FIFA : le conseiller de Gianni Infantino claque la porte et s’oppose au projet de vente de la Coupe du monde

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Le projet FIFA Forward Enterprise (FFE) continue de provoquer une véritable tempête au sein du football mondial. Après les critiques virulentes de l’UEFA et de plusieurs fédérations, une première conséquence interne frappe désormais la FIFA : Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino et ancien président de la Fédération américaine de football, a annoncé sa démission.

L’ancien dirigeant américain a expliqué qu’il ne pouvait plus rester en fonction face à un projet qu’il juge dangereux pour l’avenir du football. Il affirme ne pas avoir participé à l’élaboration de cette initiative et appelle clairement les fédérations membres de la FIFA à la rejeter. «En tant que conseiller principal du président de la FIFA, ancien banquier et passionné de football depuis toujours, je ne peux rester indifférent face à la proposition de la FIFA de vendre une partie de la Coupe du Monde. Soyons clairs : je n’ai été aucunement impliqué dans cette proposition et je m’y oppose catégoriquement. C’est une mauvaise affaire pour les associations membres de la FIFA, une mauvaise affaire pour le football et une mauvaise affaire pour l’avenir à long terme de ce sport», a déclaré Carlos Cordeiro dans un communiqué.

«Cette proposition doit être rejetée»

Le projet FFE prévoit notamment l’ouverture d’une partie de l’exploitation commerciale des compétitions de la FIFA, dont la Coupe du monde, à des investisseurs privés. Une perspective qui inquiète de nombreux acteurs du football, qui craignent une perte d’indépendance de l’instance mondiale. Cordeiro, fort de son expérience dans le monde bancaire, estime que la FIFA n’a aucune nécessité financière de céder une partie de son patrimoine commercial. «Le football a toujours occupé une place centrale dans ma vie et, après plus de 35 ans dans le secteur bancaire, j’ai pris conscience de la valeur de ce sport et des conséquences qu’entraînerait l’abandon d’une partie de celui-ci. C’est pourquoi cette proposition doit être rejetée», a-t-il insisté.

Selon lui, la situation financière actuelle de la FIFA ne justifie pas l’arrivée d’investisseurs privés. «La FIFA dispose déjà de ressources financières exceptionnelles. L’organisation détient des milliards de dollars de réserves et aucune dette. Le président de la FIFA lui-même a salué les 15 milliards de dollars de recettes générées entre 2022 et 2026. Si les fédérations membres estiment qu’un investissement supplémentaire est nécessaire pour développer le sport, la FIFA a déjà la capacité financière de fournir ce soutien grâce à ses ressources existantes», a-t-il rappelé.

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«Hypothéquer l’avenir du football»

Pour Carlos Cordeiro, céder une partie de la Coupe du monde contre plusieurs milliards de dollars représenterait une erreur stratégique majeure. «Dans ce contexte, vendre une part importante du principal atout du football pour récolter 4,2 milliards de dollars n’a guère de sens. Ce serait hypothéquer l’avenir du football sans aucune justification convaincante. Un tel succès économique n’est pas le fruit du hasard. Il est le résultat du travail de professionnels du football expérimentés qui ont pulvérisé les records commerciaux de la FIFA. Pourtant, malgré ces réussites, on demande aujourd’hui à la FIFA de croire que des investisseurs extérieurs sont nécessaires pour créer de la valeur ajoutée», a-t-il dénoncé.

L’ancien président de l’US Soccer s’interroge également sur les conditions entourant ce projet et réclame davantage de transparence. «Ceux qui ont bâti ce succès ont déjà prouvé que la FIFA possède l’expérience nécessaire pour poursuivre le développement du football et assurer son avenir commercial. Le plus inquiétant reste l’absence de réponses aux questions fondamentales. Pourquoi cet accord ? Pourquoi maintenant ? Quel contrôle est prévu ? Qui en profite ? Y a-t-il eu un processus concurrentiel ? Quelle gouvernance sera mise en place ? Qu’est-ce que les investisseurs y gagneront au final, et à quel prix pour le football ?», a-t-il questionné.

Une démission pour «protéger le football»

Carlos Cordeiro estime que la mission première de la FIFA ne doit pas être la recherche permanente de nouveaux profits, mais la protection du football. «La responsabilité de la FIFA n’est pas de maximiser les rendements financiers à tout prix», a-t-il affirmé. Il critique également le délai imposé aux fédérations pour se prononcer sur cette réforme, jugeant la méthode inappropriée. «Les fédérations membres sont invitées à prendre une décision aux conséquences énormes en moins de 50 jours, sous peine d’être laissées pour compte. C’est une manière irresponsable de déterminer l’avenir du football mondial», a-t-il regretté.

Avant d’annoncer son départ définitif : «Après mûre réflexion, je ne peux plus assumer mes fonctions de conseiller principal du président de la FIFA. Je démissionne donc avec effet immédiat. La responsabilité de la FIFA n’est pas de maximiser les profits à tout prix, mais de protéger et de renforcer le football pour les générations futures. Lorsque ces principes s’opposent, le football doit primer. Ce fut un privilège immense de servir la FIFA pendant plus de cinq ans et de travailler aux côtés de personnes dévouées et intègres, profondément attachées au sport. J’espère qu’elles s’exprimeront également, car des décisions de cette importance doivent être prises dans l’intérêt du football, et non en fonction de ceux qui cherchent à en tirer profit»

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