Pendant plus d’une décennie, Gareth Bale a émerveillé les supporters grâce à sa vitesse, sa puissance et ses performances décisives sous les couleurs du Real Madrid et du pays de Galles. Pourtant, derrière ses exploits, l’ancien ailier vivait avec une douleur permanente qu’il a longtemps gardée secrète. Invité du podcast Stick to Football de Sky Sports, le Gallois s’est livré sans détour sur cette blessure qui a marqué toute sa carrière.
Victime d’une grave blessure au dos dès ses débuts à Tottenham, Bale explique avoir dû composer avec ce problème physique pendant plus de quinze ans, au prix de nombreux sacrifices. «Je me suis déchiré un disque dans le dos à l’âge de 18 ans, à Tottenham. J’ai joué toute ma carrière avec cette blessure. J’ai eu beaucoup de blessures au mollet à cause de mon dos. Je n’en ai jamais parlé quand je jouais, car certains auraient dit : «Il cherche des excuses». C’était gérable, mais avec le temps, cela m’a rattrapé. Je ne savais jamais quand cela allait arriver, et évidemment, les gens disaient : « Oh, il ne prend pas soin de lui » [mais] je m’assurais littéralement que mes mollets et mon soléaire étaient à toute épreuve. Mais encore une fois, si ça ne marchait pas et que ça arrivait, je ne pouvais rien y faire. Je recevais une injection dans le dos pour calmer tout ça», a-t-il confié.
Malgré cette douleur chronique, Gareth Bale a construit l’un des plus beaux palmarès de sa génération. Avec le Real Madrid, il a remporté cinq Ligues des champions et inscrit plusieurs buts décisifs en finale. Sous le maillot du pays de Galles, il est devenu le meilleur buteur et le joueur le plus capé de l’histoire de la sélection, conduisant les Dragons jusqu’en demi-finale de l’Euro 2016 puis à la Coupe du monde 2022, une première depuis 64 ans. Il a finalement mis un terme à sa carrière au Los Angeles FC après avoir remporté la MLS Cup grâce à un but égalisateur mémorable en finale.
Le choix de tourner la page
En janvier 2023, à seulement 33 ans, Bale a décidé qu’il était temps de raccrocher les crampons, convaincu d’avoir atteint tous les objectifs qu’il s’était fixés. «Je suis arrivé à un point où beaucoup de joueurs arrivent dans leur carrière : pourquoi continuer ? Qu’est-ce que je veux accomplir d’autre ? J’avais l’impression d’avoir accompli tout ce que je voulais. La dernière chose que j’ai faite a été de me qualifier pour une Coupe du monde, qui était la dernière chose sur ma liste. J’ai senti que c’était le bon moment. J’étais probablement prêt depuis quelques années déjà, mais cela m’a rattrapé.», a-t-il expliqué.
Depuis sa retraite, l’ancien Madrilène profite pleinement de sa famille tout en réfléchissant à son avenir. Un rôle de dirigeant l’intéresse davantage qu’une carrière d’entraîneur. «J’ai toujours dit que lorsque je prendrais ma retraite, je voudrais avoir un, deux, trois ans pour me détendre, profiter de mes enfants, puis essayer de déterminer les voies que je souhaite suivre. Ce genre de choses m’attire davantage que… me lancer dans la gestion. J’ai l’impression d’avoir déjà fait cela en tant que joueur, et il faut consacrer plus de temps à ces tâches en tant qu’entraîneur et manager.», a-t-il ajouté.
Modric, Kroos, Isco… et le cas Hazard
Gareth Bale a également rendu hommage à plusieurs de ses anciens coéquipiers du Real Madrid. En évoquant Luka Modric et Toni Kroos, il résume leur talent en une phrase : «Ils ne perdaient jamais le ballon.» L’ancien ailier a aussi couvert d’éloges Isco, qu’il compare à une légende du football. «Sur un terrain plus grand, il aurait peut-être eu un peu plus de mal, mais en match à effectif réduit, c’était différent. C’est le joueur qui ressemble le plus à Zidane que j’aie jamais vu.» En revanche, il estime que les blessures ont empêché Eden Hazard d’exprimer son immense talent à Madrid. «Les joueurs de Chelsea diraient la même chose. Il s’est blessé à la cheville et ne s’en est jamais complètement remis.»
Sa réponse aux critiques sur le golf
Enfin, Gareth Bale est revenu sur la polémique qui a accompagné la fin de son aventure au Real Madrid, lorsque les médias espagnols l’accusaient de privilégier le golf au football. L’ancien international gallois assure que cette image ne correspondait pas à la réalité. «La presse espagnole a inventé cette histoire de golf. J’y jouais une fois toutes les deux ou trois semaines. Mais ils ont inventé que je ne faisais que jouer au golf. Or, non, je suis toujours resté professionnel. J’aurais pu le nier ouvertement, mais je ne pense pas que cela aurait été correct.», a-t-il déclaré.
Cette relation compliquée avec les médias a profondément marqué ses dernières saisons en Espagne. «Je voulais juste jouer au football, rentrer chez moi et retrouver ma famille. Je crois qu’à Madrid, on attend de vous que vous donniez des interviews et que vous soyez une star, mais ce n’était pas mon cas. Je me suis senti attaqué par la presse, bien plus que je n’aurais dû l’être. Mais je n’ai pas changé et je suis resté ferme.», a-t-il conclu.


