La FIFA poursuit ses réflexions sur l’avenir de la Coupe du monde. Malgré les vives oppositions suscitées par plusieurs projets de Gianni Infantino, l’instance mondiale a confirmé qu’elle étudiait sérieusement un nouvel élargissement du tournoi, avec un passage de 48 à 64 sélections dès l’édition 2030.
Cette annonce intervient alors que la polémique autour de FIFA Future Enterprise (FFE), la filiale envisagée pour ouvrir l’exploitation commerciale de la Coupe du monde à des investisseurs privés, continue d’alimenter les tensions entre la FIFA et plusieurs confédérations.
La FIFA lance officiellement une étude sur une Coupe du monde à 64 équipes
Dans un document révélé par Sky, la FIFA explique vouloir analyser les conséquences d’un éventuel changement de format. «La FIFA examine les implications stratégiques d’une possible extension de la Coupe du monde au-delà de son format actuel. À cet égard, la FIFA a l’intention de nommer un organisme indépendant chargé de déterminer si et comment l’élargissement de la Coupe du monde de 48 à 64 équipes nationales participantes, à compter de l’édition 2030, impacterait le concept du tournoi et l’écosystème du football», indique le communiqué.
L’étude ne se limitera pas au volet sportif. La FIFA souhaite également mesurer les retombées économiques et commerciales d’une telle réforme. «La demande porte à la fois sur une évaluation des revenus du tournoi et sur une analyse approfondie de l’évolution de la perception de l’écosystème du football (marques, diffuseurs, médias, fédérations, confédérations, ligues, clubs et autres acteurs de l’industrie sportive).» L’organisation précise enfin que cette analyse devra aussi mesurer «l’appétit du marché et les conséquences systémiques de ce mouvement, notamment sur les espaces commerciaux et le risque de saturation. Les données consommateurs pourront être utilisées à bon escient, mais ne devront pas constituer l’objet principal de l’étude, qui demeure axée sur le B2B (commerce interentreprises)»
Un calendrier déjà établi
Le document dévoile également le calendrier fixé par la FIFA pour cette étude. Après la présentation du projet le 30 juillet, la proposition de l’agence indépendante doit être remise le 7 août, avant une décision attendue le 14 août. L’analyse finale est, elle, programmée pour le 11 septembre, soit après quatre semaines de travaux. Si le projet aboutit, la Coupe du monde 2030, organisée par l’Espagne, le Portugal et le Maroc, avec des rencontres inaugurales en Argentine, au Paraguay et en Uruguay à l’occasion du centenaire de la compétition, pourrait devenir la plus grande de l’histoire avec 64 nations engagées.
L’UEFA, la CONCACAF et l’AFC restent fermement opposées
Ce nouveau chantier intervient dans un climat déjà extrêmement tendu entre la FIFA et plusieurs confédérations. L’UEFA, la CONCACAF et l’AFC ont publiquement exprimé leur opposition au projet FIFA Future Enterprise, représentant ensemble 143 des 211 fédérations membres de la FIFA. Une contestation qui fragilise les ambitions de Gianni Infantino. La crise a également provoqué une démission de poids. Carlos Cordeiro, ancien président de la Fédération américaine de football et conseiller principal de Gianni Infantino, a quitté ses fonctions avec effet immédiat.
«En tant que conseiller principal du président de la FIFA, ancien banquier et passionné de football depuis toujours, je ne peux rester indifférent face au projet de la FIFA de vendre une partie de la Coupe du monde. Soyons clairs : je n’ai été aucunement impliqué dans cette proposition et je m’y oppose catégoriquement. C’est une mauvaise affaire pour les associations membres de la FIFA, une mauvaise affaire pour le football et une mauvaise affaire pour l’avenir à long terme de ce sport», a-t-il déclaré.


