Zinédine Zidane a officiellement pris les commandes de l’équipe de France le 28 juillet dernier, succédant ainsi à Didier Deschamps après quatorze années passées à la tête des Bleus. Une nouvelle ère s’est donc ouverte pour la sélection française, alors que son prédécesseur avait décidé de poursuivre jusqu’à la Coupe du Monde 2026. Mais avec le recul, une question demeure : Didier Deschamps aurait-il dû passer le relais à Zinédine Zidane dès la fin de l’Euro 2024 ? Pour Vincent Duluc, journaliste de L’Équipe, la question se posait déjà sérieusement à l’époque.
Duluc voulait déjà un changement après l’Euro 2024
Après l’élimination de la France face à l’Espagne en demi-finale de l’Euro 2024, Vincent Duluc avait livré une analyse particulièrement critique sur la situation des Bleus. À ses yeux, malgré les résultats obtenus par Didier Deschamps, la qualité du jeu proposé et l’usure liée à son long mandat justifiaient l’ouverture d’un débat sur son avenir. «Parce que le jeu offensif des Bleus n’avait jamais été aussi pauvre, dans une phase finale, depuis 2010. Parce que l’envie d’autre chose est au moins aussi forte que l’envie de faire mieux. Parce que l’alternative s’appelle Zinédine Zidane et qu’il est difficile de se résoudre à ce qu’il ne soit jamais sélectionneur, ou trop tard, au prétexte que la France est en demi-finales de l’Euro.», avait écrit le journaliste. Pour Duluc, la question ne concernait donc pas uniquement les résultats. Le poids d’un mandat qui durait déjà depuis douze ans devait également être pris en considération. «Parce qu’il faut considérer l’usure et le sentiment de confiscation après douze ans de mandat, bientôt quatorze. Parce que l’abri du résultat ne peut pas être éternel dans une équipe dominante, il faut débattre de l’avenir de Didier Deschamps, le meilleur sélectionneur de l’histoire de l’équipe de France», avait-il ajouté.
«La façon qu’il a d’étirer son mandat sans se fixer de limites»
Vincent Duluc s’interrogeait également sur la capacité de Didier Deschamps à prolonger son aventure à la tête des Bleus sans véritable limite temporelle. Le journaliste estimait qu’il était légitime de s’interroger sur la pertinence de conserver le même sélectionneur pendant une période aussi longue, même lorsque les résultats restent globalement au rendez-vous. «Il est naturel de se pencher sur le bilan de Didier Deschamps dans cet Euro bancal, pour des raisons équitablement liées à ses choix et aux impondérables, sur la façon qu’il a d’étirer son mandat sans se fixer de limites, et sur l’élan que susciteraient une autre vision et un autre sélectionneur.», avait-il expliqué. Duluc estimait alors que la France devait accepter ce débat au regard de son statut de grande nation du football. «C’est un débat indispensable dans une grande nation de football, qui s’apprête à conserver le même sélectionneur pendant quatorze ans : Deschamps a été conforté, mercredi, par le président de la FFF, Philippe Diallo, vainqueur d’un concours de circonstances mais allié objectif avant les élections de décembre», avait-il poursuivi.
«Le cœur du débat s’appelle Zinédine Zidane»
Mais derrière toutes ces interrogations, un nom revenait inévitablement : celui de Zinédine Zidane. Pour Vincent Duluc, l’ancien champion du monde 1998 représentait naturellement l’alternative la plus évidente à Didier Deschamps. «Le sélectionneur est fondé à estimer qu’il mérite de continuer après avoir atteint l’objectif qui lui avait été fixé. Mais s’il le mérite tous les deux ans, par-delà le débat sur le jeu qu’il faut prendre avec des pincettes, vu le niveau général de l’Euro et de la Copa America, est-ce que l’équipe de France doit conserver le même sélectionneur pendant vingt ans ? Soyons honnêtes, le cœur du débat s’appelle Zinédine Zidane. Aucune autre alternative n’a de nom. S’il n’était pas là, on poserait à peine ces trois questions importantes : est-ce que l’on peut échouer avec un réservoir pareil ? Est-ce que l’on peut jouer autrement ? Faut-il remplacer un sélectionneur qui réussit ? C’est un débat, voilà», avait-il conclu. Deux ans plus tard, Zidane prend finalement les commandes








