- juin 11, 2026
- Par 7buts
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Mondial 2026 : le constat troublant d’un ancien médecin sur le Portugal
À quelques heures du début de la Coupe du monde 2026, le Portugal nourrit de grandes ambitions. Emmenée par Roberto Martinez et portée par une génération expérimentée, la Seleção rêve d’aller au bout dans un tournoi qui se déroulera aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Mais un défi historique se dresse sur sa route : mettre fin à une longue série de contre-performances lors des Mondiaux organisés hors d’Europe. Pour Henrique Jones, ancien médecin de l’équipe nationale portugaise entre 2000 et 2014, cette tendance négative est bien réelle. Toutefois, il est convaincu que l’édition 2026 pourrait marquer un tournant.
«Le Portugal est un cas d’école»
Interrogé par l’agence Lusa, l’ancien responsable médical de la sélection n’a pas caché son étonnement face aux difficultés récurrentes du Portugal loin du continent européen. «Le Portugal est un cas d’école. Pendant des années, nous avons eu un groupe de joueurs et des conditions de préparation fantastiques, mais dès que nous avons des compétitions hors d’Europe, nous échouons, et je ne sais pas pourquoi, ni n’ai jamais vu ce problème abordé», a-t-il expliqué. Pour Henrique Jones, cette tendance ne peut être ignorée alors que la compétition s’apprête à débuter sur le continent nord-américain. «Face à une compétition aux caractéristiques très particulières, nous devons prendre en compte cet aspect pour savoir ce qui peut être ajouté à la préparation de l’équipe, afin de surmonter cette étiquette de mauvais résultats hors d’Europe», a-t-il expliqué.
Un constat qui s’appuie sur les statistiques. Depuis ses débuts en Coupe du monde en 1966, le Portugal a obtenu ses meilleurs résultats sur le sol européen. En dehors de l’Europe, les performances ont souvent été décevantes, avec des éliminations dès la phase de groupes au Mexique en 1986, en Corée du Sud et au Japon en 2002, puis au Brésil en 2014. Même si les quarts de finale atteints au Qatar en 2022 représentent la meilleure campagne du Portugal dans un Mondial organisé hors d’Europe, Henrique Jones estime que l’équipe est capable de faire beaucoup mieux.
Une préparation pensée pour l’Amérique du Nord
Conscient des défis liés aux conditions climatiques, aux déplacements et à l’altitude, le staff portugais a anticipé cette édition particulière. L’ancien médecin considère notamment que les matchs amicaux disputés en mars contre le Mexique et les États-Unis ont constitué une étape importante dans la préparation. «C’était une bonne étape en termes d’acclimatation, d’adaptation et de prise de confiance», a-t-il souligné. Le match disputé à Mexico, à plus de 2 200 mètres d’altitude, a notamment permis aux joueurs de se familiariser avec des conditions proches de celles qu’ils pourraient rencontrer pendant la compétition.
Henrique Jones voit le Portugal aller très loin
Malgré les précédents peu encourageants, l’ancien médecin affiche un optimisme assumé. «Le renversement de la tendance aux mauvais résultats hors d’Europe commencera cette année. Je pense que nous réaliserons une bonne performance et irons très loin. Désormais, il est fondamental de préserver le bien-être des joueurs, de gérer les attentes et d’éviter les conflits intergénérationnels. Le reste dépendra de la technique des joueurs, et souvent, la chance joue aussi un rôle», a-t-il affirmé.
Versé dans le groupe K, le Portugal semble avoir hérité d’un tirage relativement favorable. Les Lusitaniens affronteront la République démocratique du Congo, l’Ouzbékistan et la Colombie. Si Henrique Jones considère la Colombie comme l’adversaire le plus dangereux, il estime que cette phase de groupes pourrait permettre à Roberto Martinez d’utiliser intelligemment la profondeur de son effectif.
«Le Portugal dispose d’un groupe relativement solide, exception faite de la Colombie, et je pense qu’après ces déplacements, la période d’adaptation et d’évaluation de la forme physique et mentale de chacun sera l’occasion idéale de donner du temps de jeu à des joueurs qui, initialement, ne seraient pas considérés comme titulaires par l’entraîneur. Le staff médical et les préparateurs physiques disposent d’outils permettant d’affirmer qu’un joueur est physiquement en meilleure forme qu’un coéquipier évoluant au même poste», a-t-il souligné.
Le rôle essentiel du staff médical
Avec un groupe de 26 joueurs, le Portugal possède davantage de solutions pour gérer une compétition qui s’étendra sur plus de cinq semaines. «La sélection de 26 joueurs permet à l’entraîneur d’adapter son jeu au niveau de difficulté de la compétition et aux adversaires. De toute évidence, à partir d’un certain point, l’équipe se stabilise et l’entraînement et la récupération des athlètes qui disputeront les phases finales font l’objet d’une attention accrue. La gestion de l’équipe incombe alors à l’équipe technique, avec le soutien étroit des services médicaux et physiologistes», a-t-il prédit.