- avril 19, 2026
- Par Gontrand Dagbeto
- 2 h
- 0 Comments
Deco se confie : «Cristiano Ronaldo a toujours été comme ça»
Ancien maître à jouer de FC Porto et aujourd’hui directeur sportif du FC Barcelone, Deco reste profondément attaché à son parcours avec la sélection portugaise. Naturalisé en 2003 après son arrivée au Portugal à l’âge de 18 ans, l’ancien milieu de terrain est revenu avec émotion sur cette étape clé de sa carrière dans un entretien accordé à GloboEsporte.
Deco insiste : sa décision de représenter le équipe du Portugal de football n’a jamais été influencée par l’arrivée de Luiz Felipe Scolari. «Depuis 2000, la Fédération portugaise de football me contactait, et j’étais ravi car j’adore le Portugal. À 18 ou 19 ans, je suis parti au Portugal. Mais c’était un processus qui s’est construit progressivement ; ce n’était pas une décision prise sur un coup de tête. Les choses se sont passées, elles ont évolué… Mon lien avec le pays, l’équipe nationale et les Portugais s’est tissé petit à petit. J’ai pris ma décision en 2003. Cela n’avait rien à voir avec Felipão. La décision était déjà prise. Elle a coïncidé avec l’arrivée de Felipão en équipe nationale, mais la décision de me rendre disponible pour la sélection avait été prise en 2003», explique-t-il. «Non, ça ne me traverse même pas l’esprit, car ce genre de chose n’existe pas… Quand j’ai pris ma décision, j’étais d’abord sûr de ce que je voulais faire. Grâce à la relation que j’entretiens avec le Portugal et les joueurs de l’équipe nationale, avec ma génération. Donc, je n’y pense pas trop, car c’était une décision que je sentais devoir prendre, et que je voyais bien.»
«La plus grande déception de ma carrière»
Revenant sur l’Euro 2004, organisé au Portugal, Deco ne cache pas son immense frustration. Cette compétition, conclue par une défaite en finale face à la Grèce, reste un souvenir douloureux. «Cette génération était excellente. Figo, Rui Costa, moi, l’émergence de Cristiano, Ricardo Carvalho, Jorge Andrade, Maniche, Pauleta… Cela a suscité une véritable euphorie autour de l’équipe nationale. Nous jouions à domicile et, en même temps, ce fut une immense déception. C’est inexplicable. Le football est ainsi fait. Nous avons encaissé un but, puis nous avons dominé la rencontre, mais nous n’avons pas réussi à marquer. La Grèce avait déjà prouvé lors du Championnat d’Europe qu’elle était une équipe difficile à percer. Ce fut la joie pendant presque toute la compétition, et une immense déception. Peut-être la plus grande déception de ma carrière, car nous voulions gagner. Mais c’est le football», confie-t-il.
Scolari, un facteur d’unité
Deco tient toutefois à saluer le rôle de Scolari dans la transformation de la sélection portugaise. Selon lui, le technicien brésilien a su apaiser les tensions internes liées aux rivalités entre clubs. «Felipão a instauré un climat très favorable au Portugal. Il y avait des joueurs de Benfica, d’autres du FC Porto, et l’équipe nationale connaissait une certaine tension en raison de cette rivalité. Felipão a su apaiser les tensions. Son grand mérite a été cette capacité à fédérer et à rassembler les gens. Aujourd’hui encore, il est adulé au Portugal», souligne-t-il, estimant que son impact a été décisif dans la stabilité du groupe.
Enfin, Deco n’a pas manqué d’évoquer son ancien coéquipier Cristiano Ronaldo, dont il a observé l’évolution dès ses débuts en sélection. «Cristiano a toujours été comme ça. Le même qu’aujourd’hui, en termes d’ambition, de soif d’apprendre, de volonté de progresser. Ça n’a jamais changé. Il a toujours travaillé dur, il était toujours le premier arrivé, le plus travailleur, celui qui restait s’entraîner aux coups francs après le départ de tous les autres. Celui qui n’a jamais voulu cesser de progresser et d’évoluer. Je pense qu’il restera toujours comme ça. Aucun autre athlète ne possède cette force mentale. Pour moi, il était le plus obsédé par l’évolution. C’est cette caractéristique qui a fait de lui l’un des plus grands joueurs de l’histoire», affirme-t-il.