Après plusieurs mois de silence, Medhi Benatia a décidé de revenir sur son départ de l’Olympique de Marseille dans un entretien accordé à France Football. L’ancien dirigeant marseillais y évoque notamment ses relations avec Pablo Longoria, Frank McCourt et les raisons qui l’ont poussé à quitter le club.
Benatia explique notamment avoir vécu un sentiment de trahison après une réunion au Koweït, qu’il considère comme un tournant dans son aventure marseillaise. «La réunion au Koweït avait été un point de rupture. Mais je n’avais pas décidé de partir. J’étais très agacé : « Je me bagarre et je découvre les finances. » Je me suis senti trahi. Je me sens trahi en raison de la situation. Quand les versions diffèrent, j’adore faire un tour de table. Personne ne peut mentir ou s’échapper. Moi, la différence, c’est que, quand j’ai quitté Marseille, j’ai demandé zéro, pas signé de truc de confidentialité. Pas besoin d’acheter mon silence. Ce que j’ai à dire coûte trop cher, ça n’a pas de prix la vérité. Prétendument j’étais derrière les banderoles (« McCourt/Longoria cassez-vous ! », contre Strasbourg, le 14 février). Les gens disaient : « Bizarre, Benatia n’était pas dessus. » Personne ne va m’utiliser. Les supporters viennent, je les écoute. Quand ils ont raison, je le leur dis. Quand ce n’est pas le cas, je le leur dis. L’équipe leur a fait honte, je vais leur dire « vous exagérez » ? Non, plutôt : « J’ai eu honte moi aussi, mais on a besoin de vous, ne sifflez pas les joueurs. » Soi-disant, je devais passer président. J’ai dit « ça ne m’intéresse pas » devant les supporters. Le boss (McCourt) a dit : « Je prends note. Medhi avait émis le souhait de partir, je l’ai fait revenir, je crois en lui. »», a-t-il confié.
Une interview qui fait débat
Cette sortie médiatique n’a pas laissé indifférent dans le monde du football. Dans After Foot, David Gluzman a notamment estimé que Benatia aurait pu tirer davantage profit de cette interview. «L’interview de Medhi Benatia ? Je ne sais pas qui lui a conseillé de la faire, mais je ne la comprends pas du tout. Il n’en sort absolument pas grandi. Lui qui dit qu’il a connu le très haut niveau, et c’est le cas, il veut retourner au très haut niveau en tant que dirigeant, mais si moi, actionnaire majoritaire d’un club de premier plan, je lis l’interview, je ne suis pas forcément hyper convaincu et je ne suis pas forcément sûr qu’elle lui serve. En tant que financier, j’ai été hyper surpris de savoir que Medhi Benatia n’était pas du tout au courant de la situation financière du club. Il était director of football. C’est le poste où il est censé créer de la valeur, l’OM est sous accord avec l’UEFA, les efforts que lui, Pablo Longoria et Roberto De Zerbi ont demandés à Frank McCourt pour amorcer le plan de trois ans étaient connus, donc quand il dit qu’il a pris connaissance il y a seulement six mois de la situation financière dramatique, de l’importance de la Ligue des Champions et du risque financier encouru par le recrutement dispendieux, je me dis : « Est-ce que j’ai vraiment affaire à un directeur de football de haut niveau ? » J’aurais aimé que Medhi Benatia ait le courage de faire une interview vérité où il fait vraiment son bilan et son autocritique, avec les plus – et il y a beaucoup de plus : il a modernisé le club, il a fait des bons coups sur le mercato, il a un réseau incroyable et il a réussi à attirer des joueurs qui n’auraient jamais même pensé aller à l’OM – et les moins : la communication, la gestion financière, l’agressivité. Ça, ça lui aurait vraiment servi dans son parcours professionnel. Là je me serai dit qu’il a vraiment appris quelque chose et qu’il a atteint la maturité que les postes auxquels il va postuler demandent.», a-t-il déclaré.
Benatia veut prendre son temps
Malgré les sollicitations, Benatia ne souhaite pas se précipiter vers un nouveau projet. L’ancien dirigeant marseillais affirme avoir reçu des propositions venues notamment d’Arabie saoudite et d’Angleterre. «Profiter de ma famille, partir en vacances. Je me suis remis à la salle, il me reste quelques kilos à perdre. Padel, regarder les matches, me déplacer, c’est toujours agréable d’aller à Bernabeu, San Siro, Rome, Turin, au Barça. Consultant ? J’ai été contacté. Le foot est ce qui m’anime, donc ce n’est pas impossible. Directeur, agent, ce n’est pas prévu dans l’immédiat. J’ai eu des avances d’Arabie saoudite, d’Angleterre, mais je ne suis pas prêt à repartir sur un autre projet», a-t-il expliqué.


