Après dix saisons à la tête de Manchester City, Pep Guardiola a marqué l’histoire du club comme aucun autre entraîneur. Avec six titres de Premier League, une première Ligue des champions remportée en 2023 et vingt trophées majeurs au total, l’Espagnol a fait entrer les Citizens dans une nouvelle dimension. Pourtant, selon le président du club, Khaldoon Al Mubarak, cette incroyable aventure a bien failli s’interrompre à de nombreuses reprises.
«Il a démissionné une centaine de fois»
Dans un entretien accordé aux médias officiels de Manchester City, le dirigeant émirati a levé le voile sur la relation privilégiée qu’il entretient avec Pep Guardiola. Il explique avoir souvent joué un rôle essentiel dans les moments de doute de son entraîneur. «Je dirais qu’il est bien plus que le simple manager du club, pour moi, c’est un ami. Nous sommes des amis proches. Et je dirais, même si je ne sais pas s’il l’admettra, que je me considère comme son psy. J’ai dû l’aider au fil des ans. Pas dans les bons moments — les bons moments, c’est facile — c’est toujours dans les moments difficiles. Et inévitablement, au cours de ces dix dernières années, nous avons connu beaucoup de hauts et quelques bas. Et dans les bas, il a dû démissionner une centaine de fois au cours de ces dix années, juste pour que vous le sachiez, pour la petite histoire», a confié Khaldoon Al Mubarak.
«Je le convainquais toujours de rester»
Le président des Citizens a ensuite détaillé la manière dont il gérait les envies de départ répétées de son entraîneur. «Il y a cette histoire que vous connaissez tous, “Le garçon qui criait au loup”. Dans le cas de Pep, quand il dit “j’arrête”, ça ne veut pas dire qu’il arrête. Il ne faut pas le prendre au sérieux — il faut savoir le gérer. Il n’a jamais pensé qu’il resterait plus de quatre ans, puis plus de cinq ans. Donc, dans son esprit, même en quatrième et cinquième année, c’était toujours : “Bon, combien de temps encore ?” Chaque fois qu’il démissionne ou qu’il pense que le moment est venu, je le convaincs toujours de revenir, jusqu’au moment où je sais que c’est vraiment le moment — où c’est vraiment le moment où Pep décide que c’est fini. Je savais que cette fois, il était vraiment décidé», a-t-il ajouté.
Guardiola : «C’est le moment»
En conférence de presse, Pep Guardiola a ensuite expliqué les raisons de son départ, assurant que cette décision était le fruit d’une longue réflexion. «Je suis vraiment comblé. Je ne trouve pas les bons mots. Je suis heureux et fier. C’est l’expérience de ma vie, sinon ça ne ferait pas dix ans. Je ne pourrais pas être plus reconnaissant pour tout cet amour et cette affection, pas seulement aujourd’hui, mais depuis de très nombreuses années. C’est le moment. Ce n’est pas comme si je m’endormais un jour et que le lendemain je me disais : “c’est le moment”. C’est un processus, je le sentais depuis un certain temps. Le club me respecte, il respecte ma décision. Le club doit être prêt. Maintenant, je dois vivre ma vie et voir ce qui se passe. Le club a besoin d’un nouvel entraîneur, d’une nouvelle énergie, avec ces joueurs incroyables que nous avons en ce moment. Et commencer à écrire un nouveau chapitre», a déclaré le technicien espagnol.
S’il quitte le banc de touche, Guardiola restera toutefois lié à Manchester City en devenant ambassadeur du City Football Group. «Quand on en parlait avec les dirigeants, je leur disais que j’adorerais continuer à faire partie de ce club. Pas en tant qu’entraîneur. Je ne prendrai aucune décision. Juste pour faire partie du club, pour le représenter. Pas dans les décisions quotidiennes, pas devant l’équipe, toujours en coulisses», a-t-il expliqué.
«J’ai besoin de prendre du recul»
Enfin, l’ancien entraîneur du FC Barcelone a annoncé son intention de faire une longue pause avant d’envisager un nouveau défi. «Je n’ai pas prévu d’entraîner avant un certain temps. Sinon, je serais ici. J’ai besoin de prendre du recul. Je n’entraînerai pas pendant un moment. Je sens que je n’aurai pas l’énergie tous les jours, avec l’attente de se battre pour le titre. Je me connais, j’ai cette énergie, mais j’ai l’impression que je ne l’aurai plus. Beaucoup de gens me disent : “Au bout de trois mois, tu reviendras.” Je réponds : “Peut-être.” Je ne pense pas, ça va me prendre un certain temps. Mais je dois me le prouver à moi-même. Ce n’est pas seulement dix ans ici, j’ai travaillé tous les trois jours pendant tant d’années. Les gens réclament des triplés, des titres de Premier League. J’ai besoin de respirer un peu et de me détendre», a conclu Pep Guardiola.


