À 51 ans, Zé Roberto continue d’impressionner par sa condition physique. Huit ans après avoir mis un terme à sa carrière, l’ancien milieu de terrain du Bayern Munich est devenu une référence dans le monde du fitness. Dans un long entretien accordé à Globo, le Brésilien est revenu sur les moments forts de sa carrière, ses erreurs de jeunesse, son échec au Real Madrid et ses plus grands regrets avec la Seleção.
Arrivé au Real Madrid en 1997, Zé Roberto reconnaît qu’il n’était pas prêt à intégrer un club d’une telle dimension. Le choc a été aussi bien sportif que culturel. «Je suis arrivé dans l’un des plus grands clubs du monde sans être préparé mentalement ni tactiquement. Sur le parking, il n’y avait que des voitures de luxe. Dans les vestiaires, tout le monde était en costume-cravate. Je portais des vêtements simples. Roberto Carlos a plaisanté en disant qu’ils pensaient que j’étais là pour repeindre les vestiaires. Sur le terrain, l’intensité était tout autre. Je n’arrivais pas à suivre le rythme. Je ne parlais ni anglais ni espagnol. Je n’avais personne pour me guider. Ça a été un choc», raconte-t-il.
Les jeux vidéo et une mauvaise hygiène de vie
L’ancien international brésilien reconnaît également que son comportement en dehors des terrains a largement contribué à son échec en Espagne. «J’étais jeune, je venais de me marier, j’ai acheté une PlayStation et j’ai commencé à jouer jusqu’à l’aube, à mal manger, à peu dormir. Les jeux vidéo m’ont bouleversé parce que j’étais un gamin : j’avais 21 ans. (…) L’un de mes rêves, outre devenir joueur professionnel et m’acheter une voiture, était d’avoir une PlayStation. Je l’ai achetée, mais le jeu me causait beaucoup de stress. Je voulais terminer le jeu « Crash Bandicoot », mais je n’y arrivais pas. C’est quelque chose qui m’a fait perdre ma concentration et mon attention», avoue-t-il.
«Je faisais l’amour toute la journée»
Il poursuit en expliquant comment cette mauvaise hygiène de vie a rapidement affecté ses performances. «Je venais de me marier, j’étais comme un coq. Je passais mes journées avec ma copine, je faisais l’amour toute la journée et, la nuit, je jouais aux jeux vidéo. Puis j’avais faim au milieu de la nuit. Je mangeais plein de biscuits… Ensuite, je mangeais des snacks, je buvais des sodas… J’ai commencé à prendre du poids sans m’en rendre compte. J’ai perdu toutes mes performances : j’arrivais à la salle de sport pour m’entraîner avec des cernes sous les yeux. C’est la seule fois où je me suis éloigné de ma forme physique idéale. Aujourd’hui, les distractions sont différentes : les réseaux sociaux, l’exposition médiatique. Si l’athlète manque de concentration, il finit par s’égarer», explique-t-il.
Son retour au Brésil a tout changé
Après son retour au Brésil sous les couleurs de Flamengo, Zé Roberto affirme avoir compris ce qu’il lui manquait pour réussir au plus haut niveau. «J’ai compris que la plupart des gens qui n’avaient pas de famille sur laquelle s’appuyer finissaient par échouer et par rentrer chez eux. J’ai échoué, je suis rentré chez moi, puis je suis reparti en Europe parce qu’avant, je n’étais pas prêt. Quand je suis revenu au Brésil en 1998, prêté au Flamengo, et que j’y suis resté six mois, c’est là que j’ai pu analyser les nombreux aspects que je devais changer pour retourner en Allemagne et y rester longtemps», confie-t-il.
Ses regrets avec la Seleção
Interrogé sur son parcours avec la sélection brésilienne, l’ancien milieu de terrain revient notamment sur son absence lors du Mondial 2002. «Des regrets avec l’équipe nationale ? Avant, j’en avais, mais maintenant ça va. Au sommet de ma carrière, je n’ai pas été sélectionné pour la Coupe du monde 2002. Étais-je déçu ? Bien sûr, je n’ai même pas regardé un seul match de la Coupe du monde. J’ai beaucoup souffert à ce moment-là, mais je devais tourner la page car j’aurais ensuite quatre ans pour reconquérir ma place. Et j’y suis parvenu», affirme-t-il.
Son plus grand regret reste toutefois la Coupe du monde 2006, où le Brésil, pourtant favori, a été éliminé dès les quarts de finale. «La déception reste pour 2006. (…) Le problème, c’est qu’aucun d’entre nous n’est arrivé en Allemagne dans sa meilleure condition physique. Je pense que c’est cela qui a fait la différence. (…) Nous n’étions pas au meilleur de notre forme. Ronaldinho était le meilleur au monde, Kaká était en passe de le devenir, Roberto Carlos, Cafu, Ronaldo… Malheureusement, le football ne se résumait plus seulement aux noms ni au talent. Il était déjà devenu physique. (…) Zidane a été le meilleur joueur de cette Coupe du monde. Dans ce match, je pense que c’est l’aspect physique qui a fait la différence. Car en termes de talent, notre équipe en avait davantage», estime-t-il.
Une retraite sans regrets
Enfin, Zé Roberto a évoqué sa retraite, assurant ne nourrir aucun regret malgré le sentiment qu’il aurait pu continuer encore plusieurs saisons. «Je vais vous dire une chose que je n’ai jamais dite à personne : le plus difficile dans la carrière d’un sportif, ce n’est pas de prendre la décision et de savoir quand s’arrêter. Pour moi, le plus difficile a été de décider d’arrêter en sachant que j’aurais pu faire encore mieux. Aujourd’hui, on me demande si je veux jouer au football. Je réponds : non, car j’ai tout donné. J’ai donné le meilleur de moi-même. Le seul souhait que j’ai aujourd’hui, c’est de continuer à prendre soin de moi, de conserver mon mode de vie et d’être un modèle pour la nouvelle génération. Après avoir arrêté, je suis resté une personne très disciplinée. Je donne la priorité à mon alimentation et à mon entraînement quotidien», conclut-il.


