Italie : les confidences de Paolo Maldini sur Guardiola et Pirlo

7Buts
Par
6 Min Lecture

Paolo Maldini a décidé de lever le voile sur les coulisses de son bref passage à la Fédération italienne de football. Dans un long entretien accordé au Corriere della Sera, l’ancienne légende de l’AC Milan est notamment revenue sur les discussions avec Pep Guardiola, le projet autour d’Andrea Pirlo et les raisons qui l’ont finalement poussé à démissionner.

Maldini et Leonardo souhaitaient insuffler une nouvelle philosophie aux Azzurri, basée sur un football plus technique et offensif. Plusieurs jeunes entraîneurs avaient été envisagés, mais les contraintes liées à leur situation en Serie A ont rapidement réduit les possibilités. «Notre idée était axée sur la technique, sur un jeu offensif, sur un changement. En Italie, nous avions du retard sur de nombreux points. Nous souhaitions un jeune entraîneur ayant une expérience avec l’équipe nationale. Trois noms circulaient : Andrea Pirlo, Daniele De Rossi et Fabio Grosso. Trois champions du monde. Mais le président nous a informés que, conformément aux accords ayant mené à son élection, avec le soutien de tous les clubs sauf la Lazio, nous ne pouvions pas contacter les entraîneurs des équipes de Serie A. Par conséquent, De Rossi et Grosso ont été écartés», explique Maldini.

Guardiola était proche d’accepter

Avant de se tourner vers Pirlo, Maldini et Leonardo ont également tenté de convaincre Carlo Ancelotti puis Pep Guardiola. Les discussions avec l’ancien entraîneur de Manchester City étaient particulièrement sérieuses. «Nous avons contacté le meilleur entraîneur italien de tous les temps, mon grand ami Carlo Ancelotti. Il nous a répondu que le Brésil lui avait renouvelé sa pleine confiance. Guardiola est l’entraîneur qui incarne le mieux le jeu technique et offensif. Par l’intermédiaire de quelques amis, il avait exprimé le désir d’entraîner une équipe nationale. Nous lui avons rendu visite à Barcelone, nous avons déjeuné ensemble et discuté toute la journée. Il était très tenté. Il était sur le point d’accepter. Il a même commencé à dessiner des schémas tactiques sur des feuilles de papier… L’argent n’a jamais été un problème. Pep nous a dit clairement : «Donnez-moi un euro de moins que le dernier sélectionneur et j’accepte.» Il a refusé l’offre par épuisement. Il sort de dix années exténuantes en Premier League. Il a subi une opération du dos. Il a besoin de repos. Mais la conversation a été très sérieuse, nous avons analysé les schémas tactiques, des U17 jusqu’aux seniors… C’est pourquoi nous avons choisi Andrea. Malagò [président de la fédération] était au courant de tout, nous l’avons tenu informé étape par étape», raconte Maldini.

Maldini défend Pirlo

Après le refus de Guardiola, le choix s’était porté sur Andrea Pirlo. Mais les liens de l’ancien milieu avec une société de paris russe ont rapidement suscité la polémique. Pour Maldini, cette controverse ne justifiait pas son exclusion. «Nous souhaitions un jeune entraîneur qui s’investirait pleinement dans le projet et qui puisse faire carrière au plus haut niveau. Techniquement parlant, lorsque je parle avec Pirlo, je le considère comme très bien préparé. Accompagné et soutenu par un directeur technique et un conseiller, il aurait été l’entraîneur idéal. Quels étaient les CV des deux derniers entraîneurs ayant remporté la Coupe du monde, Scaloni et De la Fuente ? Si tout est lié à l’entraîneur sur le banc, on ne voit que le présent et jamais l’avenir. Et nous sortions de trois échecs en qualifications. Nous ignorions tout lien avec l’agence de paris russe. L’opinion publique a fait son œuvre.», estime-t-il. L’ancien défenseur va même plus loin : «Rien, légalement, n’aurait pu empêcher Andrea de devenir sélectionneur de l’Italie. Je dirais que c’était un prétexte. Sans aucun doute, l’affaire a été exploitée de manière totalement exagérée. Pirlo était prêt à rompre ses liens avec la société de paris russe. C’est une personne très intègre, il ne méritait pas tout ce tapage. Ils ont invoqué le code de déontologie, le décret sur la dignité. Mais s’il y avait eu une réelle volonté de l’engager…» «En tant qu’entraîneur, il n’y aurait eu aucun obstacle juridique»

- Publicité -

«À partir d’aujourd’hui, c’est moi qui décide»

Selon Maldini, c’est finalement la décision de Giovanni Malago de modifier les règles concernant le choix du sélectionneur qui a provoqué son départ. «Il nous a appelés, Leonardo et moi, pour nous dire : “À mon avis, il n’est plus possible d’engager Pirlo. À partir d’aujourd’hui, c’est moi qui décide qui est l’entraîneur. À partir d’aujourd’hui, les règles changent : je choisis l’entraîneur et vous, vous approuvez.” Mais si j’ai un rôle à jouer, une responsabilité à assumer, c’est inacceptable. Nous avons pris 24 heures pour démissionner, alors que notre contrat n’était même pas encore entré en vigueur. Je ne sais pas si c’est de l’intransigeance ou de la présomption. J’ai l’habitude de faire les choses différemment. Les conditions de confiance nécessaires pour mener à bien un travail aussi immense, mais aussi si passionnant, n’étaient plus réunies», a conclu l’ancien capitaine du Milan.

Partager cet article avec votre entourage
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *