Pep Guardiola craque : les terribles confidences sur ses dernières semaines à Manchester City

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Après une décennie passée à révolutionner Manchester City, Pep Guardiola a finalement compris qu’un changement devenait inévitable. Même au moment de prolonger son contrat en novembre 2024, l’entraîneur catalan savait déjà que son aventure avec les Citizens approchait doucement de sa fin. Le nouveau documentaire de Prime Video, A Beautiful Obsession, revient sur les deux dernières années du technicien espagnol à Manchester City et dévoile des scènes particulièrement fortes sur sa relation avec ses joueurs, ses doutes et les difficultés rencontrées au cours de cette période.

Guardiola savait qu’une reconstruction était nécessaire

Lors d’une réunion à Abou Dhabi destinée à décider de la prolongation de Guardiola, le président de Manchester City, Khaldoon Al Mubarak, avait senti que leur collaboration arrivait à un tournant. Guardiola traversait alors la période de résultats la plus difficile de sa carrière. Pourtant, il estimait qu’il ne pouvait pas abandonner le club au milieu de cette situation. Le Catalan voulait notamment participer au début de la reconstruction de l’équipe, quitte à envisager lui-même son départ afin de ne pas faire peser sur ses dirigeants la responsabilité d’une éventuelle séparation. «À ce moment-là, je n’étais pas vraiment sûr d’être capable de vous convaincre», confie ainsi Al Mubarak à Guardiola dans le documentaire. Le technicien finira par prolonger son aventure pour une nouvelle période de 18 mois. Mais au fil des mois, la nécessité d’un renouvellement profond de l’effectif est devenue de plus en plus évidente.

Guardiola voulait réveiller ses joueurs

En septembre 2025, après des défaites contre Tottenham et Brighton, Guardiola s’inquiétait notamment du manque d’émotion affiché par ses joueurs. Après avoir constaté que ses hommes n’avaient pas suffisamment célébré le premier but d’Erling Haaland contre Brighton, il leur a montré des images de leurs célébrations à l’entraînement. «Regardez-vous à l’entraînement ! Vous avez fait ça à Brighton ? Regardez-vous célébrer ! On est là dans ce putain de milieu pour ça ! Vous sentez la pression ? Putain, c’est ça le but ! C’est bien de la ressentir, sinon on serait tous aux Maldives !», a-t-il lancé.

Avant un derby de Manchester, l’entraîneur a même demandé à ses joueurs de se prendre dans les bras pendant cinq secondes. Une consigne surprenante, mais qui illustre parfaitement l’importance accordée par Guardiola à la cohésion de son groupe. Après la victoire, il leur a lancé avec le sourire : «La victoire d’aujourd’hui, c’est grâce aux câlins d’avant. Vos câlins n’étaient pas assez forts. J’ai essayé, mais vous ne m’avez pas rendu mon étreinte. Je veux des câlins plus forts, plus longs. Je veux que vous ressentiez mes promesses. Je suis tellement fier de vous, et c’est le début de ce qui sera, je vous le dis, une saison formidable.»

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La colère noire après la défaite contre Leverkusen

Quelques semaines plus tard, Guardiola a vécu l’un des moments les plus difficiles de cette fin de règne. Pour affronter le Bayer Leverkusen en Ligue des champions, il avait procédé à dix changements, donnant leur chance à plusieurs joueurs disposant de moins de temps de jeu. Manchester City s’est finalement incliné 2-0. Dans le vestiaire, Guardiola a alors livré un discours particulièrement dur, allant jusqu’à remettre en question sa propre méthode.

«Putain de merde les gars, il faut que chacun se dise : « Je vais leur montrer que je suis le meilleur, je vais prouver à ce putain de manager qu’il est meilleur que les autres. » C’est une compétition, et où était-elle aujourd’hui ?», a-t-il lancé. L’entraîneur s’est également montré extrêmement déçu de lui-même. «Je suis triste. Je suis déçu de moi-même pour toutes les choses incroyablement stupides que j’essaie de faire pour vous rassurer et vous donner confiance. Je me sens vraiment stupide. Je suis arrivé ici à huit heures du matin. J’ai passé des heures et des heures à essayer de trouver quelque chose pour toucher votre cœur. Votre cœur.» Puis Guardiola a laissé éclater sa frustration devant le manque de réaction de ses joueurs. «Et quand je ne comprends pas, c’est frustrant personnellement. Vous ne rendez jamais la pareille, les gars. Vous savez ce qui va se passer ? Vous aurez un autre entraîneur. Si je vois une de vos gueules [tristes] à la fin de la saison, je vous bute. Si je vois votre gueule à vous plaindre de quoi que ce soit quand je prends mes décisions, je vous bute», a-t-il lâché.

Son discours est ensuite devenu encore plus personnel. «Travaillez plus dur, travaillez mieux, vivez mieux. Vous pouvez perdre des matchs et je vous défends souvent, mais ce manque de courage, de passion, d’amour et de désir de gagner est inacceptable», a-t-il poursuivi. Avant de conclure, visiblement épuisé : «Quand je te dis bonjour, tu me dis bonjour. Quand je te prends dans mes bras, vous me prenez dans vos bras. Je vis ma vie, mon divorce… et ma famille est loin de vous. Et vous, qu’est-ce que vous me donnez en retour ? Votre prestation lamentable, vous tous. C’est une honte, les gars. Putain de merde, je suis vraiment crevé. Quand je vois ça, je suis épuisé. Vidé. J’ai envie d’abandonner. Je me sens seul. Quand tu joues comme ça, je me sens seul. Demain, tu ne me verras pas. Passe deux bonnes journées. Je vais voir les médias pour te défendre.»

Même la direction de City critique Guardiola

Deux jours après cette défaite, les dirigeants de Manchester City ont eux aussi échangé sur la situation.
Ferran Soriano estimait notamment qu’il ne fallait ni accabler Guardiola, ni être excessivement indulgent avec lui. «Je pense que notre attitude envers Pep ne doit pas être trop négative. Cela ne fonctionne pas avec lui. Mais elle ne doit pas non plus être trop gentille ou accommodante. C’est son erreur cette fois-ci», a déclaré le directeur général. Khaldoon Al Mubarak, lui, était beaucoup plus sévère concernant les choix effectués face à Leverkusen. «Choisir une équipe entièrement nouvelle pour un match aussi important est sans doute l’un des pires moments que nous ayons vécus. Honnêtement, je ne peux pas lui parler. Je ne lui ai pas parlé. Je lui ai envoyé un message hier. Je ne lui ai pas répondu. Je suis furieuse. Il a inclus une partie du mixage qui est totalement inutile», aurait-il estimé..

«Dimanche sera mon dernier match»

En mai 2026, la décision était finalement prise. Alors que son départ avait déjà été annoncé en interne, Guardiola n’avait encore rien révélé publiquement à son groupe. À deux jours de son dernier match, il a réuni ses joueurs dans un auditorium utilisé pendant ses dix années au club. Il leur a alors annoncé lui-même la fin de son immense aventure. «Les gars, ça va être rapide», a-t-il commencé. Puis il a prononcé la phrase que ses joueurs n’oublieront probablement jamais : «Dimanche sera mon dernier match en tant qu’entraîneur de ce club.» Guardiola a ensuite expliqué qu’il n’avait tout simplement plus l’énergie nécessaire pour poursuivre cette aventure.

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«La raison est simple : aller à Selhurst Park, à Anfield, en League One pour la FA Cup. Madrid, Madrid, Madrid – pour faire face à des joueurs adorables comme les nôtres, il faut avoir quelque chose que j’avais : l’énergie. Mais au fond de moi, je sais que je ne l’aurai plus», a-t-il expliqué. Malgré la douleur de cette séparation, le Catalan a tenu à exprimer sa gratitude envers ceux qui l’avaient accompagné pendant cette décennie. «Je pars avec une immense gratitude et un immense bonheur pour vous tous. Dans quelques minutes, nos fans seront informés de mon départ et, avant cela, vous méritez d’être les premiers à entendre quelque chose qui, je crois, vaut mieux que mes mots. J’ai besoin de câlins et de bisous. N’oubliez pas ça», a-t-il conclu. Après dix années, plusieurs titres de Premier League, une Ligue des champions historique et une transformation complète de Manchester City, Pep Guardiola savait donc qu’il était arrivé au bout de son histoire.

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