Ancien coéquipier de Cristiano Ronaldo dans les équipes de jeunes du Sporting Portugal, Paulo Sérgio a livré un témoignage riche en souvenirs sur les premières années du quintuple Ballon d’Or. Dans une interview accordée à The Athletic, l’ancien international portugais revient sur la personnalité, le talent et surtout la mentalité exceptionnelle qui caractérisaient déjà CR7 à l’adolescence.
Aujourd’hui âgé de 42 ans, Paulo Sérgio garde une image très forte du jeune Cristiano Ronaldo, même s’il reconnaît que son potentiel n’était pas immédiatement évident lors de son arrivée au centre de formation lisboète. «J’avais 13 ans quand je suis arrivé au Sporting, en provenance d’Oriental, un club plus modeste de Lisbonne. Cristiano y était déjà depuis deux ans, après son arrivée de Madère. Je ne le connaissais pas à mon arrivée. J’étais dans la catégorie d’âge supérieure à la sienne, et il n’avait pas encore commencé à jouer dans la catégorie supérieure», a-t-il raconté.
L’ancien joueur explique que Ronaldo possédait déjà des qualités techniques, mais qu’il n’était pas encore considéré comme le plus grand espoir du centre de formation. «Honnêtement, il ne m’a pas fait forte impression d’emblée. On voyait bien qu’il avait une bonne technique, mais il ne faisait pas partie des joueurs les plus prometteurs du centre de formation. J’appartenais à une génération formidable au Sporting, avec beaucoup de joueurs qui se disputaient les faveurs du public. L’attaque était particulièrement performante. Edgar Marcelino, Fábio Ferreira et moi avons fini par jouer pour le Portugal en équipes de jeunes», a-t-il expliqué.
«Il était l’un des plus jeunes, mais il avait quelque chose de spécial»
Selon Paulo Sérgio, le déclic est arrivé lorsque Cristiano Ronaldo a rejoint son équipe des moins de 15 ans. «Cristiano a rejoint notre équipe des moins de 15 ans en 1998. C’est à ce moment-là qu’il a commencé à révéler son potentiel. Il était l’un des plus jeunes, mais tout le monde voyait bien qu’il avait quelque chose de spécial. Et, tout au long de cette saison, il a énormément progressé. C’était tout à fait exceptionnel», a-t-il confié. L’ancien attaquant du Sporting insiste notamment sur les qualités physiques et techniques qui distinguaient déjà Ronaldo. «“Décisif”, c’est le mot que j’utilisais toujours. Il était très rapide. Il était mince, sans un gramme de graisse, mais aussi très fort pour son âge. Il pouvait déborder les défenseurs grâce à son physique. Pendant la majeure partie de cette saison, nous avons joué avec trois attaquants : moi, Cristiano et Edgar Marcelino. On n’avait pas de postes fixes, on tournait et on changeait de position à volonté. On essayait des choses, on créait des occasions à la chaîne… On jouait comme de vrais hors-la-loi. On s’entendait super bien. C’était vraiment génial de jouer avec lui», se souvient-il.
Une obsession du travail déjà présente
Bien avant de devenir une référence mondiale, Cristiano Ronaldo possédait déjà une incroyable discipline de travail. Paulo Sérgio raconte que le Portugais passait de longues heures supplémentaires à perfectionner son jeu. «Cristiano restait toujours après l’entraînement. Il tirait au but, travaillait ses coups francs, repassait en revue ses dribbles et en apprenait de nouveaux. Il avait l’habitude d’aller en cachette à la salle de sport du centre d’entraînement pour faire des séances de musculation supplémentaires le soir, après le départ des autres. Lui et un coéquipier, José Semedo. Notre entraîneur l’a découvert et les a réprimandés devant toute l’équipe. On trouvait ça très drôle. Malgré tout, Cristiano a continué. Je crois même qu’il a ramené des haltères dans sa chambre. Ça montrait que, même enfant, il avait déjà cette mentalité qui allait le caractériser plus tard. Il était différent», a-t-il raconté.
«Il voulait que tout le monde soit parfait comme lui»
L’ancien joueur reconnaît toutefois que le caractère de Cristiano Ronaldo pouvait parfois créer des tensions avec ses coéquipiers. «Était-il populaire ? Pas vraiment. Il ne plaisait pas à tout le monde. Son désir de gagner engendrait parfois des conflits avec ses coéquipiers. Il voulait que chacun soit parfait comme lui. Il était très exigeant envers lui-même et attendait la même chose des autres. Parallèlement, il voulait exceller en tout, à chaque exercice d’entraînement. Il pouvait avoir un caractère difficile.» Mais malgré ces difficultés, Paulo Sérgio assure avoir toujours admiré son ancien partenaire. «Tout cela signifie que beaucoup de gens étaient contre lui. Je dirais qu’il n’est devenu vraiment populaire que lorsqu’il a commencé à être appelé en équipe première, quelques années plus tard. J’ai toujours été de son côté, cependant. Comme Cristiano, j’étais un compétiteur né. J’adorais me mesurer à lui à l’entraînement. Et, en dehors du football, c’était un homme exceptionnel.», a-t-il conclu.



