La candidature de Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la présidence de la FIFA traverse une période de fortes turbulences. Après le Pays de Galles et l’Angleterre, la Serbie et la Suède ont à leur tour annoncé leur décision de retirer leur soutien au dirigeant italo-suisse, fragilisant encore davantage sa position à quelques mois de l’élection prévue en 2027.
En seulement quelques heures ce lundi, quatre fédérations nationales ont publiquement tourné le dos à Gianni Infantino. Un désaveu important pour le président sortant, qui espérait obtenir un nouveau mandat à la tête de l’instance mondiale du football pour la période 2027-2031.
La Fédération serbe de football (FSS) a été la troisième à officialiser son retrait. Dans un communiqué, elle a expliqué avoir changé de position après avoir réévalué les dernières décisions prises par la FIFA. «La Fédération serbe de football a retiré son soutien à Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la présidence de la FIFA. Nous tenons à rappeler que nous avions apporté notre soutien écrit à M. Infantino le 25 mai dernier, mais après mûre réflexion sur les événements qui ont gravement nui à la réputation de la FIFA et de son président ces derniers temps, cette décision apparaît comme la seule logique et rationnelle», a indiqué la FSS.
L’organisation serbe a également insisté sur la nécessité d’un changement de méthode au sein de la gouvernance du football mondial. «La Fédération serbe de football estime que l’avenir du football mondial doit reposer sur la transparence, le dialogue, le respect mutuel et le partenariat entre toutes les confédérations et fédérations nationales. Nous pensons qu’aucune décision stratégique pour l’avenir du football ne devrait être prise sans un large consensus et une consultation ouverte avec toutes les parties prenantes concernées», poursuit le communiqué.
Avant de conclure : «La Fédération serbe de football reste déterminée à coopérer avec la FIFA, l’UEFA et toutes les fédérations nationales afin de développer et de faire progresser le football, mais estime que, cette fois-ci, une nouvelle confiance, une nouvelle approche et un nouveau leadership sont nécessaires pour contribuer au renouveau du dialogue, de l’unité et de la crédibilité des institutions internationales du football.»
La Suède réclame un nouveau leadership à la FIFA
Quelques heures plus tard, la Fédération suédoise de football (SvFF) a également annoncé son retrait du soutien à Gianni Infantino. Son président Simon Åström a clairement exprimé ses réserves concernant la direction actuelle de l’instance mondiale. «Lors d’une réunion extraordinaire du conseil d’administration lundi, nous avons décidé de ne plus faire confiance à la direction de Gianni Infantino. Cette décision repose sur notre analyse de l’évolution de la situation au sein de la FIFA sur une longue période», a-t-il déclaré.
Le dirigeant suédois a notamment pointé du doigt des problèmes liés à la gouvernance et à la transparence. «Nous constatons des défaillances récurrentes en matière de gouvernance, de transparence et de gestion. Le football devrait se caractériser par l’ouverture, la responsabilité et le respect des principes démocratiques. Lorsque ce leadership n’est plus présent, nous devons agir. C’est pourquoi nous allons collaborer avec l’UEFA et les autres fédérations nationales afin de trouver un candidat alternatif», a ajouté Simon Åström.
Le Pays de Galles et l’Angleterre avaient ouvert la brèche
Cette vague de contestation avait débuté avec la Fédération galloise de football (FAW), devenue la première à retirer officiellement son soutien à Gianni Infantino. «Des manquements récents en matière de bonne gouvernance, de procédures, de leadership, de valeurs, de gestion des parties prenantes, de communication et de discernement nous ont conduits à une situation où M. Infantino a perdu la confiance de la FAW pour rester à la tête du football mondial. Ne pas faire passer l’intérêt du football avant tout est inacceptable», avait expliqué l’instance galloise.
Peu après, la Fédération anglaise de football (FA) a également décidé de prendre ses distances avec le président de la FIFA. Selon Sky News, cette décision serait notamment liée au projet de création de FIFA Forward Enterprise (FFE), une structure destinée à accueillir des investissements privés et à regrouper certaines activités commerciales liées aux compétitions organisées par la FIFA, dont la Coupe du monde. Alors que l’élection présidentielle de la FIFA est prévue le 18 mars 2027, la position de Gianni Infantino apparaît désormais plus fragile que jamais. La bataille pour la tête du football mondial semble déjà lancée.


