FIFA : le patron de la Fédération galloise réclame la démission de Gianni Infantino

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La contestation autour de Gianni Infantino prend une nouvelle ampleur. Alors que le président de la FIFA souhaite briguer un nouveau mandat à la tête de l’instance mondiale, plusieurs fédérations européennes s’opposent désormais ouvertement à certaines de ses orientations, notamment au projet FIFA Forward Enterprise (FFE).

«Il devrait démissionner»

Après le retrait du soutien de l’Écosse, c’est au tour du Pays de Galles de hausser le ton. Noel Mooney, directeur général de la Fédération galloise de football (FAW), a publiquement appelé Gianni Infantino à quitter ses fonctions. Le dirigeant gallois n’a pas mâché ses mots lorsqu’il a été interrogé par la BBC sur la situation actuelle au sein de la FIFA. «Si je pouvais m’entretenir avec Gianni Infantino maintenant, je lui dirais qu’il a eu une très belle carrière. Il a accompli de grandes choses, en tant que secrétaire général de l’UEFA et de la FIFA, mais après cet incident, cette volonté de vendre le joyau du football, il devrait démissionner», a déclaré Noel Mooney. Le patron de la FAW fait notamment référence au projet FIFA Forward Enterprise, qui prévoit de faire entrer des capitaux privés dans la commercialisation de certaines compétitions de la FIFA. Le Pays de Galles avait été le premier membre de l’UEFA à retirer son soutien à Infantino au début du mois. Noel Mooney espère désormais que d’autres fédérations suivront cette position et que le dirigeant italo-suisse réfléchira sérieusement à son avenir.

Une élection prévue en mars 2027

Cette crise intervient à quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA, programmée en mars prochain. Pour le moment, Gianni Infantino est le seul candidat déclaré à sa propre succession, tandis que la date limite de dépôt des candidatures a été fixée au 18 novembre. Le projet FFE est au cœur de la contestation. La FIFA envisage notamment de créer une structure destinée à attirer des investisseurs privés afin de commercialiser certains de ses actifs et compétitions. Le projet pourrait permettre de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars, soit environ 3,64 milliards d’euros, grâce notamment à la vente d’une participation minoritaire pouvant atteindre 20 %. Parmi les investisseurs potentiels cités figure notamment Thrive Capital, le fonds fondé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.

L’Écosse rejoint les opposants

Le Pays de Galles n’est désormais plus seul dans son opposition. L’Écosse a également retiré son soutien à la candidature de Gianni Infantino, notamment en raison de ses projets visant à ouvrir davantage le financement et la commercialisation de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Cette contestation prend une dimension encore plus importante puisque plusieurs confédérations ont également exprimé leur désaccord avec la manière dont le dossier est géré. L’UEFA, l’AFC et la CONCACAF ont notamment accusé le président de la FIFA d’avoir abandonné son devoir en agissant de manière «trompeuse» et en se plaçant «au-dessus du collectif qui lui a confié l’autorité».

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Un proche de Trump menace ceux qui veulent écarter Infantino

Face à cette fronde, Gianni Infantino peut toutefois compter sur des soutiens particulièrement influents. Andrew Giuliani, responsable du groupe de travail mis en place par Donald Trump pour préparer la Coupe du monde 2026, a récemment pris publiquement sa défense. Dans une interview accordée à The Athletic, Giuliani a balayé les critiques visant le président de la FIFA et estimé qu’elles étaient essentiellement politiques. «C’est de la politique. J’ai déjà vu ça. Je l’ai vu se produire lorsqu’ils ont persécuté le président Donald Trump, pour des raisons politiques. Je l’ai vu se produire lorsqu’ils ont persécuté d’autres personnes. Les gens sont envieux quand d’autres accomplissent de grandes choses», a-t-il lancé. Le responsable américain a également insisté sur le bilan d’Infantino à la tête de la FIFA : «Et ce que Gianni Infantino a fait pour la FIFA, c’est l’amener à un tout autre niveau, ce qu’ils pensaient probablement impossible.»

«L’une des décisions les plus stupides de sa carrière»

Andrew Giuliani s’est même montré particulièrement menaçant envers les dirigeants des fédérations qui pourraient décider de ne pas soutenir Infantino lors de la prochaine élection. «Il ne faut pas oublier que c’était la première Coupe du monde organisée par Gianni Infantino, n’est-ce pas ? Il a hérité des Coupes du monde en Russie et au Qatar, et il a fait du bon travail dans les deux cas, mais c’était sa première. C’est sa vision mise en pratique. Ce que je dis à tout président de confédération ou de fédération membre qui envisage de ne pas voter pour Gianni Infantino, c’est que ce serait probablement l’une des décisions les plus stupides de sa carrière», a-t-il affirmé. Le proche de Donald Trump estime notamment que l’organisation de la Coupe du monde 2026 constitue un argument majeur en faveur d’Infantino. «Ce type vient tout juste d’organiser le plus grand événement sportif mondial de tous les temps, sans le moindre incident, garantissant des revenus plus de quatre fois supérieurs à ceux du dernier championnat du monde, et ils envisagent de le destituer», a-t-il ajouté. Avant de conclure par une formule particulièrement provocatrice : «Si Gianni Infantino n’est pas réélu à l’unanimité, alors quiconque votera contre lui devra se faire examiner la tête.»

Infantino vise un troisième mandat

Selon Andrew Giuliani, Gianni Infantino aurait déjà commencé à préparer sa campagne pour conserver son fauteuil. «J’ai parlé moi-même avec Gianni Infantino, qui m’a assuré avoir un bon plan pour les prochains mois, jusqu’en mars prochain, afin d’être réélu pour un troisième et dernier mandat», a-t-il révélé. Interrogé sur la controverse autour du projet FIFA Forward Enterprise, Giuliani estime que les critiques concernant cette initiative ne doivent pas occulter le bilan global d’Infantino. «Écoutez, nous sommes tous humains, et je crois que Gianni s’est exprimé à ce sujet récemment, mais j’ai l’impression que c’est un de ces sujets sur lesquels les gens se focalisent, et que le sport est devenu un objet de marchandisation. Je dirais simplement qu’il faut regarder le parcours de Gianni et se rendre compte qu’il cherche constamment à améliorer sa condition physique, et je pense que c’est là l’essentiel. Ce n’est pas parce qu’on essaie toujours de faire mieux qu’on ne fera jamais d’erreur, n’est-ce pas ? En tant qu’être humain, cela arrive, mais je regarde l’ensemble de son travail et je dirais que c’est le genre de personne que je voudrais diriger», a-t-il conclu. Si cette réélection se concrétisait, Infantino resterait à la tête de la FIFA jusqu’en 2031.

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