Loin des bancs depuis son départ du Real Madrid en 2021, Zinédine Zidane n’a rien perdu de sa passion pour le football. Invité d’honneur du Festival dello Sport à Trente, organisé par La Gazzetta dello Sport, l’ancien Ballon d’Or a réaffirmé son envie de retrouver un poste d’entraîneur… tout en adressant de tendres mots à la Juventus, son club de cœur, et en confirmant que l’équipe de France reste l’un de ses plus grands objectifs.
«Je reviendrai certainement à l’entraînement», a déclaré Zidane, 53 ans, sous les applaudissements du public italien. «Moi et la Juventus ? Je ne sais pas pourquoi cela n’arriverait pas. C’est un club que je garderai toujours dans mon cœur, car il m’a tant apporté.»
Sans détour, Zidane a évoqué la possibilité d’un futur sur le banc des Bleus, au moment où Didier Deschamps a annoncé qu’il quitterait la sélection après la Coupe du monde 2026. «Quant à l’avenir, je ne sais pas… Un de mes objectifs est d’entraîner l’équipe de France. On verra», a-t-il confié, dans des propos relayés par le journaliste italien Gianluca Di Marzio.
Ce rêve, souvent évoqué mais jamais concrétisé, pourrait bien se rapprocher : Zidane, qui n’a plus dirigé d’équipe depuis quatre ans, reste l’un des candidats naturels pour succéder à Deschamps, fort de ses trois Ligues des champions consécutives avec le Real Madrid (2016, 2017, 2018).
«Quand j’ai pris ma retraite, ma vie a changé»
Zidane est aussi revenu sur sa transition délicate entre joueur et entraîneur, après sa retraite en 2006 : «Quand j’ai pris ma retraite, ma vie a basculé. Au bout de trois ans, je ne savais plus quoi faire. J’ai essayé plusieurs choses avant de m’inscrire à la formation d’entraîneur.»
S’il a brillé comme meneur de jeu sur le terrain, c’est Marcello Lippi, à la Juventus, qui a le plus marqué sa formation mentale : «De tous les entraîneurs que j’ai eus, celui dont j’ai le plus appris a été [Marcello] Lippi. Il a été très important car, à mon arrivée en Italie, les débuts ont été difficiles, mais il a toujours cru en moi.»
Il a également évoqué sa complicité avec Carlo Ancelotti, qu’il a côtoyé comme joueur puis adjoint à Madrid : «J’ai d’abord eu [Carlo] Ancelotti comme entraîneur, puis je suis devenu son assistant. C’est un ami, et il a joué un rôle important dans ma carrière. C’est un bon entraîneur car il est à l’écoute des joueurs»
«Un entraîneur doit être passionné»
Le champion du monde 1998 en a profité pour livrer une belle leçon sur sa vision du métier d’entraîneur : «Un entraîneur doit être passionné de football, profondément passionné. Il n’y a pas que ceux qui votent qui sont bons. Il y a de bons entraîneurs qui ne savent pas gagner. Pour moi, le plus important est de transmettre quelque chose aux joueurs. Quand on est passionné, on transmet quelque chose aux joueurs.»
Enfin, Zidane a conclu sur une note nostalgique, évoquant ses années turinoises (1996-2001), où il s’est imposé comme l’un des meilleurs milieux du monde. «Les trois années que j’ai passées là-bas ont été fantastiques. Je venais de France, où le football était excellent, mais pas comme à la Juventus. À Turin, j’avais l’impression que la seule chose à faire était de gagner, toujours, à domicile comme à l’extérieur. Ce qui m’a le plus surpris chez [Gianni] Agnelli, c’est que, quand je jouais bien, il m’appelait à 6 heures du matin pour me féliciter. C’était un gentleman ; on voyait qu’il était un passionné de football», a-t-il conclu.