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Les confidences troublantes d’un ancien joueur de la Juventus

Michele Padovano, ancien international italien et joueur emblématique de clubs comme Juventus et Naples, a passé 17 années derrière les barreaux avant d’être acquitté des accusations de financement d’un réseau international de trafic de drogue. Aujourd’hui âgé de 59 ans, il cherche à reprendre sa vie en main et à tourner la page d’un calvaire qui a bouleversé sa vie personnelle et professionnelle.

Tout a commencé en 2006, lorsque Padovano est condamné à une peine de prison pour avoir, selon la justice, financé un réseau de drogue. Mais l’ancien attaquant affirme n’avoir jamais été impliqué : «J’ai toujours su que j’étais totalement innocent des accusations portées contre moi. J’ai lutté pendant 17 ans contre une injustice. La prison m’a coûté la vie, mais je l’ai retrouvée. Pour moi, l’acquittement vaut autant que de gagner la Ligue des champions», confie-t-il dans une interview accordée au Gazzetta dello Sport.

Padovano revient sur les moments les plus difficiles de son incarcération : «Il y a eu plusieurs moments difficiles… Le plus dur a sans doute été l’isolement. Passer des jours sans voir personne, c’est se sentir perdu. C’est un sentiment difficile à décrire. On a l’impression que le temps s’arrête. De plus, ma femme faisait l’objet d’une enquête à ce moment-là – qui a été classée sept mois plus tard – et nous ne pouvions même pas nous parler.» Il raconte également les humiliations qu’il a subies : «C’était aussi lié au fait que j’étais footballeur. Un gardien de prison m’a dit : « Maintenant, tu vas devoir te mettre cet argent où je pense. » C’était surréaliste. Les policiers s’adressaient à moi familièrement, ils me traitaient comme un moins que rien. Ils ont essayé de bafouer ma dignité dès le premier instant.»

Un prêt innocent devenu cauchemar

L’origine de cette affaire est surprenante : «Tout a commencé lorsque j’ai prêté de l’argent à un ami. Je le connais depuis toujours. Financièrement, je n’avais aucun problème et aider quelqu’un dans le besoin ne me posait aucun souci, bien au contraire. Mais j’ignorais ce qu’il allait faire de ces 35 000 euros». Selon Padovano, ses conversations avec son ami, considérées comme banales et amicales, ont été interprétées comme des codes liés à la drogue : «Je n’étais au courant de rien. Je lui ai juste dit, sur un ton amical : “Je sais que tu aimes bien t’attirer des ennuis, je donnerai l’argent à ta femme.” Au lieu de cela, nos conversations téléphoniques innocentes ont été interprétées comme des messages codés, avec des mots cryptés. Nous parlions de “chevaux”, de “grues” et de “terrains”, qui, pour les enquêteurs, étaient des noms de code pour des cargaisons de cocaïne. Heureusement, la vérité a éclaté, mais la vérité, c’est que personne ne pourra jamais me rendre ce que j’ai perdu», a-t-il déploré.

Durant ces années sombres, Padovano déplore le manque de soutien de ses anciens collègues : «Beaucoup m’ont tourné le dos et m’ont déçu, c’est la vérité. Tout ce que j’ai traversé m’a permis de remettre de l’ordre dans ma vie. J’ai compris qui étaient mes vrais amis et qui n’étaient là que par habitude. Au moment de mon arrestation, j’avais déjà mis un terme à ma carrière de joueur et j’étais directeur général d’Alessandria. La prison m’a fermé les portes du monde, et même celles du football. En un instant, on a l’impression que plus personne ne se souvient de vous».

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Gontrand Dagbeto

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