À la tête de la FIFA depuis 2016, Gianni Infantino continue de diviser le monde du football. Malgré les réformes mises en place depuis son arrivée au pouvoir, le dirigeant suisse fait face à de nombreuses critiques, et la dernière Coupe du monde organisée en Amérique du Nord n’a pas échappé aux polémiques.
Après le sacre de l’Espagne au MetLife Stadium, le président de la Liga, Javier Tebas, a vivement attaqué la gestion de la FIFA et directement mis en cause les choix de Gianni Infantino. Dans un entretien accordé à la Gazzetta dello Sport, le dirigeant espagnol n’a pas caché sa colère.
«La FIFA agit pour ses propres intérêts»
Javier Tebas reproche notamment à l’instance mondiale de prendre des décisions sans tenir compte des acteurs du football. Il a notamment critiqué certaines mesures prises durant le Mondial, comme les pauses supplémentaires pendant les rencontres. «La FIFA organise les choses comme bon lui semble, pour ses propres intérêts, et certainement pas pour le bien du football. Si elle a besoin d’une pause de 27 minutes à la mi-temps, elle l’impose. Les pauses fraîcheur sont un mensonge. Nous en avons en Liga, mais seulement lorsqu’il fait vraiment chaud. Ici, les stades de Dallas, Los Angeles et Atlanta étaient climatisés ; j’ai même dû mettre un pull en tribunes. C’était un mensonge, c’est une pause pour la publicité. Et puis, il y a eu le cas Balogun. C’est la preuve que nous sommes régis par une institution qui fait et décide ce qu’elle veut, quand elle veut, en ne suivant que ses propres intérêts, sans prendre en compte — je ne parle même pas de consulter, attention — le reste du monde du football. Et bien souvent, elle agit au détriment de ce même football.», a dénoncé le président de la Liga.
Tebas accuse le système de protéger Infantino
Alors que Gianni Infantino devrait briguer un nouveau mandat à la tête de la FIFA en mars 2027, Javier Tebas estime que le système actuel favorise largement le président sortant. «Le système compte des complices actifs qui collaborent à ce genre de décisions, et des complices passifs qui gardent le silence, ne s’expriment pas et ne font rien pour empêcher que certaines choses ne se reproduisent. Ils critiquent le système autour d’un café ou lors de conversations privées au téléphone, mais ne font rien pour y mettre un terme. La suspension de la sanction infligée au joueur américain était une affaire gravissime. Ils ont eu de la chance que la Belgique élimine les États-Unis (4-1), car sinon, on aurait pu se retrouver face à une situation susceptible de coûter son poste à Infantino. Comme la Belgique a gagné, ils ont réussi à étouffer l’affaire. Mais ce ne sont là que la partie émergée de l’iceberg», a-t-il expliqué.
«Son temps est révolu, mais il ne partira pas»
Javier Tebas a ensuite réclamé un changement à la tête de la FIFA, tout en reconnaissant qu’un départ de Gianni Infantino semble peu probable. «À mon avis, oui, je pense que son temps est révolu. Cela dit, il bénéficie du soutien du système, des fédérations, il n’y a donc pas grand-chose à ajouter, n’est-ce pas? Il n’y a pas de candidat d’opposition: personne ne veut se présenter juste pour perdre. C’est le système, et c’est un système pourri jusqu’à la moelle. Il ne devrait pas rester, mais la situation actuelle fait qu’il ne partira pas. Ces derniers jours, ici en Amérique, j’ai entendu beaucoup de gens s’opposer à Infantino et désapprouver ce qu’il fait. Ils le disent, mais ils n’agissent pas. Je ne sais pas ce qui est pire: le silence ou la complicité, car ceux qui se taisent sont parfaitement conscients des dégâts que subit le football.», a conclu Javier Tebas.


