De nouvelles révélations viennent éclairer les derniers jours de Diego Maradona, dont la mort continue d’être examinée par la justice argentine. Lors d’une nouvelle audience du procès consacré aux circonstances de son décès, le médecin légiste Carlos Mauricio Cassinelli a estimé que la légende du football argentin présentait plusieurs signes inquiétants qui auraient dû conduire à une prise en charge médicale plus approfondie.
Coordinateur de la commission médicale chargée d’établir un rapport sur la mort de Maradona, Cassinelli a notamment évoqué des symptômes compatibles avec une insuffisance cardiaque. «Un gonflement des membres inférieurs, une miction excessive, des ronflements, un essoufflement, des signes d’hypertension et de tachycardie sont autant de signes avant-coureurs d’une insuffisance cardiaque qui auraient dû être traités», a déclaré l’expert devant le tribunal.
Le gonflement de Maradona particulièrement inquiétant
Parmi les symptômes observés chez l’ancien champion du monde 1986, le spécialiste a particulièrement insisté sur l’importante accumulation de liquide dans les jambes et les membres inférieurs. «Cette accumulation de liquide était un signe secondaire d’insuffisance cardiaque. Le cœur est incapable de pomper la quantité de sang qu’il reçoit, et le liquide commence à se répandre dans d’autres parties du corps», a expliqué Cassinelli. Cassinelli a également pointé du doigt l’organisation des soins dont bénéficiait l’ancien joueur de Naples et du FC Barcelone avant sa mort.
La commission médicale qu’il coordonnait avait été créée en 2021 à la demande de la justice argentine afin d’analyser les circonstances du décès. Plus de vingt spécialistes issus de différentes disciplines avaient participé à l’élaboration du rapport, après avoir eu accès à l’ensemble du dossier médical de Maradona. «Aucun médecin n’était chargé de surveiller le patient», a affirmé Cassinelli. Pourtant, le neurochirurgien Leopoldo Luque et la psychiatre Agustina Cosachov avaient été désignés comme responsables des soins à domicile de Maradona entre le 11 et le 25 novembre 2020, soit jusqu’à quelques heures avant son décès.
Une hospitalisation aurait-elle pu être envisagée ?
Selon l’expert, les symptômes observés auraient dû provoquer une réaction médicale immédiate. «À tout le moins, ils auraient dû organiser une consultation en personne pour évaluer ces symptômes, une consultation avec un spécialiste en médecine interne ou un cardiologue, voire même l’hospitaliser pour obtenir un diagnostic précis», a-t-il expliqué. Cassinelli a également insisté sur les antécédents cardiaques de Maradona. Selon lui, l’ancien footballeur souffrait d’une cardiomyopathie dilatée associée à sa consommation de cocaïne. «Un patient atteint de cardiomyopathie dilatée due à la consommation de cocaïne ne retrouvera jamais un cœur normal. L’insuffisance cardiaque peut être compensée, mais nous sommes tous d’accord pour dire qu’il aurait dû continuer à prendre ses médicaments pour cette affection chronique», a-t-il déclaré. Deux médecins ayant pris en charge Maradona dans une clinique privée avant sa mort ont par ailleurs témoigné qu’il avait cessé de prendre son traitement contre l’hypertension peu avant son décès.
Des antécédents médicaux qui auraient été mal connus
Le médecin légiste s’est également interrogé sur le niveau d’information dont disposaient les professionnels chargés des soins de Maradona. Cassinelli s’est dit convaincu que «les médecins ignoraient ou ne connaissaient pas l’intégralité des antécédents médicaux du patient». Diego Maradona est décédé le 25 novembre 2020, à l’âge de 60 ans, après avoir été victime d’un arrêt cardiorespiratoire dans sa résidence de Tigre, en Argentine. L’affaire implique plusieurs professionnels de santé accusés d’homicide involontaire. Outre Leopoldo Luque et Agustina Cosachov, Nancy Forlini, médecin et coordinatrice des soins à domicile chez Swiss Medical, le psychanalyste Carlos Diaz, le médecin Pedro Di Spagna, le coordinateur des soins infirmiers Mariano Perroni ainsi que l’infirmier Ricardo Almiron sont également jugés.


