- avril 19, 2026
- Par Gontrand Dagbeto
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Patrice Evra lâche des révélations explosives sur José Mourinho et Cristiano Ronaldo
Dans une interview percutante accordée à The Athletic, Patrice Evra a décidé de ne rien cacher. L’ancien défenseur de Manchester United a abordé de front l’affaire d’insulte raciste présumée impliquant Gianluca Prestianni envers Vinicius Junior, tout en critiquant ouvertement la réaction de José Mourinho. Mais ce n’est pas tout : il a également levé le voile sur une promesse incroyable de Alex Ferguson concernant Cristiano Ronaldo.
Revenant sur la défaite de Benfica face au Real Madrid (0-1), Evra s’est montré profondément marqué par la polémique entourant Vinicius. L’ancien international français n’a pas mâché ses mots, notamment au sujet de la réaction de Mourinho, qui avait défendu son joueur tout en critiquant l’attitude du Brésilien.
«C’était triste. Vinicius doit parler, parler et encore parler de ça. Il est dans le collimateur, c’est ce qu’il va ressentir. Cela concerne les autorités, pas seulement le football. Il faut condamner cela comme un crime. Je suis quelqu’un de très optimiste, mais il nous reste encore beaucoup de travail à accomplir», a-t-il déclaré d’emblée. Pour Evra, le problème dépasse largement le cadre sportif. Il dénonce une inversion des rôles où les victimes deviennent parfois les cibles des critiques.
«Quand de tels événements se produisent, on ressent l’injustice, car même si c’est vous qui dénoncez les faits, les accusés se victimisent. C’est ce qui s’est passé avec Luis Suarez [qui l’a traité de «nègre» lors d’un match Liverpool-Manchester United en 2011], et c’est ce qui se passe actuellement avec Vinícius», a-t-il poursuivi. Il pointe également du doigt les critiques sur les célébrations du joueur madrilène : «Les gens se plaignent surtout de son attitude. Ils disent : “Pourquoi il danse ? Pourquoi il provoque ?” Ils trouvent un prétexte pour l’insulter simplement parce qu’il danse après avoir marqué un but», a ajouté l’ancien latéral, aujourd’hui âgé de 44 ans.
La révélation folle de Ferguson sur Ronaldo
Au-delà de cette affaire, Evra a partagé une anecdote stupéfiante sur la fin de l’ère Ferguson à Manchester United. Quelques jours avant d’annoncer sa retraite en 2013, le manager écossais lui aurait confié un plan XXL. «Je n’arrivais pas à y croire, car une semaine auparavant, j’étais allé au bureau de Ferguson et il m’avait dit : « Patrice, avec 99 % de certitude, Cristiano Ronaldo arrive et je fais également venir Gareth Bale. » Il a dit : “Ceux qui pensent que je vais prendre ma retraite ? Je prendrai ma retraite à 100 ans, peut-être.” Je n’arrivais pas à comprendre. C’était un choc. Je me souviens être rentré chez moi en voiture, et ma voiture était en pilotage automatique», a raconté le français, qui a joué à Old Trafford entre 2005 et 2014.
«Nous avions une réunion dans les vestiaires, et Ferguson ne portait pas son survêtement. J’ai dit : « C’est mauvais signe, tous les joueurs vont se faire assassiner ou quelque chose comme ça va arriver. » Il a dit qu’il allait prendre sa retraite, mais je n’arrêtais pas de penser que c’était une blague et qu’il allait changer d’avis», a-t-il ajouté.
Tevez, une trahison impossible à digérer
L’ancien latéral est aussi revenu sur un épisode marquant : le transfert de Carlos Tevez vers Manchester City en 2009. Une décision vécue comme une trahison. «C’était vraiment dur. C’était déchirant. Je n’arrivais pas à y croire. C’était après la finale de la Ligue des champions [une défaite 2-0 contre Barcelone], et il n’était même pas titulaire. Il s’était brouillé avec Ferguson. Tevez a dit : « Ils ne m’ont rien proposé. » C’est pendant mes vacances que j’ai appris la nouvelle. Boum ! Tevez allait signer à Manchester City. Je l’ai appelé et je lui ai dit : « Je vais te tuer, je vais te casser les jambes, Carlito ! » C’était trop dur à avaler. C’était difficile à accepter, mais je crois que c’était une vengeance contre Sir Alex Ferguson», a-t-il confié.
Derrière cette phrase choc, Evra décrit surtout une immense déception. «C’est pour ça que j’étais déçu, parce qu’au final on ne connaîtra jamais la vérité, mais on a payé un lourd tribut. Si Tevez n’avait pas signé à Manchester City, je ne pense pas qu’ils auraient gagné un seul championnat. On se sent trahi, mais il reste comme un frère pour moi. Il faut respecter son choix», a-t-il conclu.
Vinícius répond avec dignité
De son côté, Vinicius Junior a profité d’une conférence de presse avant un choc de Ligue des champions pour sortir du silence. Le Brésilien a adopté un ton posé, mais déterminé. «Je vais bien. C’est toujours un sujet très délicat à aborder, mais cela s’est déjà produit à maintes reprises. J’espère que nous pourrons poursuivre ce combat. Il est également important que Lamine [Yamal] ait pris la parole ; cela peut aider d’autres personnes, car nous sommes célèbres, nous avons de l’argent et nous pouvons compenser ces problèmes, mais les pauvres et les Noirs, qui sont partout, rencontrent certainement des difficultés bien plus grandes que les nôtres», a-t-il déclaré d’emblée.
«Nous devons donc rester unis. Nous, les joueurs, avons une grande force. Je ne dis pas que l’Espagne, l’Allemagne ou le Portugal sont racistes, mais il y a des racistes dans ces pays, au Brésil aussi. Il y a des racistes dans de nombreux pays, mais si nous continuons ce combat ensemble, je crois qu’à l’avenir, les nouveaux joueurs pourront, comme tous les autres, ne plus avoir à subir cela», a-t-il ajouté.