Près de onze ans après son arrivée retentissante à Manchester United, Ángel Di María garde encore un souvenir amer de son passage en Angleterre. Dans une longue interview accordée à la BBC, l’ancien international argentin est revenu sur cette période difficile de sa carrière, marquée par une relation compliquée avec Louis van Gaal, un cambriolage traumatisant et une adaptation très difficile à la vie mancunienne.
Arrivé à l’été 2014 en provenance du Real Madrid pour près de 70 millions d’euros, Di Maria débarquait à Old Trafford avec le statut de superstar. Quelques mois auparavant, il avait été l’un des grands artisans de la victoire madrilène en Ligue des champions et de la fameuse «Decima». Ses débuts avec les Red Devils étaient d’ailleurs prometteurs avec trois buts et quatre passes décisives lors de ses six premières rencontres. Mais rapidement, son aventure anglaise a pris une autre tournure.
La relation compliquée avec Louis van Gaal
Pour Angel Di Maria, le principal problème est venu de sa relation avec son entraîneur Louis van Gaal. L’Argentin estime que le technicien néerlandais a progressivement détruit sa confiance. «Les choses avaient pourtant bien commencé. Tout se passait à merveille. Puis, j’ai commencé à avoir des problèmes avec Van Gaal et, à partir de là, tout s’est effondré. Soudain, nous avons enchaîné des réunions interminables sur tout ce que je faisais mal sur le terrain. Il ne me montrait jamais mes points forts, seulement mes points faibles, et ce, sans cesse. J’ai fini par en avoir assez», a confié Di Maria.
Le cambriolage qui a tout changé
Au-delà du terrain, Di Maria explique également avoir souffert de son environnement et des difficultés rencontrées par sa famille. Le climat, l’isolement et surtout le cambriolage de son domicile ont marqué un tournant. «La vie là-bas était très différente. Il faisait nuit très tôt et le froid commençait à s’installer. Tout empirait. Il y a aussi eu le cambriolage chez moi. Quand tout cela arrive, quand on ne joue pas, quand les choses ne vont pas bien, quand on a des problèmes au sein du club, ça finit par vous affecter profondément. C’est ce qui m’a fait détester cet endroit», a-t-il expliqué.
Le traumatisme du cambriolage a constitué un tournant dans son expérience mancunienne. Di María compare même cette situation à celle qu’il a connue plus tard en France : «J’ai aussi été victime d’un vol à Paris, et pourtant j’y suis restée deux ou trois ans de plus car la vie y était agréable. À Manchester, tout s’est compliqué. Je voulais privilégier ma famille, et c’est pourquoi je suis partie.», a-t-il rappelé.
Un départ assumé vers le PSG
Après seulement une saison, Di Maria quitte Manchester United pour rejoindre le Paris Saint-Germain. Aujourd’hui encore, il estime que cette décision était la meilleure pour lui et ses proches. L’Argentin est également revenu sur les critiques formulées à l’époque par Louis van Gaal concernant son absence lors de la préparation estivale. «Il [Louis van Gaal] a dit que je ne m’étais jamais présenté [à la préparation d’avant-saison], mais j’avais déjà annoncé mon intention de partir et que je ne rejoindrais pas le club. Je suis resté à Rosario jusqu’à ce qu’une décision soit prise. Quand on est malheureux, que sa famille l’est aussi, qu’on est cambriolé, qu’on a des désaccords avec l’entraîneur et que les choses vont mal, il est très difficile de dire que j’ai adoré mon passage à Manchester. C’est la réalité», a-t-il insisté.
Une admiration intacte pour Manchester United
Malgré l’amertume qui ressort de son témoignage, Di Maria refuse de tout jeter de son expérience anglaise. Il conserve notamment une profonde admiration pour le club, ses supporters et les personnes qui l’ont accompagné au quotidien. «Mais concernant la Premier League, l’ambiance, la vie au club, honnêtement, j’ai eu un très bon pressentiment car il y avait des gens formidables au club qui m’ont toujours bien traité, qui m’ont toujours soutenu et aidé pour tout. Je leur suis donc reconnaissant. C’était une décision que je voulais prendre. Je voulais aller à United. Le football, les stades, l’ambiance, l’affection des supporters, je ne regrette rien. Y aller était incroyable. Je jouais à Manchester United sur PlayStation. Je jouais avec [Wayne] Rooney et, soudain, il était à côté de moi. Bien sûr, je savais que le numéro 7 était le maillot le plus important à Manchester United. Mais pour moi, ce n’était qu’un numéro, comme le 22 que je portais à Madrid», a-t-il conclu.


