- mai 24, 2026
- Par 7buts
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Jonathan Soriano sur Lewandowski : «Il attirera les foules en Arabie saoudite»
Dans un entretien accordé à SPORT, Jonathan Soriano, ancien joueur du FC Barcelone et d’Al Hilal, s’est exprimé sur une possible arrivée de Robert Lewandowski en Arabie saoudite. Fort de son expérience dans le championnat saoudien, l’Espagnol livre une analyse détaillée du contexte, entre évolution du football local et défis d’adaptation.
«À mon époque, c’était différent»
Soriano commence par rappeler son passage à Al Hilal, en soulignant les grandes différences entre le football saoudien d’hier et celui d’aujourd’hui : «C’était une époque où l’Arabie saoudite n’avait pas encore atteint une telle popularité et où les joueurs étrangers commençaient à peine à apparaître. Aujourd’hui, c’est devenu plus sérieux ; c’était un très grand club. Quand on allait dans d’autres stades, la différence était flagrante. Ils jouaient en Ligue des champions de l’AFC et, comparés aux autres équipes, il y avait un fossé énorme.» Selon lui, Al Hilal bénéficie d’une popularité qui dépasse largement les frontières du pays. «Oui, c’était flagrant dans toute la région. On allait au Qatar, en Égypte, à Dubaï… et on était l’équipe la plus suivie à l’extérieur. On changeait de pays et il y avait plein de supporters d’Al Hilal qui vivaient à l’étranger et qui nous suivaient.»
Une adaptation loin d’être simple
Au-delà du terrain, Soriano revient aussi sur les conditions de vie en Arabie saoudite, parfois très différentes de l’Europe. «C’est une culture différente. Avant, par exemple, j’étais en Autriche où les gens sont plus réservés, moins enclins à plaisanter qu’ici, très européens. Les Arabes sont musulmans et pratiquent la prière avec beaucoup de rigueur. Si c’était l’heure de la prière, l’entraînement était interrompu, retardé ou reporté. Quand on allait dans les centres commerciaux, on vous remarquait si vous portiez un short. Il y avait une police religieuse, les femmes devaient porter des robes longues. J’étais avec ma femme et mes trois filles, et tout était plus inhabituel. Il faut s’adapter.»
Il évoque également un quotidien très encadré pour les joueurs et leurs familles. «Oui, ce sont des résidences sécurisées pour étrangers qui peuvent y vivre normalement. On y trouve tout ce qu’il faut : salles de sport, magasins, restaurants… C’est un quartier très délimité. Si on part, il faut s’adapter au nouveau mode de vie. À mon époque, je pense que c’était plus difficile pour les femmes. Bien sûr, quand la chaleur arrive, on ne fait rien de la journée ; la vie est nocturne, et pendant le Ramadan, il y a des règles spécifiques. Il faut s’adapter», conseille-t-il. L’ancien buteur décrit aussi une organisation du quotidien fortement influencée par la chaleur et les traditions locales. «Il fallait s’entraîner à 22 h à cause de la chaleur, on rentrait tôt le matin, et ensuite je devais être père, emmener les filles à l’école, être avec ma femme. Pour eux, c’est l’inverse. Les Arabes vivent la nuit, ils sortent dîner, boire un verre, et se lèvent à 3 h. Quand l’été arrivait, c’était compliqué.»
«Lewandowski attirera les foules»
Interrogé sur l’avenir de Robert Lewandowski, Soriano se montre compréhensif face à l’idée d’un départ vers le Golfe. «C’est une décision complexe. La situation du Barça a dû lui faire comprendre qu’il n’était qu’une solution de repli, et sa décision est tout à fait respectable. Il a fait un effort considérable pour venir au Barça. Compte tenu de son âge et de son ancienneté, il a fait sa part. Il a tout donné pour le Barça. S’il veut signer un dernier gros contrat, je comprends. Je ne me mets pas à sa place, mais la carrière d’un footballeur est courte et chacun sait ce qu’il veut. S’il le fait à 38 ans, c’est logique : deux ans de plus et il peut continuer à jouer en championnat saoudien»
Selon Soriano, l’adaptation du buteur polonais ne serait pas un problème majeur. «Non, je ne pense pas. À chaque fois qu’il a changé de club, du Borussia au Bayern, du Bayern au Barça, il était au sommet de sa forme. Où qu’il aille, on ne s’attendra peut-être pas aux mêmes chiffres qu’avant, mais il sera un atout majeur, tout comme Cristiano, Benzema et Lewandowski. Il attire les foules en championnat saoudien. Il ne jouera peut-être pas au même niveau qu’à ses débuts au Barça, mais avec ses capacités actuelles, il peut beaucoup apporter»
Il insiste toutefois sur les attentes énormes qui accompagneraient une telle signature. «Il ne passera pas inaperçu. Il sera scruté de près. Al Hilal est une équipe qui vise la Ligue des champions de l’AFC, le titre de champion national, et tous les titres. Lewandowski devra faire face à de grandes attentes dans l’un des plus grands clubs d’Asie. C’est une motivation supplémentaire pour remporter des titres ; je ne sais pas comment ils vont gérer autant de joueurs talentueux. C’est toute la beauté de l’Arabie saoudite : recruter autant de superstars.»