FIFA : le vice-président de l’UEFA attaque Infantino et menace d’un boycott de la Coupe du monde

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La guerre est ouverte entre la FIFA et le football européen. Le projet de Gianni Infantino visant à céder une partie de la valeur commerciale de la Coupe du monde à des investisseurs privés provoque une vive opposition au sein de l’UEFA. Gabriele Gravina, vice-président de l’instance européenne et ancien président de la Fédération italienne de football (FIGC), a livré une attaque frontale contre le patron de la FIFA.

Dans un entretien accordé au quotidien italien La Repubblica, Gravina a dénoncé un projet qu’il juge contraire aux valeurs historiques du football. Selon lui, la proposition commerciale estimée à 20 milliards de dollars a été préparée sans véritable consultation des acteurs concernés. «Un projet dont la presse internationale a parlé, mais que la FIFA n’avait discuté avec personne. C’est vraiment inacceptable. Le football, ce n’est pas seulement du business. C’est encore pire (que la Super League). Ils bradent le football. Mais le football n’est pas un bien privé que l’on peut vendre au plus offrant, comment peut-on vendre un bien qui ne vous appartient pas ? Infantino ne l’a pas inventé, Ovide écrivait déjà sur ce jeu», a déclaré le dirigeant italien.

«L’arrogance d’un pouvoir qui n’existe pas»

Pour Gabriele Gravina, la FIFA ne peut pas considérer la Coupe du monde comme un simple produit financier destiné aux investisseurs. Le vice-président de l’UEFA estime que cette initiative dépasse largement la question économique et pose un problème de gouvernance. «Le plus important est de bien comprendre le cadre réglementaire et les aspects moraux de cette innovation : nous devons obliger tout le monde à réfléchir profondément. Nous nous réunirons dans les prochaines heures, une réunion a été convoquée, nous en discuterons», a-t-il expliqué.

Un possible boycott des compétitions FIFA

Interrogé sur l’éventualité d’un boycott des compétitions organisées par la FIFA, notamment la Coupe du monde, Gravina n’a pas fermé la porte à cette possibilité. Le conflit entre les deux institutions pourrait donc prendre une ampleur historique si aucun compromis n’est trouvé. L’ancien président de la FIGC a également critiqué la proximité supposée entre la FIFA et certains investisseurs américains, évoquant notamment le rôle de Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. «Ensuite, il y a eu l’ingérence de Trump dans la Coupe du monde. Maintenant, nous découvrons qu’il veut vendre une partie de l’entreprise qui contrôle le football au frère du gendre du président des États-Unis», a-t-il déclaré.

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«Le football appartient au peuple»

Gabriele Gravina a enfin insisté sur le fait que la valeur du football ne pouvait pas être réduite aux revenus générés par son exploitation commerciale. «Il est grave qu’ils disent que cette opération est menée pour donner plus d’argent aux fédérations, surtout l’année des élections de la FIFA. Le football, les fédérations, ont besoin de respect plus que d’argent. Du respect pour les règles, pour les supporters, pour les athlètes, pour les dirigeants, du respect pour ce sport», a-t-il affirmé. Avant d’ajouter : «À la Coupe du monde, nous avons vu quelque chose d’inacceptable. L’arrogance de s’attribuer un pouvoir qui n’existe pas ou la propriété du ballon.»

Alors que la FIFA assure vouloir moderniser l’exploitation commerciale de ses compétitions et redistribuer davantage de revenus aux 211 fédérations membres, l’opposition européenne prend de l’ampleur. Les prochaines discussions entre les fédérations de l’UEFA pourraient déterminer si le projet de Gianni Infantino provoquera l’une des plus grandes crises institutionnelles de l’histoire du football mondial.

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