La polémique autour du projet de Gianni Infantino de faire entrer des investisseurs privés dans le capital commercial des compétitions de la FIFA prend une nouvelle ampleur. Cette fois, c’est Sepp Blatter, ancien président de l’instance mondiale, qui est sorti du silence pour dénoncer avec virulence l’initiative de son successeur.
Révélé par The Times et The Telegraph, le projet prévoit la création d’une nouvelle société chargée de gérer les droits commerciaux de la Coupe du monde, de la Coupe du monde féminine et de la Coupe du monde des clubs. Entre 20 et 30 % du capital de cette structure seraient cédés à des investisseurs privés, dans une opération estimée à environ 17,3 milliards d’euros.
Selon plusieurs informations, Gianni Infantino pourrait occuper un rôle proche de celui de commissaire au sein de cette nouvelle société après la fin de son mandat à la tête de la FIFA, si sa réélection en 2027 est confirmée.
Une perspective qui suscite de nombreuses critiques, à commencer par Sepp Blatter.
L’ancien dirigeant suisse estime que cette stratégie met en péril les valeurs fondamentales du football. «La relation étroite entre le président de la FIFA et le président des États-Unis a atteint une dimension financière qui nuit gravement au football. Personne n’a le droit de vendre notre sport», a-t-il déclaré, selon Foot Mercato, en faisant référence aux liens présumés entre Gianni Infantino et des investisseurs proches de l’entourage de Donald Trump.
Cette prise de position intervient alors que les oppositions au projet se multiplient. Quelques heures plus tôt, l’UEFA avait déjà condamné cette initiative dans un communiqué, estimant que «l’esprit du football et sa gouvernance ne sont pas des actifs à vendre».
Au sein du monde du football, plusieurs responsables redoutent que l’arrivée d’actionnaires privés ne transforme durablement la gouvernance des compétitions de la FIFA. Certains craignent notamment une augmentation de la fréquence de la Coupe du monde, un nouvel élargissement du nombre de participants ou encore des décisions davantage guidées par des intérêts commerciaux que sportifs.
Par ailleurs, l’éventualité de voir Gianni Infantino prendre les commandes de cette future structure après son mandat alimente les accusations de conflit d’intérêts. À mesure que les critiques s’intensifient, la pression ne cesse de monter sur la FIFA, dont le projet continue de diviser les principales instances du football mondial.


