Après quatorze années à la tête de l’équipe de France, Didier Deschamps a tourné une page de sa carrière à l’issue de la Coupe du monde 2026. Remplacé par Zinédine Zidane, l’ancien sélectionneur avait assuré avant le tournoi qu’il restait ouvert à toutes les possibilités pour son avenir. Mais un drame familial survenu en pleine compétition pourrait désormais changer ses projets.
Avant le début du Mondial, Didier Deschamps avait clairement indiqué qu’il ne comptait pas mettre un terme à sa carrière d’entraîneur. «L’équipe de France va me manquer, forcément parce qu’elle a fait partie de ma vie pendant 14 ans d’affilée. Mais je vous rassure, je ne pars pas à la retraite. J’aurai une vie, je ferai autre chose. Je n’ai pas pris de décision, ce sera quelque chose de différent mais ce sera bien. D’autant que j’ai aussi un privilège : la liberté de choisir. Je ne m’interdis rien, cela fait partie des différentes options qui peuvent se présenter. Je suis disponible, tout le monde le sait. Je verrai cela après. Maintenant, toute mon énergie est focalisée sur cette Coupe du monde. Des décisions importantes ont été prises pour la liste, d’autres le seront avec la Fédération pour faire en sorte d’être dans les meilleures conditions», avait-il déclaré.
Le décès de sa mère a tout changé
En plein tournoi, Didier Deschamps a toutefois été confronté à une épreuve personnelle particulièrement douloureuse avec le décès de sa mère. Contraint de quitter momentanément le groupe pour assister aux obsèques au Pays basque, le technicien français a vécu des semaines particulièrement éprouvantes. Dans un entretien accordé à Paris Match à l’occasion de la sortie du livre Des étoiles dans les yeux, qu’il a coécrit avec Loïc Tanzi et Philippe Sanfourche, le journaliste François Vignolle estime que cet événement aura forcément un impact sur les décisions de l’ancien sélectionneur. «D’abord, il va souffler un peu. Là il a fêté son anniversaire avec son épouse. Encore une fois, au-delà des États-Unis, il a fait cet aller-retour au Pays basque pour enterrer sa maman. Il y a un trop-plein d’émotion qu’il doit évacuer, il va donc se reposer», explique-t-il.
Selon le journaliste, Didier Deschamps envisageait pourtant de reprendre rapidement un nouveau défi avant ce drame. «Avant les États-Unis, il était plutôt partant pour repartir assez vite. On n’a pas les détails encore, mais on sait qu’il a eu beaucoup de propositions, à la fois de clubs et à la fois de sélections. Le statut de sélectionneur lui a beaucoup plu. Donc, il regarde. La piste de l’Italie, elle n’était pas stupide mais finalement, les Italiens ont fait un autre choix. Là, il est vraiment en période de repos parce qu’encore une fois, être sélectionneur des Bleus c’est exténuant mais je ne pense pas qu’il aura une traversée du désert de Gobi et qu’il va patienter cinq ans comme a pu le faire Zidane. Il est encore fan de foot. Ce n’est pas quelqu’un qui regarde derrière lui», poursuit François Vignolle.
«Il ne se sentait pas soutenu par la FFF»
Le journaliste évoque également une fin de mandat compliquée entre Didier Deschamps et la Fédération française de football, laissant entendre que le technicien s’est senti isolé durant la Coupe du monde. «Je pense qu’il part un peu plus léger et surtout il enlève une écharde du pied de Diallo sur sa communication. C’est quand même beaucoup plus facile pour ce dernier de discuter ensuite avec Zinédine Zidane, qui est le sélectionneur qui est désiré par l’opinion publique. Par contre, aux États-Unis, il ne se sentira pas soutenu, il a l’impression que la fédération française est déjà passée à Zinédine Zidane. Il y avait comme un mur de Boston, entre le Four Seasons Hotel et les équipes de Diallo. Didier Deschamps est quelqu’un de très sensible, paradoxalement. Sa déclaration sur M6 : c’était devenu irrespirable, s’appliquait aussi à la FFF», conclut François Vignolle.


