- juin 29, 2026
- Par 7buts
- 12 h
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«Tout s’écroulait autour de moi», les confessions bouleversantes de Raphaël Varane
Champion du monde, quadruple vainqueur de la Ligue des champions et considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de sa génération, Raphaël Varane a pourtant traversé des périodes de profond mal-être au cours de sa carrière. Dans un entretien accordé au Monde, l’ancien international français est revenu avec une grande sincérité sur les difficultés psychologiques qui ont marqué son parcours, de ses débuts au Real Madrid jusqu’à sa retraite sportive.
Arrivé au Real Madrid à seulement 18 ans en provenance du RC Lens, Varane a rapidement découvert les exigences du plus haut niveau. Si son talent ne faisait aucun doute, ses premiers mois en Espagne ont été particulièrement éprouvants sur le plan mental. «Après mon arrivée au Real Madrid, j’ai eu mes premiers problèmes. J’avais 18 ans et je n’avais pas eu une adolescence normale. J’étais seul, je m’entraînais sans cesse et je jouais à peine. J’avais l’impression que mon rêve s’évanouissait. Sur le terrain, j’étais totalement concentré. Mais après, je ne voulais pas rentrer chez moi. C’était une dépression. Je ne prenais plus aucun plaisir à rien», confie-t-il.
À l’époque, le jeune défenseur préfère garder sa souffrance pour lui. Convaincu que cette épreuve faisait partie du parcours d’un footballeur de haut niveau, il n’ose se confier à personne. «Pour moi, c’était le prix à payer. Je pensais qu’il fallait passer par là pour réussir. Je débutais ma carrière et je me posais mille questions : « Ai-je fait le bon choix en venant ici ? Devrais-je partir ? Devrais-je en parler ? » J’étais prisonnier d’une sorte de solitude, avec l’impression que tout s’écroulait autour de moi», explique l’ancien Madrilène.
Même après avoir atteint le sommet avec la victoire de l’équipe de France à la Coupe du monde 2018, Varane reconnaît avoir connu une nouvelle période de vide. «La période qui a suivi la Coupe du monde 2018 a été très difficile. On réalise son rêve, on est au sommet du football mondial, et puis c’est la chute. Je me souviens que la pandémie m’a aidé à sortir de cet état dépressif. J’ai pu digérer toutes ces émotions et repartir à zéro. C’est paradoxal, car cette période a été très éprouvante pour beaucoup de gens sur le plan de la santé mentale», raconte-t-il.
L’ancien défenseur du Real Madrid et de Manchester United s’inquiète également du rythme infernal imposé aux joueurs, qu’il considère comme un véritable danger pour leur équilibre physique et psychologique. «Neuf jours après la finale de la Coupe du monde 2022, j’ai joué un match contre Manchester United. Je n’ai même pas eu le temps de ruminer la défaite. Le calendrier est un énorme problème. Je comprends que c’est un business, mais la qualité du spectacle s’en ressent. Soit on ne joue pas à 100 %, soit on joue comme des robots. Il y a plus de blessures physiques et, évidemment, l’impact sur la santé mentale des joueurs est considérable», déplore-t-il.
Retraité à seulement 31 ans après une brève expérience à Côme, Varane assure que cette surcharge permanente a pesé lourd dans sa décision de raccrocher les crampons. «Oui, c’était l’une des raisons, car le calendrier était infernal. Je n’avais aucun répit pour récupérer physiquement et mentalement. Le football ressemble un peu à la société, avec son rythme effréné. Il faut toujours en faire plus, toujours plus vite. C’est extrêmement stressant. On a besoin d’une pause. Non pas parce qu’on ne veut pas jouer, mais pour mieux jouer. L’idée n’est pas de fuir la compétition, mais d’être mentalement au top, car si on repousse sans cesse ses limites, tôt ou tard, quelque chose lâche», conclut-il.
