Le départ de Didier Deschamps de l’équipe de France continue de faire parler. Alors que Zinédine Zidane a officiellement été intronisé comme nouveau sélectionneur des Bleus, les coulisses de la fin de mandat de son prédécesseur révèlent un climat particulièrement tendu entre le technicien français et la Fédération française de football (FFF).
Après quatorze années à la tête de la sélection, Didier Deschamps a quitté son poste à l’issue de la Coupe du Monde 2026. Malgré un parcours exceptionnel marqué par un titre mondial en 2018 et une finale en 2022, son aventure s’est terminée dans un contexte compliqué après l’élimination en demi-finale face à l’Espagne.
Dans l’ouvrage «Des étoiles dans les yeux», consacré au parcours des Bleus durant ce Mondial 2026, les journalistes François Vignolle, Loïc Tanzi et Philippe Sanfourche reviennent sur les derniers mois du règne de Deschamps et notamment sur ses relations avec la FFF. Interrogé par Paris Match, François Vignolle a évoqué un véritable malaise entre le sélectionneur et l’instance dirigeante, qui semblait déjà préparer la succession avec Zinédine Zidane.
Deschamps aurait eu le sentiment d’être lâché par la FFF
Selon François Vignolle, l’annonce du départ de Didier Deschamps en janvier 2025 avait notamment permis de calmer les tensions autour de sa succession. «Quand Didier Deschamps annonce qu’il va quitter les Bleus après la Coupe du Monde 2026, il prend tout le monde de surprise. Nous sommes le 6 janvier 2025, il accompagne Brigitte Macron sur le plateau de TF1 pour la campagne des pièces jaunes. Philippe Diallo nous le dit de manière un peu détournée. Il a été surpris par cette déclaration», explique le journaliste. Il poursuit : «Mais Didier Deschamps se soulage, soulage aussi sa fédération en disant : “Ça y est, je m’en vais”. Et en fait, il sait qu’il va éteindre toutes les polémiques sur qui va le remplacer et qui pourrait parasiter la fin de son mandat et surtout la préparation de son équipe».
Pour François Vignolle, cette décision aurait également facilité la transition vers Zinédine Zidane, dont le nom circulait depuis plusieurs années pour reprendre les commandes des Bleus. «Donc là-dessus, je pense qu’il part un peu plus léger et surtout il enlève une écharde du pied de Diallo sur sa communication. C’est quand même beaucoup plus facile pour ce dernier de discuter ensuite avec Zinédine Zidane, qui est le sélectionneur qui est désiré par l’opinion publique.», a-t-il ajouté.
«Il ne se sentira pas soutenu» : le malaise durant le Mondial
Le journaliste estime toutefois que la situation se serait dégradée pendant la Coupe du Monde 2026 aux États-Unis. Didier Deschamps aurait eu le sentiment que la Fédération française était déjà tournée vers son successeur. «Par contre, aux États-Unis, il ne se sentira pas soutenu, il a l’impression que la fédération française est déjà passée à Zinédine Zidane. Il y avait comme un mur de Boston, entre le Four Seasons Hotel et les équipes de Diallo. Didier Deschamps est quelqu’un de très sensible, paradoxalement. Sa déclaration sur M6 : c’était devenu irrespirable, s’appliquait aussi à la FFF», affirme François Vignolle.
Deschamps avait dénoncé un climat «irrespirable»
Après son dernier match à la tête des Bleus face à l’Angleterre (4-6), Didier Deschamps avait lui-même évoqué les difficultés rencontrées lors de sa fin de parcours. Le sélectionneur avait déclaré : «L’équipe de France est au-dessus de tout. Elle ne m’appartient pas. J’ai été à son service en mission pendant quatorze ans. Il n’y a rien qui est au-dessus de ce maillot. J’ai décidé que ça devait s’arrêter. Et si j’ai décidé, ce n’est pas pour moi, je vous le dis sincèrement, c’est pour le bien de l’équipe de France. Je ne l’ai peut-être pas dit, je vais vous le dire en toute honnêteté, ce n’est pas pour moi que j’ai pris cette décision. Parce qu’il y avait un environnement qui était tellement irrespirable par rapport à moi, l’équipe de France ne mérite pas ça»


