Le témoignage bouleversant d’un ancien joueur de la Juventus

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Ancien international italien et ex-joueur de la Juventus et de Naples, Michele Padovano a vécu un véritable cauchemar judiciaire. Condamné dans une affaire liée au financement présumé d’un réseau de trafic de drogue, l’ancien attaquant a finalement été acquitté après 17 années de procédures et d’incarcération.

Aujourd’hui âgé de 59 ans, Padovano tente de reconstruire sa vie. Dans un entretien accordé à La Gazzetta dello Sport, il revient sur cette période qui a profondément bouleversé son existence. «J’ai toujours su que j’étais totalement innocent des accusations portées contre moi. J’ai lutté pendant 17 ans contre une injustice. La prison m’a coûté la vie, mais je l’ai retrouvée. Pour moi, l’acquittement vaut autant que de gagner la Ligue des champions», confie-t-il.

«Le plus dur a sans doute été l’isolement»

L’ancien joueur de la Juventus décrit également les moments les plus difficiles de son incarcération, notamment la solitude. «Il y a eu plusieurs moments difficiles… Le plus dur a sans doute été l’isolement. Passer des jours sans voir personne, c’est se sentir perdu. C’est un sentiment difficile à décrire. On a l’impression que le temps s’arrête. De plus, ma femme faisait l’objet d’une enquête à ce moment-là – qui a été classée sept mois plus tard – et nous ne pouvions même pas nous parler.» Padovano raconte aussi les humiliations qu’il aurait subies dès son arrivée en prison : «C’était aussi lié au fait que j’étais footballeur. Un gardien de prison m’a dit : « Maintenant, tu vas devoir te mettre cet argent où je pense. » C’était surréaliste. Les policiers s’adressaient à moi familièrement, ils me traitaient comme un moins que rien. Ils ont essayé de bafouer ma dignité dès le premier instant.»

Une affaire née d’un prêt de 35 000 euros

Selon Padovano, toute cette affaire serait partie d’un simple prêt accordé à un ami de longue date. «Tout a commencé lorsque j’ai prêté de l’argent à un ami. Je le connais depuis toujours. Financièrement, je n’avais aucun problème et aider quelqu’un dans le besoin ne me posait aucun souci, bien au contraire. Mais j’ignorais ce qu’il allait faire de ces 35 000 euros». Ses conversations téléphoniques avec cet ami auraient ensuite été interprétées comme des échanges codés. «Je n’étais au courant de rien. Je lui ai juste dit, sur un ton amical : “Je sais que tu aimes bien t’attirer des ennuis, je donnerai l’argent à ta femme.” Au lieu de cela, nos conversations téléphoniques innocentes ont été interprétées comme des messages codés, avec des mots cryptés. Nous parlions de “chevaux”, de “grues” et de “terrains”, qui, pour les enquêteurs, étaient des noms de code pour des cargaisons de cocaïne. Heureusement, la vérité a éclaté, mais la vérité, c’est que personne ne pourra jamais me rendre ce que j’ai perdu», a-t-il déploré.

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«La prison m’a fermé les portes du monde»

Cette longue épreuve a également eu de lourdes conséquences sur sa carrière et ses relations. Padovano regrette notamment le comportement de certains anciens collègues. «Beaucoup m’ont tourné le dos et m’ont déçu, c’est la vérité. Tout ce que j’ai traversé m’a permis de remettre de l’ordre dans ma vie. J’ai compris qui étaient mes vrais amis et qui n’étaient là que par habitude. Au moment de mon arrestation, j’avais déjà mis un terme à ma carrière de joueur et j’étais directeur général d’Alessandria. La prison m’a fermé les portes du monde, et même celles du football. En un instant, on a l’impression que plus personne ne se souvient de vous», a-t-il conclu.

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