La position de Gianni Infantino à la tête de la FIFA semble de plus en plus fragilisée. Après l’abandon de son projet controversé visant à ouvrir une partie des actifs commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés, le président de l’instance mondiale du football serait désormais à la recherche d’un soutien politique aux États-Unis afin de préserver son avenir.
Selon plusieurs informations de presse américaines, «le dirigeant helvético-italien aurait entrepris des démarches auprès de l’administration de Donald Trump. Infantino chercherait notamment à échanger avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, alors que les critiques réclamant son départ se multiplient».
D’après des sources citées par le New York Post et le Washington Post, un entretien téléphonique privé entre Gianni Infantino et Marco Rubio était programmé lundi matin. Officiellement, les discussions porteraient sur le rôle du football comme outil d’influence internationale des États-Unis, mais certains observateurs estiment que l’objectif principal serait de défendre la position du président de la FIFA. Le Washington Post rapporte ainsi : «Infantino veut discuter du rôle du football en tant qu’outil du soft power américain avec le secrétaire Rubio, mais le véritable objectif n’est autre que de protéger son poste.» À ce jour, ni la FIFA ni le département d’État américain n’ont souhaité commenter ces informations.
Infantino aurait tenté de joindre Donald Trump
Toujours selon les médias américains, «Gianni Infantino aurait tenté à plusieurs reprises d’entrer en contact avec Donald Trump depuis vendredi dernier, sans obtenir de réponse. Ces démarches seraient intervenues après l’effondrement de son projet de création de FIFA Forward Enterprise (FFE), une nouvelle structure destinée à regrouper les droits commerciaux de la FIFA».
Cette filiale devait notamment centraliser les revenus liés aux droits de diffusion, au sponsoring, aux licences et à la billetterie de la Coupe du monde. Selon les révélations du Washington Post, «la société Thrive Capital, dirigée par Josh Kushner, frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, aurait envisagé d’acquérir 20 % du projet pour un montant supérieur à 4 milliards de dollars. La valorisation globale de cette opération aurait atteint près de 20 milliards de dollars, un chiffre qui a provoqué une vive opposition au sein du football mondial».
Une contestation qui gagne l’intérieur de la FIFA
Révélé initialement par le quotidien britannique The Times, ce projet a déclenché une importante vague de colère parmi plusieurs fédérations nationales. De nombreux dirigeants auraient découvert l’existence de cette opération uniquement par voie médiatique, alimentant un sentiment de défiance envers la direction actuelle. La contestation aurait également gagné les couloirs de la FIFA.
Certains responsables de l’organisation auraient même évoqué une initiative interne baptisée «Project Kill The Monster», visant à mettre fin au mandat de Gianni Infantino. Kevin Lamour, directeur des opérations de la FIFA, a également exprimé son mécontentement. Interrogé par l’agence Associated Press, il a affirmé s’être senti «trompé» par les agissements du président de l’instance, expliquant qu’il n’avait pas été informé des négociations menées en coulisses.
L’UEFA menace de durcir le ton
La crise a pris une nouvelle ampleur après la réaction de l’UEFA. L’instance européenne aurait adopté une position ferme contre la FIFA, allant jusqu’à envisager un boycott des compétitions organisées par l’organisation mondiale, notamment la Coupe du monde 2030 prévue en Espagne, au Portugal et au Maroc. Une telle décision pourrait provoquer une situation historique dans le football international, avec la possibilité de voir certaines grandes nations européennes absentes d’un Mondial. Des stars comme Kylian Mbappé ou Lamine Yamal pourraient alors être concernées. Alors que l’élection présidentielle de la FIFA est prévue le 18 mars 2027, Gianni Infantino se retrouve confronté à l’une des plus grandes crises de son mandat.


