ne serait pas facile, car personne n’a fait six Coupes du Monde, mais je croyais en mes capacités. C’est à partir de là que j’ai décidé de continuer jusqu’en 2026.», a-t-il révélé.
Les sacrifices d’une fin de carrière en solitaire
Derrière le mythe du gardien infatigable se cache une réalité plus dure. «Ces deux années et demie après le Qatar ont été les plus difficiles de ma carrière, car il a fallu déménager tout le temps et j’étais tout seul. Ce sont des sacrifices personnels. C’est difficile parce que la première chose que les clubs regardent, c’est ton âge, pas tes performances. Pour moi, ce n’était pas une question d’argent, je voulais juste jouer pour aller au bout de ce rêve. Il fallait trouver quelqu’un qui me donne sa confiance. Après l’Italie, j’ai fait une bonne année et demie, et après j’ai passé un an au Portugal (avec l’AVS Futebol). Mais j’ai vu des situations qui ne m’ont pas plu, alors j’ai préféré attendre pour trouver un autre club. De plus, pendant ces quatre dernières années, ma femme et mes trois enfants sont restés à Madrid, en Espagne, et moi j’étais seul. C’était très dur. Tu les vois grandir de loin, tu rates des moments à l’école… Heureusement, j’ai une femme formidable qui m’a énormément soutenu en me disant : « On est avec toi, vas-y à 100 % et ne pense pas à nous ».», a-t-il admis.
Des souvenirs gravés à jamais
Au fil des années, Ochoa a marqué les Mondiaux par des performances devenues légendaires. En 2018, face à l’Allemagne, championne du monde en titre, il réalise l’un de ses plus grands matchs. «Oui. Ce n’était pas un match facile à gérer. Quand tu vois au tirage au sort que tu tombes contre l’Allemagne, championne du monde en titre, tu te dis que ça va être très compliqué. Tu espères faire un bon match et gratter un point, c’est la réalité face à une telle équipe. Mais notre sélectionneur, Juan Carlos Osorio, a été un maître tactiquement. Pendant la préparation, il a parlé à Carlos Vela (l’ancien attaquant d’Arsenal). Il lui a dit : « Carlos, tu vas rester tout le match à côté de Toni Kroos. Si on coupe les ballons qui passent par lui, on a une grande possibilité de gagner ». Osorio était quelqu’un qui croyait beaucoup en nous et nous poussait vers l’avant. On n’avait pas la possession, on a joué en défense et en contre-attaque. Mais Toni Kroos n’a pas pu prendre beaucoup le ballon, ce qui a bloqué la création allemande. On a réussi le contre parfait pour marquer le 1-0. Après, il a fallu tenir, couper les actions. Je me souviens notamment d’un arrêt sur un coup franc de Toni Kroos où je la touche de la main pour la sortir de la lucarne. C’est un très beau souvenir d’avoir battu les champions du monde.»
Autre moment fort : le penalty arrêté face à Robert Lewandowski en 2022. «Le souvenir du Qatar est magnifique. Contrairement au match de 2014 qui était plein de Brésiliens, le stade contre la Pologne était rempli de Mexicains. C’était un match fermé (0-0) et le penalty arrive. J’en ai encore les frissons : quand j’arrête le penalty de Lewandowski, tout le stade a explosé comme si j’avais marqué un but. Je n’avais jamais vu une telle ambiance dans ma carrière.», a-t-il raconté.
Une carrière entre douleurs et résilience
Ochoa revient aussi sur les moments difficiles, notamment le Mondial 2010, où il perd sa place malgré un rôle majeur en sélection. «Oui, la Coupe du Monde 2010 a été un coup très dur. C’est moi qui avais joué tous les matchs de la Gold Cup qu’on avait gagnée, ainsi que tous les matchs de qualification pour le Mondial. Et au dernier moment, le nouveau coach Javier Aguirre a décidé de changer de gardien. Tu ne peux rien faire, c’est le choix de l’entraîneur. Mentalement, c’était difficile à digérer, mais cela m’a donné la force pour continuer. Je me suis promis de prouver que c’était moi qui devais être le numéro 1. J’ai beaucoup appris.», a-t-il conclu.